Les 3 « C » : Concentration, Confiance, Compétition

Je survole régulièrement différents blogs américains de course à pied (j’en profite pour recommander l’outil Feedly qui permet d’agréger le contenu de plusieurs sites Web). Il m’arrive d’y trouver des articles intéressants, notamment sur le site iRunFar.

Voici la traduction (un peu expurgée) d’un article récent que les anglophones peuvent lire en version originale ici : Joe Uhan’s Three C’s for Peak Performance. Comme on dit, cet article « m’a parlé » et m’a rappelé du vécu sur de précédentes courses.

L’auteur de cet article pratique depuis 20 ans le cross-country, d’abord comme coureur puis comme entraineur en lycée. Il a élaboré au travers de son expérience un mantra dédié aux coureurs : « Concentration, Confiance, Compétition ».

Concentration

Quoi ?

J’ai beaucoup hésité pour choisir un équivalent au mot anglais utilisé : « composure. » Il peut se traduire en français par calme, sang-froid, contenance (au sens de l’expression « ne pas perdre contenance »), flegme, impassibilité… Par ce terme l’auteur entend la capacité à rester insensible aux influences extérieures et à focaliser son attention de l’extérieur vers l’intérieur. J’ai choisi de le traduire par « concentration » pour utiliser un mot commençant par ‘C’.

Pourquoi ?

La concentration est la clé pour préserver son énergie. Être surexcité ou trop fortement influencé par des facteurs externes est un risque majeur en course (route ou trail). Il est très facile de se laisser emporter par la foule autour de soi et courir trop vite au départ (par exemple le 20 km de Bruxelles où beaucoup de coureurs se grillent dans les 5-10 premiers kilomètres) ou de se laisser manger par le stress généré par l’importance et la difficulté d’une épreuve (par l’exemple, l’UTPMA où j’ai dépensé beaucoup d’énergie avant même le départ).

Quelle que soit la course, lorsque nous sommes à court de concentration, nous avons tendance à brûler notre énergie de manière trop rapide. Sur le long terme, le meilleur coureur est souvent celui qui a su économiser ses ressources de la manière la plus judicieuse afin de préserver des forces pour la fin.

La science

Le cerveau considère une course comme un événement de combat / fuite. Dans de telles situations de survie, le cerveau ne s’intéresse pas à la conservation de l’énergie. En fait, il prend des mesures pour surcompenser, fournissant plus d’énergie qu’il n’est nécessaire pour assurer notre survie ultime : le cerveau préfère que nous nous échappions épuisés plutôt que de mourir avec des réserves d’énergie (pas idiot au demeurant…).

Au cours du premier tiers d’une course, la concentration est donc la clé. Nous devons nous focaliser sur l’effort et le rythme en faisant abstraction de l’environnement extérieur et ainsi économiser de l’énergie pour le restant de la course.

Confiance

Quoi ?

La confiance est notre croyance en notre capacité à atteindre un objectif, même quand il parait très incertain, voire inatteignable. La confiance en soi est le fondement d’une bonne performance en endurance, où nous courons longtemps, parfois à une intensité élevée.

Pourquoi ?

Quel que soit l’événement, la partie médiane de la course est toujours la plus difficile. Au début, nous avons des réserves d’énergie complètes et un corps en pleine possession de ses moyens; nous sommes prêts à nous battre ! À la fin de la course, même si c’est difficile, l’arrivée est proche et après tout il s’agit seulement de survivre en pensant à tout ce qui a déjà été fait. Mais au milieu ? Tout est incertain. Dans ces moments, nous devons avoir confiance en notre capacité à continuer malgré cette période d’incertitude.

C’est le moment de se repenser à son entraînement. L’auteur explique que

« L’entraînement, c’est convaincre son cerveau que ce que nous faisons est sans danger et que nous pouvons réussir. »

Le milieu de la course est le moment où la force mentale doit prendre le dessus pour continuer. La confiance est le pont qui relie les sommets de la performance de la course.

