(Morceau d’)Échappée Belle Intégrale – 20 Août 2021

Quand des néophytes sont impressionnés par les distances parcourues par les ultra-trailers, je leur explique doctement que les ultra-trails sont plus un défi psychologique qu’un défi physique. Après tout, les moyennes horaires d’un anonyme du peloton comme moi ne sont guère plus élevées que celles d’un randonneur expérimenté. Par contre le randonneur s’arrête pour la nuit…

Je pourrai maintenant leur expliquer tout aussi doctement comment flinguer une course préparée depuis des mois justement à cause d’une faiblesse psychologique : j’ai en effet abandonné au 64ème kilomètre (sur 149) de l’Échappée Belle Intégrale, à la première base vie du Pleynet. Au moment de mon abandon, j’avais certes des douleurs importantes aux pieds, un déficit de sommeil important mais rien qui ne m’empêchait objectivement de poursuivre, au moins jusqu’à la seconde base vie de Super Collet 36 km plus loin. Aurais-je pu continuer au-delà ? Je ne le pense pas au vu de mes douleurs aux pieds mais mon motif principal d’abandon est une défaillance morale jamais connue auparavant.

C’est évidemment très dur pour l’ego, surtout que je pensais être blindé du côté psychologique, et dommage parce que c’était l’année idéale pour réussir : pas de blessures, entraîné comme jamais, conditions météo parfaites. Ai-je des regrets pour autant ? Pas vraiment, je n’avais clairement pas le niveau (physique + psychologique) et j’ai visé une marche trop haut par rapport à la CCC. Une bonne leçon pour la suite de ma « carrière ».

L’inscription

Au moment de l’inscription j’ai longtemps hésité entre la version 84 km (la Traversée Nord) et l’Intégrale. Je me souviens faisant des va-et-vient avec ma souris entre les 2 options. Ce qui a emporté ma décision sur l’instant est l’impression de « régresser » en m’inscrivant sur un 84 km alors que j’avais déjà couru 2 ultras de 100 km en montagne (UTPMA et CCC).

Au vu de la difficulté du parcours, je sais maintenant que réussir la version 84 km (et je n’ai aucun doute que j’en avais les moyens) aurait été une progression par rapport à mes précédentes courses. 🙂 Cerise sur le gâteau : le parcours du 84 km suit peu ou prou la seconde partie de l’Intégrale, ce qui est un avantage psychologique indéniable pour la courir l’année suivante.

Les 10 derniers jours de ma préparation

Comme expliqué précédemment, j’ai passé les 10 derniers jours avant la course dans les Alpes, au pied du massif de Belledonne, à Allemond. En rejoignant mon lieu de villégiature (que je recommande chaudement), j’ai galéré énormément pour sortir de Grenoble (j’avais fait le trajet de Bruxelles à Grenoble en train puis loué une voiture) à cause des travaux. Les déviations étaient très mal indiquées et mon GPS perdu. Heureusement Waze était mon ami. Ce petit incident va toutefois avoir quelques répercutions inattendues sur ma course.

Durant ces 10 jours j’ai fait 7 rando-courses à allure cible « Échappée Belle » (monter à un bon rythme et trottiner sur les plats et dans les descentes) pour un total de 149 km (pile-poil la distance de la course, un pur hasard) et 9.837 m D+ (la course faisant 11.400 m D+).

Lors du premier jour, j’ai atteint le Lac de Belledonne à 2.174m d’altitude :Au sommet du pic en arrière-plan, se trouve la Croix de Belledonne, point culminant à 2.926 m de la course. Vous trouverez un petit plus loin une photo du même lac vu d’en haut.

A l’occasion d’une deuxième randonnée j’ai reconnu une petite partie (3,2 km) du parcours de la course, entre le Col de la Vache et le Col des 7 Laux. Je ne souhaitais pas vraiment le faire mais comme les lacs des 7 Laux sont une randonnée incontournable de la région, l’occasion a fait le larron. Durant la course, j’ai effectué le même tronçon de nuit et cette mini-reconnaissance m’a aidé moralement dans la montée du Col de la Vache. J’y reviens plus tard. Rétrospectivement, je regrette de ne pas avoir organisé mes vacances autour du parcours et effectué plus de reconnaissances. Je ne voulais pas « tricher ».

Physiquement parlant, je suis très satisfait de cette dernière étape de ma préparation :

  • j’ai bien renforcé mes cuisses et je n’ai absolument pas souffert de ce côté-là pendant la course, ni après,
  • j’ai gagné en confiance dans les descentes (j’ai réussi à ne jamais me prendre les pieds dans une racine ni me tordre une cheville, un exploit pour celles et ceux qui me connaissent),
  • mes vitesses mesurées me montraient que mes prévisions étaient tout à fait raisonnables.

Moralement, il en était tout autrement. Au fil des jours le stress de la course est monté, à m’en rendre malade :  j’avais de plus en plus de mal à dormir correctement (j’ai enchaîné les nuits à 3-4 heures de sommeil), des maux d’estomac quasiment en continu et je ne cessais de broyer du noir, me disant que j’avais sans doute fait une erreur en m’inscrivant. J’étais parti seul (ma femme et mon fils devant me rejoindre à l’arrivée) et cela ne m’a pas aidé à me changer les idées. J’avais prévu préparer le parcours en détail mais je ne trouvais pas le courage de le faire pour ne pas me stresser encore plus. J’avais le comportement d’un petit enfant que se met les mains devant les yeux pour ne pas voir le danger.

Mon discours a aussi changé : au lieu de dire que je ferais tout pour terminer la course, mon discours est devenu « je vais rejoindre la première base vie et ensuite je verrai. » Le ver était dans le fruit… Quelques jours avant, j’expliquais pourtant autour de moi qu’il était essentiel de partir en refusant toute option d’abandon. Seuls les imbéciles changent d’avis en l’occurrence…

Au niveau du matériel, j’avais prévu courir avec des Brooks Cascadia 14, un modèle que j’avais utilisé autour de chez moi à Bruxelles, en randonnée dans les Pyrénées mais jamais sur une course avec des dénivelés importants. Je me suis rapidement rendu compte que j’avais des échauffements désagréables au niveau du cou-de-pied et mal aux talons dans les grandes descentes. J’ai envisagé un moment d’acheter une autre paire de chaussures mais il ne me restait pas assez de temps pour les roder. J’avais couru la CCC avec le modèle précédent (la version 13) et j’avais avec moi une paire usée que je prévoyais prendre pour le toute dernière partie de la course, à partir de la seconde base vie. J’ai pris la funeste décision de partir en Cascadia 14 et je vais le payer pendant la course. Sans doute aurais-je dû partir avec mes vieilles « pantoufles » Cascadia 13.

En synthèse de ces 10 jours : un physique au top, de petites inquiétudes au niveau du matériel et un moral au plus bas.

La veille de la course

L’Échappée Belle suit un parcours Sud-Nord entre Vizille et Aiguebelle, ce qui crée quelques contraintes logistiques, d’autant plus que les dossards sont à retirer à l’arrivée, la veille de la course à partir de 15h00.

J’ai hésité jusqu’au dernier moment entre dormir à l’hôtel près du départ ou dormir sous une tente à l’arrivée et prendre la navette de l’organisation tôt le matin pour rejoindre le départ.

L’avantage de la première option était de pouvoir dormir confortablement, se lever à une heure raisonnable (4h30 pour un départ à 6h00) mais posait des problèmes logistiques pour récupérer la voiture à la fin de la course. Pas insurmontable mais un peu pénible. J’ai renoncé à cette option pour plusieurs raisons :

  • les travaux que j’avais rencontré à la sortie de Grenoble : Waze est un super outil mais use rapidement la batterie du smartphone. J’avais peur d’arriver en retard à la course sans utiliser Waze … et je ne voulais pas utiliser Waze pour ne pas user la batterie 🙂
  • je me disais que lit confortable ou tente, je ne dormirais de toutes façons pas bien au vu de mon état de stress,
  • si j’abandonnais tôt dans la course, je me retrouvais comme un c… à Aiguebelle à attendre l’arrivée de ma famille jusqu’au dimanche après-midi.

J’ai donc choisi l’option « tente », n’ai presque pas dormi la veille de la course, me suis levé à 2h45 du matin … et le chauffeur du bus s’est perdu en rejoignant Vizille, nous faisant arriver 40 mn avant le départ. Carton plein !

A l’entrée d’Aiguebelle en venant de l’autoroute un panneau indique un parking « coureurs » sur la droite mais il vaut mieux avancer jusqu’au centre du village où il y a de nombreuses places disponibles dans les rues et autour de la gare. J’installe ma tente dans l’un des deux emplacements prévus (le parc des Rochettes, le second emplacement étant derrière l’office de tourisme) : C’est aussi le lieu de l’arrivée, donc il ne faut pas trop espérer dormir tranquillement à l’issue de la course : non seulement il y a un speaker mais chaque finisher fait résonner une cloche en arrivant ! Précisons enfin que les tentes étaient surveillées par des vigiles pendant la course.

A 50m du parc, le gymnase offre des douches et la possibilité de dormir sur des lits picots. C’est aussi le point de départ/arrivée des navettes pour la course.

