La Sportiva Akasha / New Balance 910 v4

S’il y a bien une chose que j’ai apprise au fil des années, c’est de me méfier des premières impressions sur de nouvelles chaussures. Voici bientôt 6 mois que j’ai acheté mes chaussures de trail après des années de fidélité à Mizuno. Il me semble donc intéressant de revenir sur mes premières impressions.

Mes « mensurations » : 1m72 / 62 kg / pointure 42.

Ma paire « Passe-partout » : les New Balance 910 v4

J’ai couru 850 km avec ces chaussures, quasi exclusivement lors d’entrainements sur  terrains mixtes 50 % goudron / 50 % chemins forestiers. Je les ai utilisées en « compétition » uniquement sur la première moitié de l’UTPMA.

La chaussure est confortable, le milieu du pied est bien maintenu dans un petit chausson. Le bout du pied (le « toe box ») est moins large que chez Mizuno mais je m’y sens à l’aise (en 42 1/2 alors que je prenais du 42 chez Mizuno). L’intérieur de la chaussure a un peu la forme d’une raquette de tennis : bien serrée au milieu, un peu moins au niveau du talon et large à l’avant.

J’ai eu quelques soucis au début :

  • des ampoules sur le petit orteil (droit) qui ont disparu au bout de 5/6 sorties,
  • un gros échauffement au niveau du cou de pied (gauche) qui m’a bien embêté pendant au moins 200 kilomètres. Mon cou de pied était enflé et douloureux, au niveau de la liaison avec la jambe.

Initialement, je pensais que le problème venait du frottement de la languette mais je ne voyais aucune trace sur le pied et la douleur a fini par disparaître dans la durée. Après coup, je me demande si cette douleur ne venait pas du changement de foulée en passant du drop de 12 mn des Mizuno à un drop de 8 mm.

Cela peut paraitre idiot mais l’enfilage de la chaussure est un peu « technique ». Premier point important : je dois faire très attention de ne pas avoir de plis sur les chaussettes. Le chaussant est tellement serré au niveau du milieu du pied que je ne peux pas récupérer un pli. Second point encore plus important : je dois bien positionner la languette. Mal mise et elle me scie immédiatement le dessus du pied. Il m’arrive donc très souvent de m’y reprendre à 2 fois avant de positionner correctement mon pied. Mais une fois à l’intérieur, la chaussure est très confortable, le pied est parfaitement maintenu tout en laissant de la place à l’avant. Le pare-pierre est assez protecteur. J’ai pris plusieurs fois des pierres ou des racines sans me briser les orteils pour autant. Par contre la chaussure n’est très bien aérée et j’ai tendance à transpirer beaucoup. Peut-être lié au problème de respirabilité, j’attrape aussi des ampoules sous les orteils lors des grandes sorties (> 30 km) alors que je n’y suis pas trop sujet d’habitude.

La semelle possède un bon amorti, qui ne nuit pas trop à la dynamique de la chaussure. Certes elles sont un peu « pataudes », je ne courrais pas un 10 km ou un 20 km avec, mais je les trouve parfaites pour les trails courte / moyenne distance. L’accroche est bonne sur tous les types de terrain, sauf sur les terrains boueux où les crampons ne sont pas assez prononcés pour évacuer la boue. Sur terrain pierreux, la semelle est un peu molle et n’atténue pas assez les aspérités du sol.

Au niveau durabilité, le mesh vient de se déchirer légèrement au niveau de la pliure du pied et la semelle est déjà bien usée au niveau de l’avant pied (je devrais peut-être retourner chez un podologue). Voici le résultat au bout de 850 km :

Au final, je suis très satisfait de ces chaussures : solides, confortables, sécurisantes sur les terrains accidentés et offrant un bon compromis amorti / dynamisme. J’ai seulement trois reproches à leur faire : le manque de respirabilité, la tendance à prendre des ampoules (sur les longues distances) et les couleurs un peu trop « flashy » à mon goût.