La science

Le cerveau ne se soucie pas de savoir si nous courons vite, ou finirons premiers ou centièmes. Son seul souci est de nous empêcher de mourir. Ainsi, au milieu de la course, le cerveau crée « artificiellement » de la fatigue pour nous forcer à nous arrêter. C’est un message interne du type : «Hé ! Si vous n’arrêtez pas de fumer, vous allez nous tuer ! ». Cependant, ce que le cerveau ne dit pas, c’est qu’il y a encore une grande marge entre le moment où la douleur et la fatigue s’installent et le moment où les tissus sont réellement endommagés.

Cette marge est l’endroit où la magie se produit. C’est là que nous pouvons supporter la douleur et la fatigue qui semblent au départ insurmontables. Mais il faut une immense confiance en soi pour continuer à avancer lorsque tous les signaux nous disent le contraire. La conviction (sinon la compréhension) que nous ne mourrons pas et que nous nous sommes parfaitement entraînés pour ce moment est un élément crucial de cette confiance. Croyez-le à l’entrainement et faites-le ensuite.

Compétition

Quoi ?

La compétition est réservée au dernier tiers de l’événement. À ce moment-là, il faut trouver quelqu’un ou quelque chose contre qui lutter : un groupe de coureurs devant, un dernier col, le chronomètre...

Pourquoi ?

La compétition, l’externalisation de la bataille de votre intérieur contre l’extérieur est un moyen infaillible d’accéder à vos réserves d’énergie restantes.

La science ?

Le point clé de la phase de compétition est que, dans le dernier tiers de la course, il est maintenant temps de se projeter vers l’extérieur. À cet instant, les signaux de douleur deviennent une torture implacable et le seul moyen d’y échapper – et le moyen le plus rapide d’arriver à la fin – est de, une fois pour toutes, sortir de nous-même et de nos souffrances personnelles, et de nous tourner vers la compétition. C’est le moment d’attaquer les talons du concurrent, et d’utiliser cette bataille individuelle pour se porter à l’arrivée.

La compétition, le dernier « C », tire parti de la Concentration et de la Confiance qui ont permis de conserver juste assez d’énergie pour atténuer les souffrances internes et alimenter l’attaque finale jusqu’à la ligne d’arrivée. Si un coureur peut transformer son agonie intérieure en agression extérieure, il désactive l’instinct de conservation et active sa capacité à attaquer. Cela libère des réserves d’énergie auparavant inconnues pour permettre d’atteindre l’arrivée plus rapidement. C’est de là que vient l’expression «aller au fond de soi-même».

Mais comme les dominos, l’exécution de l’un dépend du prédécesseur. Le processus de Concentration, Confiance, Compétition est la clé d’une bonne performance. Gardez ces trois C à l’esprit lors de vos entraînements et de vos courses et voyez jusqu’à quelle distance et à quelle vitesse ils vous mèneront.

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Nouveaux points ITRA

J’avais prévu depuis longue date de m’inscrire au Vosgirunners Trail Nature et plus particulièrement au Challenge des Seigneurs dont la période d’inscription commençait ce mardi 6 novembre.

L’année dernière, sur la liste des courses qualificatives pour l’UTMB, cette course valait 5 points :

ce qui était un bon plan puisqu’elle se déroule en deux étapes : 73 km le samedi et 25 km le dimanche, ce qui est largement plus facile que de courir presque 100 km d’une traite.

Cette année, la même course ne vaut plus que 4 points :

Idem dito sur le site de l’ITRA, qui annonce par ailleurs aujourd’hui une refonte du mécanisme de calcul des points et des catégories de trail.