Les dossards sont à retirer au foyer rural, à environ 200m. Après le contrôle du passeport sanitaire, les bénévoles remettent successivement :

  • un petit bracelet rouge démontrant que le passeport sanitaire a été contrôlé,
  • un sac papier,
  • un grand sac tissé blanc de délestage que vous retrouverez aux deux bases vies (Pleynet et Super Collet),
  • une mini bouteille de St-Yorre,
  • le road-book et un magazine,
  • une enveloppe avec le dossard, une étiquette à coller sur le sac de délestage (je conseille de la fixer aussi avec des épingles à nourrice ou d’indiquer votre numéro au stylo à bille sur le sac) et le ticket pour la navette si vous aviez choisi cette option,
  • un maillot technique Dynafit avec un logo « Échappée Belle » très discret sur la manche droite.

Quelques stands à la sortie et le tout est plié en 10mn, même s’il y avait quelques soucis d’inscription pour certains coureurs quand je suis passé. Moi-même était absent de la liste des coureurs à l’entrée du bâtiment. J’avoue avoir un instant espéré qu’un bug de l’organisation m’interdirait de prendre le départ 🙂 Par contre j’ai encore été considéré comme un Belge. Grrrr….

Pas grand-chose à faire à Aiguebelle en attendant le départ mais de quoi s’offrir un dernier repas avant l’exécution … euh la course : deux supérettes, 3/4 restaurants/take-aways.

Au retour à la tente, je papote avec mon voisin, très sympathique. Il part dans la première vague à 5h00 alors que je pars dans la troisième et dernière vague à 6h00. C’est donc un gars largement plus fort que moi. Il a participé l’année précédente mais a été arrêté par le staff médical et évacué par hélicoptère à la base vie du Pleynet suite à des vomissements dus à la déshydratation. Inutile de dire que cette conversation ne m’a pas aidé à reprendre confiance… Sans doute perturbé par la conversation, je marche pied nu sur un de mes piquets de tente ! Très douloureux, j’en suis quitte par un bleu sous la plante du pied mais reconnaissons que cela n’a eu aucun impact sur ma course.

Je ne me joins pas à la traditionnelle « Pasta Party » et je préfère grignoter seul devant ma tente avant de me coucher à 21h00, essayant désespérément trouver le sommeil. J’arrive à somnoler quelques minutes par ci, par là. Je trouve le moyen de faire un rêve où je « retrouve » des membres décédés de ma famille. Ambiance lourde… Je suis presque soulagé de me lever à 2h45 pour me préparer et rejoindre la navette qui démarre à 3h30 (pour un départ à 6h00 alors qu’il faut ne faut que 1h10 de route). Je me dis que je prendrais un bon café en attendant le départ, voire que j’essayerai de dormir quelques instants dans le gymnase de départ :Malheureusement, comme expliqué plus haut, le chauffeur du bus se perd dans les travaux autour de Grenoble. Il s’arrête une première fois pour demander sa route à un ouvrier sur le chantier de l’autoroute. Celui-ci lui répond qu’il ne connaît pas le coin (ce qui est confirmé par son accent :-)) et notre chauffeur continue à errer au petit bonheur. Heureusement un des coureurs (qui habite Grenoble) prend les choses en main : il commence par informer le chauffeur qu’il prend la direction du Vercors au lieu de Vizille (!) puis allume son GSM pour le guider avec Google Maps. Résultat : nous arrivons 40 mn avant le départ. J’ai le cœur au bord des lèvres (je suis malade dans les transports en commun) et j’ai à peine le temps de passer aux toilettes avant de rejoindre la ligne de départ. Quant au café espéré on oublie et je vais démarrer la course avec un énorme mal de tête. Un chauffeur sans GPS, sans téléphone mobile, quel professionnalisme ! Un grand merci…

Dernier incident au moment du départ : l’électricité disjoncte et l’arche gonflable s’effondre sur les premiers coureurs. Entre mon voisin, le piquet de tente, mon nom absent de la liste des coureurs, le mauvais rêve, le chauffeur perdu et l’arche qui s’effondre, j’ai vraiment l’impression que les Dieux m’envoient des signes !

La course

A 6h00 le départ est enfin donné. J’ai un mal de tête terrible, le moral dans les chaussettes mais je suis soulagé d’enfin partir. Voici le profil de la course :

et le road-book remis par l’organisation.

Domaine de Vizille / R1 – Foyer ski de fond d’Arselle – 16,7 km – 1.571 m D+

Les 2 premiers km sont complètement plats, principalement à l’intérieur du Domaine de Vizille, haut lieu de la Révolution Française. En tant que fan d’histoire, je regrette de ne pas avoir profité de mon séjour à Allemond pour le visiter, je n’étais après tout qu’à 30 km. Le peloton de coureurs est guidé par un cycliste à l’intérieur du parc. Les affaires sérieuses commencent ensuite avec une montée assez sèche sur un sentier pierreux qui est tout d’abord assez large et offre quelques belles perspectives sur la vallée :10 km d’une montée assez dure d’une traite avant de redescendre par une large piste forestière sur le lac du Luitel qui est dans la brume mais ressemble à ça. Un chemin plus étroit et moins pentu remonte ensuite en forêt pour rejoindre le ravitaillement n°1 au plateau d’Arselle :Le ravitaillement est servi en mode Covid-19 : désinfection des mains à l’arrivée et les bénévoles vous remplissent un sac en papier avec ce que vous désirez manger. Du classique : TUCs, charcuterie, cakes, fruits secs. Côté boisson : soupe, eau plate et pétillante, Coca-Cola… Je ne reviendrai pas dessus, tous les ravitaillements seront quasi-identiques.

Sur ce premier tronçon j’ai l’occasion de faire la connaissance de deux « vedettes » de la course :

  • le dernier de l’édition 2020 qui a la particularité de courir en jean comme vous pouvez le voir sur la vidéo de son arrivée en 2020. Il a terminé cette année 147ème en 47h et 1.322ème sur l’UTMB en 45h31 2 semaines plus tard ! Sa notoriété a même atteint la Belgique et je n’y suis pour rien 🙂 Respect, je ne le verrai plus ensuite;
  • Philippe (!), un joueur de Ukulélé de Montpellier (ingénieur opticien dans le civil) très sympathique avec qui je papote un moment. Il va s’arrêter devant chaque bénévole pour lui chanter une chanson (répertoire 70’s principalement), prendre le temps de chanter à chaque ravitaillement pour ensuite, mine de rien, rattraper son retard. La dernière fois que je l’entendrai ce sera au loin, en pleine nuit, au Col de la Vache. Je regrette de ne pas avoir retenu son numéro de dossard. Apparemment il écume les trails et a même terminé le Tor des Géants.

Même si les premiers kilomètres (entre 2 et 10) ont été difficiles à avaler et que je n’ai cessé de penser que « si ça n’allait pas, j’abandonnerais au Pleynet » mon moral connaît une courte embellie : le soleil est de la partie, le panorama est superbe, je suis exactement dans mes prévisions (je quitte le ravitaillement à 9h23 alors que j’avais prévu 9h28) et, comble du bonheur, j’ai pu boire un petit café ce qui atténue provisoirement mon mal de tête (je suis accro à la caféine).

R1 – Foyer ski de fond d’Arselle / R2 – Refuge de La Pra – 10,6 km – 882 m D+

Sans aucun doute la plus belle partie du parcours dans une végétation de conifères qui se raréfie au fur et à mesure que l’on gagne en altitude. Nous croisons de nombreux lacs et j’ai très envie de revenir un jour dans le coin en mode randonnée.

Départ du plateau d’Arselle :Le Lac Achard :Le Lac Achard vu d’en haut :Lac sans nom vu du col de l’Infernet (2.050 m) :Montée vers le col de la Botte (2.175 m) :Col de la Botte et descente vers les Lacs Robert :Lacs Robert :Vue arrière sur la vallée de Grenoble :Petite cascade pour remplir les bidons :Lac Léama (vue en arrière) : Lac Longuet : et enfin le refuge de la Pra, théâtre du ravitaillement n°2 (2.105 m) :Cette partie du parcours était raisonnablement difficile : bons sentiers, quelques passages très pentus mais rien de terrible pour un trail de montagne. Je quitte le ravitaillement à 12h32 alors que j’avais prévu 12h16. Je suis resté un peu plus longtemps que prévu pour prendre le temps de me pommader les pieds en prévision des moments difficiles qui m’attendent.

Bien qu’objectivement je devrais avoir le moral au beau fixe, je continue à broyer du noir et à ne penser qu’à une seule chose : rejoindre au plus vite la base vie du Pleynet. J’ai beau essayer de me botter le derrière (mes quadriceps sont encore très souples), de m’engueuler, de me moquer de moi-même, rien n’y fait, je suis uniquement pressé d’en terminer. En plus une conversation entre bénévoles me fait comprendre que je suis parmi les derniers alors que j’avais l’impression de bien avancer jusqu’à présent.

R2 – Refuge de La Pra / R3 – Refuge Jean Collet – 10,9 km – 880 m D+

Sur cette partie nous allons vraiment entrer dans le dur de la course avec de la caillasse et une boucle de 45-50 mn pour aller toucher la Croix de Belledonne, le plus haut point du parcours.