Ma paire « Montagne » : La Sportiva Akasha

J’ai couru 625 km avec les Sportiva Akasha, notamment plusieurs compétitions : le Trail des Bosses, le Trail de Spa, le Trail de Charleroi et la seconde moitié de l’UTPMA.

La forme de la chaussure est très différente des New Balance. Je les qualifierais de « ovales », notamment le bout de la chaussure qui est très rond. L’Akasha taille petit. Un 42 Mizuno vaut bien un 42 1/2 La Sportiva. Je les ai achetées en 42 et mon pied touche un peu au bout, ce qui n’est pas top.

L’enfilage est facile (beaucoup plus que sur la New Balance) et la chaussure est très confortable à porter. Un chaussant interne permet ici aussi de bien maintenir le pied. Même si le bout est plus étroit que les New Balance, je m’y sens à l’aise. Le mesh est très respirant, je ne transpire pas et n’ai jamais pris d’ampoules, même sur un trail très humide comme à Spa. Seul reproche : malgré la hauteur de la semelle, l’eau rentre facilement par le côté.

L’amorti est excellent, la chaussure est dynamique malgré son poids (323 g) et le grip est fantastique, même sur des pavés mouillés. Sur goudron, la chaussure est un peu lourde à trainer, comme un sabot. Mais sur chemins, c’est un régal.

Les crampons sont très hauts et j’ai parfois l’impression de marcher sur des plates-formes ou des talons, ce qui est déroutant.

Les chaussures sont très robustes, quasi-neuves au bout de 650 km. Elles ont tendance à rester pliées au niveau de l’avant-pied et le mesh commence à s’en ressentir :

J’ai un seul vrai reproche à faire aux Akasha : elles sont adaptées aux pieds fins. J’ai le dessus du pied assez large et je n’arrive pas à serrer correctement les lacets en utilisant le dernier oeillet pour assurer un bon maintien des chaussures. Du coup, je me tords très facilement les chevilles avec ces chaussures, mon pied n’est pas assez bien maintenu et je pense que la hauteur des crampons n’aide pas. J’ai mis du temps à m’en rendre compte. J’avais eu quelques alertes sans conséquences sur le Trail de Spa mais j’ai beaucoup souffert de ce problème à l’UTPMA. Lors de mes autres courses ou entrainements, le terrain n’était pas assez difficile pour m’en rendre compte.

Au final, j’adore les Akasha, je les trouve fantastiques au niveau accroche, confort, dynamisme, solidité mais malheureusement pas assez sécurisantes pour mon type de pied. Pour la CCC l’année prochaine, je ne partirai pas avec ce modèle sinon je vais souffrir dans les descentes, voire dépasser les barrières horaires, un peu comme ce qui arrivé l’un des bloggers que je suis et qui semble aussi peu doué que moi en descente. 🙂

Conclusion

Je ne regrette absolument pas d’avoir abandonné Mizuno et je suis satisfait de mes deux paires de chaussures. J’ai tout de même longtemps souffert du changement au niveau des tendons d’Achille (sans pouvoir dire quelle paire me faisait souffrir) mais maintenant cela va mieux après un temps d’adaptation.

Je me vois très bien racheter une nouvelle paire de New Balance pour les entrainements et les trails de courte distance. Elles sont vraiment très bien sur tous types de terrains et les seuls reproches que je leur fais (respirabilité, tendance à prendre des ampoules, semelles un peu molles, glissantes sur terrain boueux) ne sont problématiques que sur les longues distances.

Par contre, je ne pense pas acheter une nouvelle paire d’Akasha, plus à cause de mes pieds qu’à cause des chaussures 🙂 J’ai toutefois une très bonne opinion de la marque La Sportiva, j’essayerai sans doute d’autres modèles de cette marque.

S’il était possible de croiser génétiquement des chaussures, je voudrais des Akasha avec le maintien des New Balance. 🙂

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