Même si cela me dérange dans mes plans, je trouve que cela va dans le bon sens : récolter autant de points sur 2 courses au lieu d’une n’était pas très logique comme je l’avais signalé pour le Trail de la Côte d’Opale. J’avoue que j’étais tout de même prêt à mettre un mouchoir sur mes scrupules 🙂

Donc, avant de vous inscrire, pensez à bien revérifier sur le site ITRA et le site UTMB les points octroyés en 2019. N’oubliez pas en effet que :

L’UTMB®, sur la base du nombre de points attribués par l’ITRA, reste cependant seul juge pour décider qu’une course présente tous les critères pour être qualificative, pour l’inscrire dans la liste et pour délivrer à l’organisateur le logo correspondant.

En ce qui me concerne, pas de Vosgirunners cette année mais un autre course à 5 points dans mon Auvergne natale : le Grand Trail du Saint-Jacques. Croyez-moi sur parole, les paysages et la ville du Puy-en-Velay sont magnifiques (j’y ai habité 5 ans dans ma jeunesse) et je pense que c’est un peu moins dur que l’UTPMA. Entre la SaintéLyon dans 3 semaines et ce nouveau trail, j’ai un peu l’impression de faire ma tournée d’adieux pour mes cinquante ans. 🙂

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Entrainement Octobre 2018

Mois d’Octobre un petit peu décevant :

  • 195 km en 12 sorties soit une moyenne de 16,2 km par sortie,
  • 3.100 m de D+,
  • 11,2 km/h de moyenne.

Je n’ai assisté à aucune séance ZATAC soit parce que j’étais absent de Bruxelles, soit à cause d’une (nouvelle) infection urinaire qui m’a mis à plat pendant une semaine. Cette semaine d’arrêt forcé m’a permis de recharger les batteries et je pète le feu depuis. Je me sentais particulièrement bien lors du Trail de Bruxelles, à tel point que j’ai envisagé pendant un moment de courir le marathon de Bruxelles le week-end suivant. Mon (très modeste) record sur marathon date de 2012 (4h17 à Anvers) et cela me titille depuis longtemps de recourir un marathon pour approcher autant que possible les 3h30. Au final et sans regrets, je ne me suis pas inscrit et ai privilégié l’entrainement. Il ne faut pas chasser plusieurs lièvres à la fois.

A l’heure où j’écris, je suis dans ma campagne familiale où je viens d’enchainer 2 grosses sorties de presque 30 km à plus de 600 m de D+. Espérons que je tiendrai mon niveau de forme actuel jusqu’à la SaintéLyon. Plus qu’un mois…

 

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Trail de Bruxelles – 21 Octobre 2017

Pour la deuxième fois, j’ai couru le Trail de Bruxelles sur la distance maximum de 33 km (contre 28 km l’année dernière).

Voici le parcours :

Distance totale: 33.39 km
Durée totale: 03:08:23
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Le parcours était vallonné (452 m selon mes calculs) et très bien fléché. Il passait par mes terrains d’entrainement dominicaux, je me sentais comme à la maison 🙂

Comme l’année dernière, l’organisation pêchait sur certains points :

  • La dépose des sacs au vestiaire était encore une fois mal organisée : au lieu de joindre à chaque dossard une étiquette avec le numéro du dossard, deux jeunes (pleins de bonne volonté) écrivaient un numéro au marqueur sur le dossard et sur une bande de papier à fixer au sac. Pendant ce temps la file s’allongeait;
  • Le chronométrage était basé sur le « coup de feu » officiel et, comme les coureurs devaient passer individuellement par un portique, la différence était significative à l’arrivée (3h08’23 de course contre 3h11’05 « officiel » en ce qui me concerne)
  • Le prix : 30 Euros (+2,40 Euros de frais) pour 33 km. Le tout pour ne pas avoir de médaille, une organisation de la dépose des sacs et un chronométrage m…, c’est un peu cher.

C’était tout de même une course agréable, sous le soleil avec 2 ravitaillements bien fournis (le premier à 9,2 km, un peu tôt à mon goût). Je l’ai courue en mode cool avec une des mes compagnes d’entrainement (notre comparse habituel courait quant à lui son premier marathon à Amsterdam, bravo à lui !). Vue la distance, le lieu, la proximité de mon domicile, il est probable que je la courre à nouveau l’année prochaine.