Tout commence d’une manière bucolique quoique pentue avec une vue d’en haut du Lac Longuet :Le sentier monte régulièrement pour rejoindre le sommet en arrière-plan :avec une vue d’artiste au passage (artiste qui aurait dû poser son bâton avant de prendre la photo) :Ça grimpe sec :pour rejoindre les 2 lacs du Doménon : La cible est devant nous :et nous entrons dans la caillasse pour un moment. Au loin les coureurs qui redescendent de la Croix de Belledonne alors que nous entamons la boucle : Au passage un grand comique qui descend de la Croix nous dit « c’est dans 15 mn hors TVA ! » Ah, ah, ah, on se marre, merci de ton aide…

Une vrai chemin de croix nous attend, sur des pierres instables, sans sentier clairement dessiné : Enfin arrivé à la Croix, vue plongeante sur le fameux Lac de Belledonne dont je parlais en début d’article. J’ai passé mes 10 jours de préparation tout en bas dans la vallée :La tradition est de toucher la croix pour porter bonheur mais il y a beaucoup de monde et j’ai le vertige en m’approchant. J’aurais peut-être dû insister… Vues sur l’un des Lacs du Doménon : avant de passer le col de Freydane par un sentier un peu impressionnant : puis redescendre (glisser sur un tapis de pierre serait plus exact) :jusqu’au Lac Blanc :avant de rejoindre le Refuge Jean Collet au loin :d’où nous avons une vue magnifique, le refuge étant perché sur un éperon rocheux :Cette partie du parcours a été techniquement et moralement très éprouvante. Marcher sur la caillasse requiert une attention de tous les instants. Malgré tout je suis encore et toujours dans mes temps puisque je quitte le refuge à 16h34 alors que j’avais prévu 16h48, tout en ayant pris le temps de me restaurer et encore une fois de me pommader les pieds.

Au passage, j’ai discuté avec ma 3ème vedette : le dernier de l’édition 2018 ! Il est à la peine (il arrive au refuge quand je le quitte), il ne terminera pas la course mais il est le premier à essayer de me remonter le moral en expliquant que la partie la plus dure de la course se termine au Pleynet, qu’il faut essayer de dormir sur place avant de reprendre la route et que les barrières horaires sont plus raisonnables ensuite.

R3 – Refuge Jean Collet / R4  – Habert d’Aiguebelle – 8,8 km – 752 m D+

Au sortir du refuge, nous escaladons le col de la Mine de Fer (2.400 m) qui est  réputé pour sa difficulté :Le col à franchir est tout en haut, dans le creux au centre de l’image :Mes premiers bouquetins au passage :Arrivé au sommet, je pense avoir fait le plus difficile du tronçon et je profite de la vue :Que nenni, il va falloir traverser des pierriers pour rejoindre la Brèche de Roche Fendue (le creux au fond de l’image) :sur un terrain très difficile : Passée la Brèche, la descente sur le Pas de la Coche n’est pas beaucoup plus facile avec à nouveau de nombreux pierriers à traverser : Petite vue arrière sur la Brèche au loin :et vue avant sur des paysages magnifiques en direction du Pas de la Coche avec, enfin, des sentiers un peu plus faciles : Arrivés au Pas de la Coche, nous descendons en direction du ravitaillement n°4 :Sur la route, je croise un sympathique coureur Belge originaire de Tournai que je croiserai à de nombreuses reprises sur le parcours (je le distançais dans les montées et il me rattrapait dans les descentes). Il a cassé un de ses bâtons Leki (les mêmes que les miens, en fibre de carbone et que je pensais increvables). L’Échappée Belle ne se contente pas d’user les corps mais aussi le matériel !

Arrivé au ravitaillement j’ai les pieds en feu : le talon gauche me fait mal (5 jours après c’est toujours le cas) et le cou-de-pied droit est très enflé (idem). J’ai mal dès que je plie le pied, surtout en descente. J’essaye de délacer un peu mes chaussures pour le soulager mais je ne peux pas me le permettre trop sinon je n’ai plus aucune stabilité.

A cet instant je suis décidé à abandonner : moralement j’en ai plein le cul (désolé, je n’ai pas trouvé d’expression plus appropriée) et physiquement je ne vois pas comment je pourrais encore parcourir 100 km avec une telle douleur aux pieds.

Il est 19h45 et 2,5 km plus bas il y a une navette qui passe à 23h30 (au pont de la Béta). J’hésite un moment à abandonner à cet endroit mais je me suis promis de rejoindre au moins le Pleynet. Je quitte le ravitaillement à 19h55 alors que mon plan de marche prévoyait 20h48. Je pense que j’aurais dû me poser plus longtemps et analyser sereinement la situation qui n’était pas si noire que cela : en dehors des douleurs aux pieds, je ne ressentais pas de fatigue, pas de mal aux cuisses et j’étais presque 1 heure en avance sur mes prévisions avec un partie du parcours à venir que je connaissais déjà. Au lieu de cela je suis parti avec un seul et unique objectif : rejoindre le Pleynet à 17 km de là avant 2 heures du matin pour prendre la navette et ME CASSER DE CETTE P… DE COURSE DE M… Dommage…

R4  – Habert d’Aiguebelle / R5 – Le Pleynet -16,9 km – 1.226 m D+

Dernière étape de mon périple avec 2 cols à franchir et la majeure partie à faire de nuit.

Premier col au programme : le col de l’Aigleton (2.300 m). La montée commence agréablement le long d’un ruisseau (dernière photo que je prends avant la tombée de la nuit) :Le sentier grimpe ensuite sec mais régulièrement en lacets, traverse –  je vous le donne en mille – un gros pierrier et finit quasiment à la verticale. Arrivé au sommet, la nuit est tombée et je fais une pause pour sortir ma frontale et m’habiller plus chaudement. Avec la tombée de la nuit un vent très froid s’est levé.

Le second col au programme est le Col de la Vache qui n’est qu’un immense pierrier. J’utilise ci-dessous des photos prises lors de ma randonnée. Vue d’en bas (le col est le premier creux à partir de la droite) :Vue du sommet du côté de la montée : Arrivé au col, vue sur le lac de Cos en contrebas:avec une descente pas évidente du tout à négocier dans le haut du col :avant d’arriver au lac :A partir de là le sentier longe les lacs des 7 Laux sur environ 3 km, sur un terrain assez facile en faux-plat descendant.

Arrivé au dernier lac, nous commençons à apercevoir les lumières du Pleynet au loin mais le chemin est interminable puisqu’il faut faire le tour complet de la vallée, tout d’abord par une descente abrupte et techniquement difficile suivie d’un sentier vallonné avec quelques rampes sèches.

Je me rends compte que je prends un peu plus de temps que prévu et que je risque de manquer la navette de 2h00 et devoir attendre 5h30. Dans les 3 derniers kilomètres, je place une accélération fulgurante (je vais courir entre 6 et 7 mn au kilomètre) et j’arrive au Pleynet à 1h37, avec 1 heure d’avance sur mon plan de marche qui prévoyait une arrivée à 2h35. Le temps de grignoter une part de gâteau, je passe au PC Sécurité pour les informer de mon abandon. Nous papotons un peu sur la difficulté du parcours par rapport à la CCC, sur le fait que je suis un faux belge et je monte dans la navette. J’ai les pieds en feu mais je ressens un immense soulagement d’avoir abandonné. J’arrive à ma tente vers 4h00 du matin après avoir pris une douche. Le PC Sécurité a oublié d’enregistrer mon abandon et va me rappeler le samedi en milieu d’après-midi pour me demander où je suis… Réponse : au Novotel de Grenoble 🙂

Conclusion

Physiquement parlant, mon seul problème étaient les douleurs aux pieds. En dehors de ça, pas de fatigue excessive, pas de mal aux cuisses. J’ai même pu courir à près de 10 km/h sur les derniers kilomètres grâce à la motivation de rejoindre la navette à temps ! Sur le dernier tronçon du parcours, j’ai remonté 70 places au classement. C’est le seul moment de la course où j’aurais été fort psychologiquement. 🙂

Le manque de sommeil était clairement un problème : je n’aurais pas pu continuer à courir minimum 36 heures sans dormir. Je commençais à perdre ma vigilance et cogner dans des cailloux et racines et un mal de tête lancinant ne me quittait pas. Le reste du parcours, avec notamment le fameux Col du Morétan et sa descente abrupte sur un névé, n’était pas faite pour me rassurer. Quelques jours plus tard le décès d’un coureur sur la TDS a rappelé encore une fois combien la montagne peut être dangereuse. Quelques siestes de 10-15 mn auraient-elles suffi ? Aurais-je pu tenir les barrières horaires ? Je ne sais pas mais je ne me suis pas vraiment posé la question.

Avec le recul j’ai manqué de lucidité. J’étais en avance de 1 heure sur mon plan de marche (et de 2h20 sur la barrière horaire) et j’aurais dû suivre le conseil de mon collègue belge de Tournai : ne pas abandonner au Pleynet mais prendre une douche, me changer, me restaurer, essayer de dormir un peu et repartir avec le serre-file à l’expiration de la barrière horaire. J’aurais pu aussi chausser mes Cascadia 13 et peut-être mieux supporter la douleur.

Je ne l’ai pas fait parce que, moralement, j’étais cuit depuis longtemps, je n’avais aucun plaisir et juste l’envie d’en terminer au plus vite avec la course. Je ne m’explique toujours pas la raison d’une telle défaillance : l’inquiétude vis-à-vis du parcours, l’absence de repère sur une aussi longue durée de course, la solitude les jours précédents la course ? Je pense que ma plus grande erreur a été de « programmer » inconsciemment mon cerveau pour atteindre le Pleynet et en ce sens j’ai parfaitement réussi ma course. 🙂

Malgré tout, je n’ai pas trop de regrets. Un ultra-trail aussi difficile est un combo physique/psychologique et je n’avais clairement pas le niveau. Au vu de mes capacités physiques, j’ai très bien avancé mais j’étais quand même parmi les derniers. La marche entre la CCC et l’Échappée Belle était beaucoup trop importante et j’aurais dû soit courir le 84 km (pour mieux appréhender la difficulté du parcours) et revenir l’année suivante sur l’infernale, soit courir une telle distance sur un parcours techniquement plus facile (pour avoir dans la tête et les jambes une course de 48 heures).