Mes deux derniers objectifs de l’année sont maintenant :

  • le Trail des Terrils (Option 28 km) le 18 novembre,
  • La SaintéLyon (Option 81 km) le 1er décembre. Surprise du chef : mon frère s’est inscrit lui aussi, nous courrons donc en duo, comme à la belle époque.

Espérons que nous aurons de la neige. En tout cas, 1 mois avant, il y en a 🙂

 

 

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Entrainement Septembre 2018

Je suis de retour ! Après 2 mois déprimants (ici et ), je viens de faire le meilleur mois de Septembre de ma « carrière » :

  • 255 km (8 km de mieux que l’année dernière, précédent record) en 15 sorties soit une moyenne de 17 km par sortie,
  • 4.200 m de D+,
  • 11,2 km/h de moyenne.

J’ai aussi commencé les entrainements ZATAC (la ZATopek ACadémie) dans le parc du Cinquantenaire. J’ai manqué les 2 premières séances mais les 2 suivantes m’ont bien plu :

  • une séance de 2x 10mn de Fartlek,
  • une séance de pyramide 1 mn à 3 allures – 2 mn – 3 mn – 2 mn – 1 mn

Ca n’a l’air de rien mais, en le faisant à fond, c’est bien fatigant. Comme je couple l’entrainement du jeudi soir avec une sortie le midi et un retour à la maison en courant, je fais une journée à 30 km. J’ai bien l’intention de continuer, c’est l’occasion ou jamais de sortir de ma routine plan-plan d’entrainement et faire – ENFIN – des séances de fractionnés. L’inscription coûte 40 Euros par semestre, vite remboursés par les 15% de réduction chez Trakks et 10% chez Jogging Plus.

Tout n’est pas rose pourtant. J’espérais faire 4 sorties par semaine, j’en suis plutôt à 3. Mais ne boudons pas notre plaisir.

Mes objectifs d’ici la fin d’année sont les suivants :

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Entrainement Août 2018

Puisqu’il faut faire un article pour sacrifier à  la tradition, faisons-le rapidement pour ne pas souffrir trop longtemps : 135 km en 11 sorties. La honte… Il a fait très chaud, j’ai eu de la famille à la maison, j’ai voyagé, j’ai eu beaucoup de travail. Bla, bla, bla…

L’année passée j’avais fait 330 km, mais je préparais le Trail de la Côte d’Opale. J’en suis à Septembre au kilométrage de début Juillet 2017. Moi qui ambitionnait en début d’année de faire 3.200 km, il faudrait que je tourne à 370 km par mois d’ici la fin d’année. Pas gagné…

Je ne regrette pas mon forfait pour l’Infernal Trail des Vosges. Je n’étais vraiment pas en état de le courir. Je reste donc sur 2 courses d’ici la fin d’année :

Je vais peut-être essayer d’intercaler un autre trail mi-novembre. On verra…

A part ça, j’ai suivi avec intérêt les courses de l’UTMB en me disant que dans un an, j’y serai ! (sur la CCC). Je peux d’ores et déjà annoncer que le temps sera magnifique, ensoleillé mais pas trop chaud pour courir. J’ai toujours eu de la chance avec la météo sur mes courses, je ne vois vraiment pas pourquoi cela s’arrêterait. 🙂

 

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Entrainement Juillet 2018

J’ai longtemps hésité à faire cet article tant la honte me submergeait. Mes statistiques pour Juillet sont pitoyables : seulement 6 sorties pour un total de 102 km.  Mon pire mois depuis Août 2016…

Je m’y attendais un peu : j’ai passé les 2 dernières semaines du mois en Sicile où – comme prévu – je n’ai pas couru du tout. La semaine de travail avant les vacances était bien occupée puisqu’il me fallait clôturer tout ce que j’avais laissé trainer les semaines précédentes. En plus, il faisait une chaleur à ne pas mettre un coureur dehors.