Je n’ai pas non plus de sentiment de revanche et l’envie de revenir. A partir du Refuge de la Pra, j’ai eu l’impression que le parcours recherchait parfois la difficulté pour la difficulté et rester concentré tout le temps pour ne pas se tordre une cheville (ou pire) sur une pierre branlante n’est pas ma tasse de thé.

Quelques motifs de satisfactions

Pour finir sur une note plus positive, voici quelques retours d’expérience positifs.

Au niveau de l’organisation

Parfaite, aucune attente au retrait des dossards, parcours parfaitement indiqué, ravitaillements copieux, bénévoles sympas, points de contrôle très réguliers… Rien à redire.

Au niveau de la préparation

Physiquement, je pense que j’étais au niveau. Je n’ai pas souffert de fatigue mais d’usure psychologique. Je regrette tout de même de ne pas avoir couru une grande course de préparation comme initialement prévu. J’aurais peut-être pu détecter le problème avec les chaussures et me forger un meilleur mental.

Au niveau du matériel

J’ai couru avec un porte dossard, ce qui est beaucoup plus pratique quand vous voulez changer de maillot, enfiler ou enlever un pull…

J’avais une réserve d’eau de 1,5 l sur le dos et une gourde filtrante Katadyn que je remplissais  à chaque torrent et rangeait à l’arrière de mon sac. Pas de flasques sur l’avant, moins de poids et de l’eau fraîche en permanence.

Au niveau des pieds

Plus d’un mois avant la course, j’ai tanné quotidiennement mes pieds avec Akiléïne Tano et le jour de la course je les ai pommadés régulièrement avec Akiléïne NOK. Mon podologue avait aussi percé des trous dans mes semelles orthopédiques pour éviter de glisser dans les chaussures (sur le modèle des semelles Sidas recommandées par François D’Haene).

Résultat : aucune ampoule aux pieds alors que le parcours s’y prêtait bien.

Au niveau de mes prévisions

Je suis très fier de mon tableau Excel de prévisions des temps de course qui a parfaitement fonctionné jusqu’au Pleynet. Dans la prochaine version, j’y apporterai une composante « psychologique » 🙂

Et maintenant ?

A court terme, je suis inscrit à la Bouillonnante (qui devait avoir lieu fin Avril) le samedi 4 septembre. Je vais la courir en mode cool, en duo.

A moyen / long terme, je reste inscrit pour le Grand Trail de St-Jacques qui aura lieu en Juin 2022. Ce sont les chemins de mon enfance, je suis donc super motivé et sans aucune anxiété particulière. D’ici là je programmerai quelques courses de préparation.

J’espère encore courir des trails en montagne mais, au moins pour 2022, je vais me limiter à des courses de 24 heures (en gros 100 km). Psychologiquement je ne me sens pas prêt à rester 48 heures d’affilée sur les chemins. Je m’en suis rendu compte en courant l’Échappée Belle.

Enfin et surtout, j’espère concrétiser en 2022 le projet qui me tient à cœur. Les circonstances sanitaires en 2020 et 2021 me l’ont faire mettre en sommeil. Pendant ma préparation dans les Alpes, je me suis rendu compte à quel point c’était agréable de « trailer » uniquement pour le plaisir et pas forcément dans le cadre d’une course. Ce sera donc mon objectif de l’été 2022.

 

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Échappée Belle Intégrale / J-12 jours

Dans 2 semaines, j’en aurai – quoiqu’il arrive – fini avec l’Échappée Belle, la barrière horaire finale étant le Dimanche 22 Août à 12h00, 54 heures après le départ vendredi 20 Août à 6h00 du matin.

Comment me suis-je entrainé ?

Plutôt bien :

  • Avant l’UTPMA, j’avais couru 1.370 km et 25.000 m D+ depuis le début de l’année,
  • Avant la CCC, 1.560 km et 33.000 m D+,
  • le 8 Août, j’en suis à 2.500 km et 44.000 m D+.

Pour parfaire mon entrainement, il me reste 10 jours que je vais passer dans les Alpes, au pied du massif de Belledonne, à Allemond. L’objectif est de m’acclimater à l’altitude (la course comprend 40km consécutifs au dessus de 2 000 m et de nombreux cols à plus de 2 400), prendre le rythme de la marche en montagne tout en me reposant. Je ne pense pas beaucoup courir, peut-être trottiner un jour sur deux maximum. Ce type d’affûtage m’avait réussi avant la CCC.

Plutôt bien … mais pas aussi bien que je le planifiais  dans un précédent article :

  • les 4 cycles de 100/120/140/80 km par semaine (3 semaines de montée en puissance + 1 semaine de repos) ? J’ai fait plusieurs semaines à 100 km mais pas plus;
  • faire au moins une sortie longue (>50 km) par mois dans les Ardennes belges ? On oublie, j’ai uniquement fait 5 sorties de plus de 30 km et 3 de plus de 40 km;
  • faire un séjour de 1 semaine de randonnée en autonomie dans les Pyrénées en Juillet ? La semaine s’est arrêtée brutalement à la fin du 3ème jour suite à la dégradation de la météo (de la neige annoncée sur notre parcours !);
  • faire du renforcement musculaire quotidien, principalement au niveau des cuisses (squats) et de la ceinture abdominale (planche) ? Quotidien ??? Je n’avais pas dit mensuel ???
  • les courses de préparation ? Elles sont toutes tombées à l’eau :
    • j’étais en liste d’attente sur le Trail des Cisterciens le 1er Mai (il a bien eu lieu) mais j’ai appris que je pouvais le courir juste après avoir pris RV pour ma première vaccination Covid-19. Je n’ai donc pas participé;
    • l’OHM Trail 80 km a été annulé;
    • je ne me suis pas présenté à l’Ecotrail de Paris le 3 Juillet après avoir été blessé en Juin.

Comme d’habitude, j’ai plein d’excuses : la météo, la vaccination Covid-19 et les blessures, le travail et beaucoup trop d’ambitions quant à mes capacités réelles d’entrainement (140 km en une semaine, même pas en rêve !).

Quel objectif de temps ?

Parlant d’ambitions démesurées, ne me suis-je pas vu trop beau en m’inscrivant à cette course ? Pour être honnête, je stresse beaucoup et une partie de moi ne serait pas vraiment déçue si la course devait être annulée au dernier moment. Le syndrôme UTPMA est de retour 🙂 Par contre, pas question d’abandonner !

J’ai utilisé différentes méthodes de calcul pour évaluer mon objectif.

Comme indiqué sur le site :

« Multipliez par 1,5 à 2 le temps que vous mettez sur cette distance sur un trail classique ! »

Sachant que j’ai couru la CCC à l’étourdissante vitesse moyenne de 4,3 km/h, je pourrais donc viser entre 50h30 (3h30 avant la barrière horaire) … et 67h00 (je serais donc arrêté en plein élan pendant la course).

J’ai fait plusieurs prévisions en me basant :

  • sur le temps du premier (je mets en principe environ deux fois plus de temps que le premier);
  • sur les temps du premier / dernier du 2ème tiers de la course (mon niveau « habituel »),
  • sur les temps des coureurs ayant des performances ITRA proches des miennes (en reprenant une à une les fiches ITRA de l’édition 2020 à partir d’un temps de 48h);
  • sur les performances comparées des coureurs ayant couru UTPMA et Échappée Belle ou CCC et Échappée Belle.

Toutes ces méthodes me donnent un meilleur temps possible de 50 heures, mais j’oscille plutôt entre 52 et 54 heures. Rik-rak…

En bon maniaque d’Excel j’ai aussi fait un calcul scientifique qui, pour chaque tronçon du roadbook, calcule une vitesse moyenne en fonction :

  • du dénivelé,
  • de la difficulté du parcours selon l’organisateur,
  • de mes vitesses ascensionnelles « réalistes » basées sur l’UTPMA, la CCC et ma récente randonnée dans les Pyrénées (avec un sac de 15 kg sur le dos).

J’en arrive au tableau de marche suivant qui me ferait terminer en 49h44′ :

Je sais, c’est idiot mais « rationaliser » contribue à ma préparation psychologique, cela me rassure. 🙂 (Je peux envoyer mon tableau Excel à celles ou ceux que ça intéresse).

Conclusion

Mon seul et unique objectif est d’être finisher, le temps importe peu.

Pour me donner toutes les chances de réussir, je vais essayer de conserver minimum 2 heures de marge sur les barrières horaires.

Au niveau des ravitaillements je prévois de rester le minimum de temps aux « petits » ravitaillements (15 mn max). Je préfère continuer à marcher tout en m’alimentant plutôt que de m’arrêter. Je prévois de rester plus de temps aux deux bases vies (R5 – Le Pleynet et R8 – Super Collet) pour recharger téléphone et montre, me laver, me changer (j’aurai mon sac de délestage), manger un plat chaud et peut-être dormir un peu. Je gérerai mon temps d’arrêt en fonction de la marge de deux heures que je veux conserver sur les barrières horaires.

Plus important que tout : ne pas se blesser bêtement et vue la difficulté du parcours, il va falloir resté concentré en permanence.

L’objectif est très très ambitieux au vu de mes capacités mais je suis bien mieux entraîné qu’avant la CCC. Donc faisable mais tendu. Rendez-vous dans 2 semaines !

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Vaccination Covid-19 et Trail

Grâce à mon âge vénérable (53 ans cette année), me voici vacciné par l’état belge, enfin la région de Bruxelles pour être exact. Je dois d’ailleurs dire que c’était remarquablement organisé, ce qui n’est pas toujours le cas dans le plat pays.