Sans surprise je viens de déclarer forfait pour l’Infernal Trail des Vosges. J’y perds le montant de l’inscription mais c’est mieux que d’y perdre la santé. Mon programme d’ici la fin d’année sera donc limité en principe à 2 courses :

A cela s’ajoutera une semaine d’entrainement intensif en Corrèze pour les vacances de la Toussaint.

J’espère que Août sera plus intense mais il a très mal commencé à cause de la canicule. On verra… Positivons : il me reste encore un an avant la CCC 2019. 😀

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Maillot Salomon S/Lab Sense Tee

Faute de comptes-rendus de courses, j’en profite pour parler de mon matériel. Après un article sur mes chaussures de trail, voici mes commentaires sur un de mes maillots de course : le Salomon S/Lab Sense Tee. Voici la photo extraite du site Salomon :

J’ai acheté ce maillot sur recommandation d’un magasin de sport en indiquant que je cherchais un « maillot confortable, évacuant la transpiration, pour courir sous les fortes chaleurs. » J’envisageais de le porter à l’UTPMA en cas de canicule (ce qui n’a heureusement pas été le cas).

Voici les arguments de vente de Salomon :

Légèreté suprême
La légèreté de ce modèle est exceptionnelle. Portez-le, sans en avoir l’air. 

Respirabilité
La matière drainante haute performance évacue l’humidité rapidement. 

Confort
Ce modèle, c’est un peu de douceur dans un monde de brutes. Grâce aux ourlets anti-frottement, vous êtes vraiment protégé. La matière anti-odeurs agit efficacement pour ménager les nez les plus sensibles. Et ce n’est pas tout : grâce à sa coupe large, vous éprouverez un réel sentiment de liberté. 

Je confirme que le maillot est super léger, très bien coupé et très agréable à porter. Seul reproche au niveau confort : il m’irrite les tétons quand je transpire. J’attendais mieux d’un textile technique. La qualité est au rendez-vous. Après plusieurs lavages en machine, le tee-shirt n’a pas bougé.

Je ne suis pas totalement convaincu par la matière anti-odeurs. Certes il ne sent pas le bouc en rut après 30 km sous le soleil mais je n’y laisserais tout de même pas trainer mon nez. Disons qu’il n’est pas pire, pas mieux que d’autres tee-shirts techniques.

Là où je ne suis absolument pas convaincu, c’est sur l’évacuation de l’humidité. Ce maillot évacue mal la transpiration. Je viens de courir 1h30 sous 30 °C et et je finis doublement humide : corps et maillot. Dans un autre genre (pour l’hiver), mon maillot Compressport est bien meilleur sur l’évacuation de l’humidité. Mais oui, le tee-shirt sèche rapidement en sortant de la machine à laver.

Le gros problème est que ce maillot coûte un bras : 90 Euros ! Bien trop cher pour un maillot qui évacue mal l’humidité, je ne conseille donc pas cet achat.

 

 

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La Sportiva Akasha / New Balance 910 v4

S’il y a bien une chose que j’ai apprise au fil des années, c’est de me méfier des premières impressions sur de nouvelles chaussures. Voici bientôt 6 mois que j’ai acheté mes chaussures de trail après des années de fidélité à Mizuno. Il me semble donc intéressant de revenir sur mes premières impressions.

Mes « mensurations » : 1m72 / 62 kg / pointure 42.

Ma paire « Passe-partout » : les New Balance 910 v4

J’ai couru 850 km avec ces chaussures, quasi exclusivement lors d’entrainements sur  terrains mixtes 50 % goudron / 50 % chemins forestiers. Je les ai utilisées en « compétition » uniquement sur la première moitié de l’UTPMA.

La chaussure est confortable, le milieu du pied est bien maintenu dans un petit chausson. Le bout du pied (le « toe box ») est moins large que chez Mizuno mais je m’y sens à l’aise (en 42 1/2 alors que je prenais du 42 chez Mizuno). L’intérieur de la chaussure a un peu la forme d’une raquette de tennis : bien serrée au milieu, un peu moins au niveau du talon et large à l’avant.

J’ai eu quelques soucis au début :

  • des ampoules sur le petit orteil (droit) qui ont disparu au bout de 5/6 sorties,
  • un gros échauffement au niveau du cou de pied (gauche) qui m’a bien embêté pendant au moins 200 kilomètres. Mon cou de pied était enflé et douloureux, au niveau de la liaison avec la jambe.

Initialement, je pensais que le problème venait du frottement de la languette mais je ne voyais aucune trace sur le pied et la douleur a fini par disparaître dans la durée. Après coup, je me demande si cette douleur ne venait pas du changement de foulée en passant du drop de 12 mn des Mizuno à un drop de 8 mm.

Cela peut paraitre idiot mais l’enfilage de la chaussure est un peu « technique ». Premier point important : je dois faire très attention de ne pas avoir de plis sur les chaussettes. Le chaussant est tellement serré au niveau du milieu du pied que je ne peux pas récupérer un pli. Second point encore plus important : je dois bien positionner la languette. Mal mise et elle me scie immédiatement le dessus du pied. Il m’arrive donc très souvent de m’y reprendre à 2 fois avant de positionner correctement mon pied. Mais une fois à l’intérieur, la chaussure est très confortable, le pied est parfaitement maintenu tout en laissant de la place à l’avant. Le pare-pierre est assez protecteur. J’ai pris plusieurs fois des pierres ou des racines sans me briser les orteils pour autant. Par contre la chaussure n’est très bien aérée et j’ai tendance à transpirer beaucoup. Peut-être lié au problème de respirabilité, j’attrape aussi des ampoules sous les orteils lors des grandes sorties (> 30 km) alors que je n’y suis pas trop sujet d’habitude.

La semelle possède un bon amorti, qui ne nuit pas trop à la dynamique de la chaussure. Certes elles sont un peu « pataudes », je ne courrais pas un 10 km ou un 20 km avec, mais je les trouve parfaites pour les trails courte / moyenne distance. L’accroche est bonne sur tous les types de terrain, sauf sur les terrains boueux où les crampons ne sont pas assez prononcés pour évacuer la boue. Sur terrain pierreux, la semelle est un peu molle et n’atténue pas assez les aspérités du sol.

Au niveau durabilité, le mesh vient de se déchirer légèrement au niveau de la pliure du pied et la semelle est déjà bien usée au niveau de l’avant pied (je devrais peut-être retourner chez un podologue). Voici le résultat au bout de 850 km :

Au final, je suis très satisfait de ces chaussures : solides, confortables, sécurisantes sur les terrains accidentés et offrant un bon compromis amorti / dynamisme. J’ai seulement trois reproches à leur faire : le manque de respirabilité, la tendance à prendre des ampoules (sur les longues distances) et les couleurs un peu trop « flashy » à mon goût.

Ma paire « Montagne » : La Sportiva Akasha

J’ai couru 625 km avec les Sportiva Akasha, notamment plusieurs compétitions : le Trail des Bosses, le Trail de Spa, le Trail de Charleroi et la seconde moitié de l’UTPMA.

La forme de la chaussure est très différente des New Balance. Je les qualifierais de « ovales », notamment le bout de la chaussure qui est très rond. L’Akasha taille petit. Un 42 Mizuno vaut bien un 42 1/2 La Sportiva. Je les ai achetées en 42 et mon pied touche un peu au bout, ce qui n’est pas top.

L’enfilage est facile (beaucoup plus que sur la New Balance) et la chaussure est très confortable à porter. Un chaussant interne permet ici aussi de bien maintenir le pied. Même si le bout est plus étroit que les New Balance, je m’y sens à l’aise. Le mesh est très respirant, je ne transpire pas et n’ai jamais pris d’ampoules, même sur un trail très humide comme à Spa. Seul reproche : malgré la hauteur de la semelle, l’eau rentre facilement par le côté.