J’ai bénéficié du vaccin Moderna avec 2 injections :

  • la première le 30 avril,
  • la seconde le 28 mai.

Selon ce site (tous les sites reprennent plus ou moins les mêmes chiffres), les effets indésirables les plus fréquemment signalés sont :

une douleur au point d’injection (92 %), une fatigue (70 %), des maux de tête (64,7 %), des myalgies (61,5 %), des arthralgies (46,4 %), des frissons (45,4 %), des nausées ou vomissements (23 %), un gonflement ou une sensibilité axillaire (19,8 %), une fièvre (15,5 %), un gonflement au point d’injection (14,7 %) et une rougeur (10 %). Les effets indésirables étaient généralement d’intensité légère ou modérée et se sont résorbés quelques jours après la vaccination.

Je ne suis pas médecin et ce que je décris ci-dessous ne concerne que ma modeste personne, certains des effets secondaires que j’ai ressentis pouvant être liés à d’autres causes. Il me semble toutefois intéressant de partager mon expérience.

Après la première injection, j’ai été un peu patraque pendant 24 heures, les symptômes ayant débuté environ 4 heures après l’injection. J’avais l’impression d’avoir un début de rhume : nez qui coulait, mal de tête, légère toux. Je suis resté au calme une journée, sans prendre aucun médicament et tout était rentré dans l’ordre le surlendemain du vaccin (que j’avais fait en milieu d’après-midi). Le point d’injection a été douloureux 2-3 jours avec le bras un peu engourdi. Bizarrement un dizaine de jours après l’injection, mon bras est redevenu très dur et rouge au niveau de l’injection, effet qui a disparu au bout de 2 jours.

Je n’ai tout d’abord ressenti aucun effet négatif sur ma performance, bien au contraire dirais-je puisque 3 jours après l’injection j’ai battu mon record personnel du marathon sur une sortie d’entraînement en Forêt de Soignes, passant de 3h50 à 3h35 ! Ai-je trop forcé ce jour-là ? Je ne pense pas. Toujours est-il que j’ai commencé les jours suivants à avoir des douleurs musculaires et ligamentaires très prononcées en haut des cuisses, douleurs qui m’ont contraint à me mettre au repos au bout de 2 semaines. J’ai d’ailleurs toujours des douleurs à la cuisse gauche.

La seconde injection a été beaucoup plus difficile à supporter. Cette fois-ci j’avais l’impression d’avoir attrapé la grippe. Les symptômes ont à nouveau commencé environ 4 heures après l’injection : légère fièvre (38,5 °C), nausées (je n’ai rien avalé pendant une journée), gros mal de tête et courbatures partout dans le corps. Là-encore les symptômes ont miraculeusement disparu 24 heures (quasiment heure pour heure) après leur apparition. J’ai suivi les recommandations du centre de vaccination en prenant un Dafalgan 1g toutes les 6 heures, ce qui me soulageait dans l’heure qui suivait, malheureusement que pour 2 heures environ.

Côté performances, j’ai clairement ressenti des effets négatifs : fatigue générale, augmentation de ma fréquence cardiaque au repos de près de 5 pulsations, manque d’énergie dans mes sorties avec l’impossibilité d’accélérer et toujours des douleurs articulaires et musculaires. Ma sortie d’aujourd’hui (une semaine et un jour après la seconde injection) est la première où je retrouve quelques bonnes sensations.

Que faut-il déduire de tout ça ?

Les douleurs articulaires et musculaires sont-elles dues au vaccin ou au fait que j’ai trop forcé 3 jours après la première injection ? Je n’en sais rien, peut-être les deux. Même si je n’ai pas eu l’impression de forcer lors de cette grosse sortie « record », peut-être mon corps était-il fragilisé par la vaccination. J’ai fait une séance chez mon ostéopathe qui pense que mes douleurs à la cuisse gauche proviennent d’une légère entorse de l’articulation coxo-fémorale (j’avais fait un grand écart quelques semaines auparavant en glissant sur de la boue). Peut-être… Toujours est-il que j’avais également très mal à la cuisse droite qui a guéri un peu plus rapidement.

L’état de fatigue ? J’ai eu des journées de travail intenses et 2-3 mauvaises nuits à cause de la chaleur. Peut-être est-ce la cause de mon état et que ce pauvre vaccin est injustement suspecté.

Pour conclure sur les effets néfastes de la vaccination sur ma performance : « p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non. » Ce n’est pas pour rien que j’ai vécu 4 ans en Normandie 🙂

En consultant le site des autorités sanitaires belges j’ai noté ce tableau de statistiques au 31 mai 2021 :

Si vous calculez le pourcentage de notifications par rapport au nombre de vaccinés, vous obtenez les chiffres suivants :

  • AstraZeneca : 0,52% de vaccinés ayant déclaré un effet indésirable
  • Moderna : 0,44%
  • Pfizer/BioNTech : 0,29%
  • Janssen : 0,19%

Je ne sais pas quoi déduire de ces chiffres : soit les vaccinés Moderna sont un peu plus râleurs (l’état belge aurait-il décidé d’administrer ce vaccin préférentiellement aux français vivant en Belgique ???), soit le vaccin est un peu plus « difficile » à supporter que d’autres. A vous de vous faire une opinion.

Si la vaccination Covid-19 devient annuelle comme celle de la grippe (les autorités médicales commencent d’ailleurs à parler d’une troisième injection « pour renforcer l’immunité »), voici en tout cas ce que je ferai :

  1. Malgré les quelques désagréments ressentis, je me vaccinerai sans hésitation. La Covid-19 est une vraie cochonnerie qui peut vous mettre à plat pour plusieurs semaines, voire pire, sportif ou non. Je trouve idiot de se priver d’un vaccin (désolé pour les amateurs des théories du complot) et vous avez certainement une probabilité plus grande de mourir dans un accident avec votre voiture que des effets secondaires du vaccin;
  2. Un Dafalgan juste avant l’injection et un toutes les 6 heures après l’injection  pendant 24 heures. Je suivrai à la lettre la recommandation du centre de vaccination
  3. Pédale douce sur l’entraînement pendant au moins 1 semaine après l’injection, soit repos intégral, soit petites sorties cool en trottinant.

J’espère que mon état de fatigue va disparaître rapidement, il ne me reste que 76 jours avant l’Échappée Belle !

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Échappée Belle Intégrale / J-125

Comme indiqué dans mon précédent article, l’Échappée Belle Intégrale est MON objectif 2021 et sans aucun doute le challenge le plus ambitieux de ma « carrière » de trailer (chose que j’avais dite avant la CCC), voire « trop ambitieux » par rapport à mes capacités (chose que je n’avais jamais dite jusqu’à présent, estimant avoir toujours choisi des objectifs réalistes).

J’ai prévu de partager ma préparation au travers de plusieurs articles. Le premier de la série est consacré à identifier les principales difficultés et voir comment j’ai prévu d’y remédier … ou pas.

La distance – 149 km

Jusqu’à présent je n’ai couru que 3 fois dans ma vie aux alentours des 100 km :

Il va donc falloir que je cours 50% de plus, sachant qu’à la fin d’aucune de ces trois courses je ne me serais senti capable de courir la moitié en plus 🙂

Comment me préparer ? Je mise sur deux points :

  • ma charge hebdomadaire d’entraînement,
  • des courses tests.

Depuis maintenant un an, ma charge hebdomadaire d’entraînement a varié entre 60 et 100 km (80 en moyenne). Dans les 18 semaines qui précédent la course, je vais essayer de faire 4 cycles de 100/120/140/80 km par semaine (3 semaines de montée en puissance + 1 semaine de repos) dédiant les 2 dernières semaines avant la course à randonner en montagne tout en m’entraînant légèrement les soirs. Cela m’avait plutôt réussi avant la CCC. Notons que j’inclus les kilomètres de randonnées dans mon comptage hebdomadaire de kilomètres. Pour la plupart des concurrents, un ultra-trail est une très longue randonnée faite avec un sac léger. 🙂

Au niveau des courses tests, c’est évidemment plus compliqué :

  • je suis en liste d’attente sur le Trail des Cisterciens le 1er Mai (il aura bien lieu) et je croise les doigts sans trop y croire;
  • le Grand Trail de St-Jacques devait avoir lieu le 5 Juin mais vient d’être reporté au 2 octobre. Je viens de « remplacer » cette course par une inscription à l’OHM Trail 80 km (en espérant qu’il ait lieu). Le trail le plus difficile de Belgique pour préparer l’ultra-trail le plus difficile de France, cela a du sens 🙂
  • Enfin, je me suis inscrit au 80 km de l’Ecotrail de Paris le 3 Juillet. Rien à voir en terme de difficulté mais c’est mieux que rien. Si cette course ne me sera pas super utile en terme de préparation physique (le dénivelé est trop faible), j’espère y faire un bon temps pour tester mon niveau et y emmagasiner de la confiance. Je vais donc la courir au maximum de mes capacités.

Et sinon ? Peut-être que j’essaierai de courir une à deux fois cette distance à l’entraînement. Rien de certain, courir 100 km à l’entraînement, en autonomie totale, n’est pas évident. Peut-être ferai-je deux fois d’affilée le Tour de Bruxelles ? Pas folichon mais logistiquement pratique puisque le trajet passe à côté de nombreux supermarchés ou stations services où il est possible de se ravitailler. Si je peux voyager en France librement, j’irai peut-être aussi courir le circuit des 25 bosses en forêt de Fontainebleau, un parcours très exigeant. Je l’ai fait en randonnant l’année dernière et j’ai fini sur les rotules.

La durée – Plus de 48 heures

Encore pire que la distance : la durée. La barrière horaire est de 54 heures et, vu mon niveau, je vais courir en plus de 48 heures, 2 fois plus  longtemps que la CCC ou l’UTPMA. Le départ ayant lieu à 6h00, cela représente 2 nuits complètes à passer en montagne. Là encore je rentre dans l’inconnu. Je ne vais pas tenter d’habituer mon corps à la privation de sommeil tel un marin au long court. Je ne réussirais qu’à me fatiguer et je ne veux surtout pas me priver du plaisir de connaître les fameuses hallucinations dont sont souvent victimes les trailers sur les durées supérieures à 24h. 🙂 J’aviserai donc sur place. Tout au plus ferai-je quelques sorties longues de nuit.

Le dénivelé – 11.400 m D+ (15 cols)

C’est à cet instant que je me dis que je suis fou : il va falloir encaisser 2 fois le dénivelé de l’UTPMA ou de la CCC avec seulement 50% de distance en plus !

Même avec la meilleure volonté du monde il est quasi-impossible de s’entraîner correctement pour un tel dénivelé en Belgique, à Bruxelles en particulier. Mon record historique à Bruxelles est de 6.300 m D+ … en un mois. Alors je vais jouer sur les paramètres suivants :

  • m’entraîner autant que raisonnable (pour éviter la blessure) à faire du dénivelé autour de chez moi en suivant les conseils de Maître François, à savoir corser mes montées avec des squats en haut des côtes;
  • faire au moins une sortie longue (>50 km) par mois dans les Ardennes belges;
  • faire un séjour de 1 semaine de randonnée en autonomie dans les Pyrénées en Juillet;
  • arriver dans les Alpes 2 semaines avant la course et y randonner à nouveau;
  • faire du renforcement musculaire quotidien, principalement au niveau des cuisses (squats) et de la ceinture abdominale (planche).

L’altitude

Comme si le dénivelé ne suffisait pas à mon bonheur de trailer, il faudra aussi me taper plus de 40 km à plus de 2.000 m.

Vu que je n’ai ni les moyens de m’acheter une tente hypoxique, ni l’envie de payer pour y accéder (je trouve que c’est à la frontière du dopage pour un amateur) et que je ne veux pas paniquer mes voisins en portant un masque hypoxique, mon acclimatation à l’altitude se fera donc uniquement « à l’ancienne », grâce aux 2 semaines sur place prévues avant la course. Bizarrement (et peut-être à tort), cela ne m’effraie pas trop. J’ai déjà couru et randonné à ces altitudes et n’ai jamais ressenti de malaise. Ne perdons pas de vue que la majeure partie du temps je marcherai.

Je ne sais pas encore à quel endroit des Alpes je ferai mes deux semaines de préparation. Même si ce serait sans doute la chose intelligente à faire, je n’ai pas envie de reconnaître le parcours à l’avance. C’est idiot mais j’aurais un peu l’impression de tricher. 🙂 Je pense que j’irai du côté de Serre Chevalier / Briançon où je trouverai des terrains caillouteux un peu plus proches des conditions de course. A moins que je retourne pour la 3ème année de suite à Chamonix, c’est tellement beau…

Le terrain

C’est LE point qui m’inquiète le plus : alors que la CCC était plutôt « roulante » avec des sentiers de bonne qualité, l’Échappée Belle est réputée pour la difficulté et la technicité de son parcours, avec énormément de cailloux. Autour de chez moi je n’ai pas accès à des sentiers techniques de ce type (ni dans les Ardennes belges d’ailleurs).

Faute de mieux, je me contente de faire des exercice de proprioception à la maison sur un plateau et de m’entraîner en descente pour améliorer ma technique et ma confiance. Pour cela j’ai choisi une descente en sous-bois près de chez moi que je cours aussi rapidement que possible. Le fait de connaître le terrain me donne confiance, me permet de me relaxer et me concentrer beaucoup plus sur ma foulée. Ma vitesse augmente … et je gagne en confiance. Un cercle vertueux qui m’a permis de progresser. Même François D’Haene m’a dit que je ne descendais pas si mal que çà 🙂

La chaleur

Il fait souvent très chaud. Que voulez-vous que je vous dise ? On verra sur place… Le risque est de se déshydrater alors je ne vais pas lésiner sur l’eau, rien de pire que se retrouver à sec. Mais j’y reviendrai dans un prochain article consacré à l’équipement et l’alimentation.

Le mental

Comme toujours sur un ultra-trail, le mental est la clef à condition d’échapper aux blessures. Je passerai par des moments où j’aurais envie d’abandonner et il faudra tenir.

Ma préparation psychologique se focalise sur les points suivants :

  • bien m’imprégner du parcours en lisant le road-book, en regardant la carte IGN du parcours et en regardant les vidéos d’anciens concurrents (un peu désespérant, il y a beaucoup d’expériences d’abandons);
  • partir dans l’idée que je vais enchaîner deux UTPMA et découper le parcours en « morceaux d’UTPMA ». Pourquoi l’UTPMA ? A cause de la difficulté des chemins. Ce découpage me permet de calculer par analogie mon tableau de marche et, en course, m’aidera à tenir psychologiquement. Il est plus facile de me dire « il me reste l’ascension du Plomb du Cantal à faire » parce que je l’ai déjà faite plutôt que de se dire « il me reste 8km à 12% de D+ en moyenne« , ce qui est plus nébuleux. C’est très efficace (pour moi) et, dans les moments vraiment difficiles, il m’arrive de recourir mentalement des parcours passés, à l’entraînement ou en course;
  • tout planifier longtemps à l’avance : la matériel, l’alimentation, le tableau de marche espéré, le contenu des sacs de ravitaillement, tout doit être planifié à l’avance. La fatigue nuit à la lucidité et l’incertitude vide psychologiquement. Je pense même écrire précisément sur un carton les étapes de chaque « gros » ravitaillement où je pourrai me restaurer, me changer et recharger ma montre et mon téléphone. Ne pas avoir cette check-list fait perdre bêtement du temps. Sur le dernier gros ravitaillement de la CCC, j’errais comme une poule sans tête, commençant à manger puis à me changer, puis remanger… pour finir par oublier de recharger ma montre. Grrr…
  • positiver : je me laisse jusqu’à fin Mai pour préparer tous les aspects logistiques avec l’approche « qu’est-ce qui peut merder et qu’est ce que je fais pour l’éviter ? » (cet article en fait partie). Le problème est qu’à force de ressasser tout ce qui peut mal se passer, le moral en prend un coup et la peur de l’échec monte. A partir de début Juin, je veux donc me concentrer uniquement sur des images positives et passer de la peur de courir à l’envie de courir. Je ferai ça à grand renfort de photos, de vidéos de montagne; je me projetterai mentalement sur le parcours en imaginant que tout se passe bien. Mes deux séjours en montagne et – je l’espère – un bon résultat à mes deux courses de préparation devraient m’aider à développer un état d’esprit positif.

Les blessures

Par expérience, j’ai trois points sensibles sur les trails montagneux :

  • les chevilles : je travaille sur la proprioception et ma technique de descente comme expliqué précédemment;
  • les cuisses et les lombaires : exercices quasi-quotidiens de renforcement (squats, planche) et de souplesse;
  • les ampoules au pied : je tanne mes pieds chaque soir pour renforcer la peau et je vais acheter des semelles anti-dérapantes SIDAS.

A l’entraînement je suis très attentif aux douleurs et à la première alerte, je lève le pied. Par expérience les « kilomètres en trop » pèsent beaucoup plus en course que les « kilomètres en moins. »

Pendant la course, la technicité du terrain (racines, pierres) rend les chutes, et donc les risques de blessures, très probables. Il faudra donc rester lucide et concentré en permanence. La fatigue psychologique de la course est un élément important à prendre en compte.

Conclusion

Oui, terminer l’Échappée Belle est un énorme challenge mais c’est l’année idéale pour le réussir :

  • je suis dans une forme olympique et j’ai une année d’entraînement « sérieux » derrière moi;
  • je ne souffre d’aucune blessure;
  • j’ai l’expérience de plusieurs ultra-trails;
  • je passerai beaucoup plus de temps à marcher qu’à courir.

Alors j’y crois, et espérons que cette fichue Covid-19 ne viendra pas tout chambouler !

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Bilan de l’année 2020 – Programme 2021

Comme je l’indiquais dans mon précédent article, cette année 2020 aura été un excellent cru en terme d’entraînement, même si je n’ai finalement participé à aucune course.

J’ai la chance de pouvoir télétravailler à 100% et d’habiter en bordure de campagne. Le temps économisé sur les transports me permet d’aller courir 1h00 / 1h30 presque tous les matins et, si je manque la séance du matin, je peux me rattraper le midi. Il est plus confortable de prendre la douche chez soi plutôt qu’au travail. 🙂

Au final, 5 à 6 sorties par semaine pendant presque toute l’année m’ont permis d’exploser de 500 km ma meilleure précédente année (2017) :

  • 2011 : 550 km
  • 2012 : 1.010 km
  • 2013 : 1.480 km
  • 2014 : 1.525 km
  • 2015 : 1.434 km
  • 2016 : 2.063 km
  • 2017 : 3.010 km
  • 2018 : 2.430 km
  • 2019 : 2.271 km
  • 2020 : 3.526 km.