L’amorti est excellent, la chaussure est dynamique malgré son poids (323 g) et le grip est fantastique, même sur des pavés mouillés. Sur goudron, la chaussure est un peu lourde à trainer, comme un sabot. Mais sur chemins, c’est un régal.

Les crampons sont très hauts et j’ai parfois l’impression de marcher sur des plates-formes ou des talons, ce qui est déroutant.

Les chaussures sont très robustes, quasi-neuves au bout de 650 km. Elles ont tendance à rester pliées au niveau de l’avant-pied et le mesh commence à s’en ressentir :

J’ai un seul vrai reproche à faire aux Akasha : elles sont adaptées aux pieds fins. J’ai le dessus du pied assez large et je n’arrive pas à serrer correctement les lacets en utilisant le dernier oeillet pour assurer un bon maintien des chaussures. Du coup, je me tords très facilement les chevilles avec ces chaussures, mon pied n’est pas assez bien maintenu et je pense que la hauteur des crampons n’aide pas. J’ai mis du temps à m’en rendre compte. J’avais eu quelques alertes sans conséquences sur le Trail de Spa mais j’ai beaucoup souffert de ce problème à l’UTPMA. Lors de mes autres courses ou entrainements, le terrain n’était pas assez difficile pour m’en rendre compte.

Au final, j’adore les Akasha, je les trouve fantastiques au niveau accroche, confort, dynamisme, solidité mais malheureusement pas assez sécurisantes pour mon type de pied. Pour la CCC l’année prochaine, je ne partirai pas avec ce modèle sinon je vais souffrir dans les descentes, voire dépasser les barrières horaires, un peu comme ce qui arrivé l’un des bloggers que je suis et qui semble aussi peu doué que moi en descente. 🙂

Conclusion

Je ne regrette absolument pas d’avoir abandonné Mizuno et je suis satisfait de mes deux paires de chaussures. J’ai tout de même longtemps souffert du changement au niveau des tendons d’Achille (sans pouvoir dire quelle paire me faisait souffrir) mais maintenant cela va mieux après un temps d’adaptation.

Je me vois très bien racheter une nouvelle paire de New Balance pour les entrainements et les trails de courte distance. Elles sont vraiment très bien sur tous types de terrains et les seuls reproches que je leur fais (respirabilité, tendance à prendre des ampoules, semelles un peu molles, glissantes sur terrain boueux) ne sont problématiques que sur les longues distances.

Par contre, je ne pense pas acheter une nouvelle paire d’Akasha, plus à cause de mes pieds qu’à cause des chaussures 🙂 J’ai toutefois une très bonne opinion de la marque La Sportiva, j’essayerai sans doute d’autres modèles de cette marque.

S’il était possible de croiser génétiquement des chaussures, je voudrais des Akasha avec le maintien des New Balance. 🙂

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Une nouvelle course : le Spa Vertical Race

Spa est vraiment la capitale belge du trail !

Après le célèbre Trail de Spa (que j’ai déjà couru en 2014, 2015 et 2018), le beaucoup moins célèbre 100 miles de Spa (le seul ultra-trail au format UTMB de Belgique à ma connaissance), voici une nouvelle course qui me semble sympathique : le Spa Vertical Race organisé pour la première fois le 15 août 2018.

Le concept est original :

  • un trail de 13 KM avec 500m D+ et 5 côtes chronométrées démarrant à 13h00,
  • une finale à 14h30, sur une seule côte, regroupant les 10 premiers hommes et les 10 premières femmes,
  • des courses de 1,5 et 3 km pour les enfants,
  • cerise sur le gâteau, inscription gratuite et possibilité d’essayer les modèles route et trail de Décathlon.

Tout ceci a l’air bien séduisant. Dommage, j’aurai de la famille ce jour-là et je ne pourrai pas y participer. L’année prochaine peut-être…

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