Je me suis assis sur la bonne vieille règle « pas plus de 10% de progression par an » et j’ai (presque) échappé aux blessures. Comme quoi…

Voici ce que cela donne mois par mois :

Au-delà du quantitatif, un peu de qualitatif :

  • 3-4 kg de moins sur la balance, passant durablement en dessous des 60 kg, ce qui ne m’était pas arrivé depuis au moins 30 ans (j’en ai 52 au moment où j’écris ce mail),
  • gain entre 1 et 1,5 km/h de moyenne sur mes parcours, à une fréquence cardiaque moyenne équivalente,
  • VO2max (mesurée par Garmin) qui a progressé de 52 à 57-58,
  • fréquence cardiaque de repos qui est passée de 60-65 à 45-50.

Au passage j’ai battu mon record du marathon en passant sous la barre des 4h00 … sur un parcours de 60 km fait en endurance fondamentale. En résumé : je pète la forme.

Le secret de ce miracle ? Je me suis entraîné sérieusement après 10 ans d’improvisation.

Au tout début du confinement en Mars, je me suis mis à sortir tous les matins, 1h00 sur un terrain vallonné autour de chez moi. Comme nous étions au tout début de la pandémie de Covid-19, je voulais absolument éviter d’attraper un coup de froid et j’ai décidé de courir lentement, pour ne pas m’essouffler. Au fil des semaines j’ai constaté une amélioration de mes performances. Je suis alors passé à la vitesse supérieure : enregistrement sur Training Peaks et achat d’un programme d’entraînement que j’ai suivi quasi-religieusement. Ce plan d’entraînement prévoit 6 séances par semaine avec :

  • 4 sorties courtes (45mn à 1h15) en endurance fondamentale,
  • 1 séance de fractionné, soit en côtes, soit sur le plat,
  • 1 sortie longue (de 2h00 en début de plan à 5h30 au maximum),
  • 1 à 2 séances de renforcement musculaire (je reconnais ne pas avoir été assidu…),
  • un test mensuel de seuil lactique (30 mn couru « à fond ») pour mesurer les progrès réalisés et aligner les zones cardiaques.

Sur Training Peaks (je ferai sans doute un article à ce sujet), il est possible de déplacer les séances sur un agenda pour adapter au jour le jour le plan à vos contraintes personnelles. L’interconnexion avec Garmin fait que vous retrouvez l’entraînement du jour sur votre montre et que vous n’avez plus qu’à le suivre.

Même si ce plan est un peu rudimentaire (pas de travail technique en côte) et répétitif (les semaines se suivent et se ressemblent, seule la durée de la sortie longue et des séances de fractionné augmentent d’une semaine sur l’autre), il m’a permis de bien progresser et, surtout, d’enfin trouver la motivation pour faire des séances de fractionné. J’ai pu aussi me doter d’une batterie d’entraînements types que je peux réutiliser sur ma montre.

Au final une bonne expérience et un conseil : apprenez à courir lentement, en endurance fondamentale. Tous les entraîneurs vous le disent alors écoutez-les, m… !

Courir lentement a eu aussi une autre vertu : j’ai diminué la longueur de ma foulée et augmenté ma fréquence (les deux vont ensemble). Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne me suis pas blessé, malgré l’accroissement important de ma charge d’entraînement. Je n’ai souffert au final que de deux désagréments :

  • une douleur au gros orteil gauche, sans doute un début d’hallux valgus à cause de chaussures trop étroites. Grâce au conseil de mon ostéopathe, j’ai acheté des orthèses en silicone et le problème est depuis presque résolu (je porte l’orthèse pour courir);
  • une probable petite déchirure à la cuisse gauche (suite à un grand écart sur de la boue) qui a disparu au bout de quelques jours de repos.

A part ça rien, en dehors d’un petit rhume et de 18 suspicions d’avoir attrapé la Covid-19 🙂

Quant aux vacances estivales, 1 semaine à Zermatt suivie de 1 semaine à Chamonix avec randonnée tous les jours et sortie trail de 1h00/1h30 au moins un jour sur deux n’ont fait que parachever l’entraînement.

Alors que faire de cette magnifique forme en 2021 ? Je me suis inscrit à 3 courses :

  • la Bouillonnante (50 km) malheureusement reportée au début de septembre,
  • le Grand Trail du St-Jacques (115 km) je croise les doigts pour qu’il ait lieu (il a été annulé l’année dernière),
  • et enfin mon objectif absolu, le plus ambitieux de ma vie de coureur : l’Echappée Belle en version 149 km.

L’Echappée Belle a la réputation d’être l’ultra-trail le plus difficile de France à cause de l’altitude et des sentiers très rocailleux (chose que je déteste !). Une de mes connaissance y a tapé une record abordable parait-il 🙂

J’ai hésité à m’y inscrire, je pense ne pas avoir le niveau suffisant pour la terminer mais il me reste 4,5 mois pour peaufiner ma préparation.  Si je passe au travers des pépins physiques (le terrain est propice aux chutes), le mental sera encore plus que d’habitude la clef. Alors, je veux y croire !

Dernière chose : j’ai à nouveau participé à la loterie UTMB et, à ma grande satisfaction, j’ai encore perdu 🙂 Echappée Belle et UTMB en 2 semaines, c’eût été un peu hard comme programme. 🙂

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Mon stage avec François D’Haene

Voici plus d’un an que je n’ai pas publié d’article, en partie à cause de la pandémie Covid-19. J’ai créé ce blog pour partager des comptes-rendus de courses et l’entraînement d’un « anonyme du peloton ». Et comme les courses étaient annulées les unes après les autres en 2020, j’ai perdu un peu de ma verve littéraire…

J’ai un peu honte de le dire mais cette période difficile a été plutôt bénéfique d’un point de vue trail. J’ai eu la chance d’échapper à la maladie et le passage en télétravail complet m’a permis de dégager plus de temps pour m’entraîner. Même si je n’ai participé à aucune course en 2020, cette année aura été un excellent cru en terme d’entraînement, j’ai fait beaucoup de progrès et j’ai explosé tous mes records. J’y reviendrai dans un prochain article.

Je voulais réserver mon retour aux affaires sur ce blog avec l’événement de ce début d’année (pour moi) : mon stage de trail avec François D’Haene.

C’est une tradition établie depuis maintenant cinq ans, un des meilleurs trailers au monde vient passer trois jours en Belgique (1 soirée de conférence, 2 jours de stage) pour enseigner aux petits belges (et aux français égarés) quelques secrets du trail. Cette visite est organisée par les magasins Trakks dont le fondateur (trailer émérite lui aussi) est un ami de François D’Haene. J’avais fait sa connaissance à l’occasion de l’apéro belge qu’il organise chaque année en prélude de l’UTMB. J’achète régulièrement du matériel dans ses magasins, allez y faire un tour, ils sont souvent de bon conseil car les vendeurs sont eux-même des pratiquants.

Je m’étais déjà inscrit à ce stage il y a deux ans mais je n’avais pas pu y participer à cause de la grippe. L’année dernière j’avais passé mon tour, le mode en itinérance ne me plaisant pas trop. Le troisième essai a été le bon !

La météo des jours précédents n’était pas très rassurante avec du froid, de la pluie et même de la neige annoncées. Au final, nous avons eu beaucoup de chance : le temps a été sec, frais, mais agréable pour courir avec juste ce qu’il fallait de neige et de boue pour se sentir un guerrier.  Un test PCR négatif de moins de 72 heures était requis de tous les participants ainsi que le port du masque dans tous les endroits clos. Très sérieux et rassurant.

Rendez-vous était pris à 8h30 du matin à proximité de Malmédy. Après un petit briefing de 30 mn avec le héros du jour et quelques étirements, nous voilà partis pour 45 km et 1.500 m D+ entrecoupés d’arrêts/ateliers pendant lesquels François D’Haene nous distillait sa science. Il était par ailleurs accompagné de son responsable « chaussures » chez Salomon. Le midi, nous avons fait une pause dans un chapiteau extérieur devant la Brasserie Belgium Peak Bear où nous avons mangé quelques boulettes de viande (nous ne sommes pas loin de Liège) généreusement accompagnées de la bière locale. En fin de journée je commençais à être bien fatigué, d’autant plus que j’étais totalement à court d’eau, une de mes gourdes ayant percé.

Voici le parcours, qui empruntait largement l’Extratrail Noir de Malmédy (j’ai déjà dit beaucoup de bien des sentiers Extratrail) :

Total distance: 43.6 km
Max elevation: 696 m
Min elevation: 333 m
Download file: Stage FDhaene.gpx

Je n’ai pas pris beaucoup de photos, le rythme étant assez soutenu. Quand nous ne courions pas, nous écoutions religieusement le Maître qui nous faisait souffrir avec quelques exercices.

(je précise qu’il avait emprunté les bâtons à un participant, je ne veux pas qu’il ait des problèmes avec son sponsor « bâtons » à cause de moi :))

Au final, une journée intense où nous avons même escaladé (en courant à plat, c’est la Belgique) le point culminant de la Belgique. Vous trouverez plus de photos sur la page Facebook des magasins Trakks. J’ai aussi discuté avec plusieurs participants et ai trouvé une autre victime de la SaintéLyon 2019 🙂

François D’Haene

Très sympathique, disponible, didactique, humble. Une gentillesse et une proximité étonnante pour un athlète de haut niveau. Il s’est intéressé à chacune/chacun d’entre nous, prenant le temps de répondre à nos questions, de nous observer et nous prodiguer ses conseils (que je reprends plus bas). J’ai un petit peu papoté avec lui et scoop (pour moi au moins) : il pense s’inscrire à la Hardrock et à l’UTMB en 2021.

Ce qui ressort de lui : une grande « coolitude ». La compétition oui, mais pas au détriment de la qualité de vie. A m’en donner des complexes…

Amusant : il n’avait pas couru depuis Noël et a repris l’entraînement à l’occasion des stages. Second scoop qui explique beaucoup de choses : il ne court pas, il vole. Sa foulée est d’une légèreté impressionnante, il passe à côté de vous sans que vous ne l’entendiez arriver. Étonnant.

Le vin de François D’Haene

En plus d’être trailer, François D’haene est aussi vigneron, personnalité de l’année 2020 pour la RVF (voila ce que j’appelle réussir sa vie :-)). Je suis amateur de vin en général, et de Beaujolais en particulier (je célèbre scrupuleusement le Beaujolais Nouveau depuis 30 ans et j’ai été quasiment baptisé dedans étant natif de St-Etienne). Comme la plupart des stagiaires j’en ai profité pour acheter son vin et plus particulièrement :

  • le Beaujolais villages « la Germaine » 2019 : correct, un peu trop acide à mon goût. je conseille de le boire un peu frais
  • le Moulin-à-Vent 2017 : EXCELLENT, j’en ai déjà commandé plus 🙂
  • Coffret collector trail Diagonale des fous : très chouette esthétiquement, pas encore goûté, je le réserve pour un cadeau.

Évangile selon Saint François D’Haene

Voici en vrac ce que j’ai retenu (et compris) :

Entrainement pour trail montagneux en Belgique

  • Varier les allures au cours de la séance (par exemple, pyramide 1mn rapide / 1mn lente puis 2mn rapide / 1mn lente puis 3mn rapide / 1 mn lente et refaire dans l’autre sens)
  • Pour compenser la faible longueur des côtes, « charger » plus les cuisses en faisant des squats en haut des côtes ou en montant à cloche-pied (développe aussi la proprioception).

Technique de montée

  • Penché sur l’avant, petits pas en appuyant sur les cuisses, utiliser des bâtons dès que le terrain le permet (pas trop de pierres)
  • Suivre le terrain autant que possible en évitant les « montées d’escaliers » pour préserver les quadriceps

Utilisation des bâtons

  • En montée normale, accompagner le mouvement des jambes en alternant
  • En cas de « marche » à franchir, soulager les cuisses en s’appuyant fortement sur les deux bâtons
  • En descente, uniquement si le terrain est très accidenté, pour soulager les cuisses
  • Bien attacher les bâtons sur le sac à dos pour qu’ils ne bougent pas en courant. Sur les sac Salomon, les bâtons se rangent dans un sac spécial (https://www.i-run.be/accessoires/B-tons-de-marche_c1017/Salomon_m96/Salomon-Custom-Quiver_Salomon_fiche_58625.html) fixé en diagonale sur l’arrière du sac (petit crochet caché en haut de la bretelle)
  • Les bâtons doivent être un peu plus haut que la position des coudes à 90°

Technique de descente

  • Chercher le terrain en contrôlant la foulée et en évitant les sauts pour épargner l’énergie et éviter les chocs sur les cuisses
  • Penché sur l’avant, petits pas en atterrissant sur l’avant/medio pied (et pas sur le talon) pour profiter au maxium du cramponnage des chaussures et moins glisser. La position penchée en avant « bloque » la cheville et évite les entorses
  • Pieds toujours dans le sens de la descente et pas en position de carres comme sur les skis

Technique de course

  • Réserver une fin de séance 2-3 fois par semaine pour apprendre à courir légèrement, sans faire de bruit. Progrès garanti en quelques semaines

Pieds

Etirements

  • Pas de règles, suivant le ressenti de chacun
  • Éviter les étirements en fin de séance lourde
  • En course, possible de faire 2-3 étirements doux pour redonner de la longueur aux muscles
  • Se concentrer sur les sensations pour voir si un côté est plus tendu que l’autre et accentuer les étirements sur la partie plus tendue pour rétablir l’équilibre
  • Quelques étirements :
    • Cuisses : debout, plier une jambe et tirer avec la main
    • Ischio : jambes écartées, se pencher alternativement sur les côtés en faisant glisser la main sur la jambe
    • Position squat + lever le bout des pieds
    • Fentes

Alimentation

  • Respecter autant que possible le rythme normal (3 repas par jour, à heures fixes)
  • 600 ml de boisson d’effort par heure + 2/3 barres pour les creux
  • Ne pas prendre trop de nourriture et d’eau, prendre le nécessaire pour tenir entre deux ravitaillements
  • Tester à l’entraînement pour trouver quelque chose qui fonctionne et ne pas changer, surtout au dernier moment

Matériel (généralités)

  • Bien se renseigner sur son sac à dos en magasin pour trouver la bonne taille (et éviter les frottements en course) et en connaître les subtilités, notamment au niveau des attaches
  • Tester la totalité du matériel (et l’alimentation) avant la course cible, lors des entraînements et idéalement de courses de préparation.

 

CONCLUSION

Une super journée. Un grand merci à l’équipe Trakks pour cette organisation, à François D’Haene et son ami Félix pour leur présence et leur disponibilité. J’ai eu l’impression de courir avec le pote d’un pote, et pas avec un des meilleurs trailers (et donc athlète) du monde. D’ailleurs je n’ai vu personne lui demander un autographe ou une photo, je trouve que c’est un signe.

Si je peux vous donner un conseil : inscrivez-vous l’année prochaine !

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Hourrah ! J’ai perdu à la loterie de l’UTMB !!

Comme je l’expliquais dans mon précédent article, je me suis inscrit cette année à la loterie de l’UTMB en espérant bien ne pas être sélectionné cette année.

Pari gagné ! J’ai perdu à la loterie et j’aurai donc plus de chances l’année prochaine … si d’ici là je change d’avis et je décide finalement de courir l’UTMB malgré ce que je me suis promis à la fin de la CCC.

Mon premier objectif de l’année 2020 est atteint : me laisser un an de réflexion 🙂

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Bilan de l’année 2019

Cette année 2019 restera dans mon esprit comme mi-figue, mi-raisin.

Sur le strict plan strictement comptable, je devrais être satisfait puisque j’ai fait de bons résultats sur les 3 courses auxquelles j’ai participé :

  • j’ai battu mon record sur le 20 km de Bruxelles (1h30’19 contre 1h35’24 en 2016);
  • j’ai fait un très bon temps sur le Trail de Bruxelles – 33 km (2h51’55, 36ème au scratch et 3ème de ma catégorie d’âge);
  • et j’ai enfin couru la CCC, dans un temps meilleur que mes rêves les plus fous.

Youpi !!! Je suis le meilleur !!!

Mais cette année, il y a eu beaucoup de points noirs :

  • maladies et blessures se sont enchainées tout au long du 1er trimestre (lumbago, grippe, fasciite plantaire, tendinite aux 2 tendons d’Achille);
  • du fait de ces pépins de santé, mon (ambitieux) programme de course n’a pas été respecté, notamment pas de Bouillonnante, ni de Grand Trail du St-Jacques;
  • pour la même raison, j’ai aussi manqué en Février le stage de trail avec François Dhaene (qui revient cette année mais je ne me suis pas inscrit, un peu trop tôt dans l’année et le format me plait moins);
  • j’ai été un peu déçu par l’ambiance de la CCC (que j’idéalisais sans doute un peu trop);
  • comme d’habitude après voir accouché d’un gros objectif (UTPMA en 2018, CCC en 2019), j’ai vécu ma dépression post-partum et ai un peu perdu l’envie de m’entrainer sur le second semestre. Je n’ai d’ailleurs pas publié mes articles habituels (qui n’intéressent que moi) depuis Juin.

Au final, voici mon kilométrage depuis mes débuts en 2011 :

  • 2011 : 550 km
  • 2012 : 1.010 km
  • 2013 : 1.480 km
  • 2014 : 1.525 km
  • 2015 : 1.434 km
  • 2016 : 2.063 km
  • 2017 : 3.010 km
  • 2018 : 2.430 km
  • 2019 : 2.271 km

Pas top … mais pas trop mal au vu de mes pépins de santé.

Voici ce que cela donne mois par mois :

Remarquons au passage le crétinisme dont j’ai fait preuve : malade ou blessé de début Janvier à mi-Février, j’ai mis les bouchées doubles en Mars pour « rattraper le temps perdu ». Résultat : je me suis explosé les tendons début Avril … ce qui ne m’a pas empêché de courir le 20 km de Bruxelles comme un dératé alors que je commençais à peine à aller mieux (ce qui m’a probablement fait rechuter). Bravo l’artiste !

J’ai repris l’entrainement « normalement » en Juillet, après guérison quasi-complète. En Août, j’ai privilégié la randonnée en montagne. En Septembre, j’ai logiquement levé le pied pour reprendre sérieusement en Octobre. Sur Novembre et Décembre, la seule maladie dont j’ai souffert est la fainéantise. La bise étant venue, la cigale n’avait plus envie de sortir dans le froid et sous des cieux maussades.

En 2020, j’entame ma dixième année de course et je ne sais pas encore de quoi elle sera faite.

Je travaille toujours sur mon projet « Saint-Jacques de Compostelle » et j’espère planifier une semaine début Juillet entre le Puy-en-Velay et Conques (la Via Podiensis, environ 240 km à parcourir, très ambitieux). D’ici là, je me testerai sur la voie qui part de Bruxelles en direction de Paris (Via Brabantica et Via Gallia Belgica). Je dois voir ma capacité à enchainer plusieurs jours à 30 km de moyenne, avec sac à dos.

J’ai fait une chose très surprenante : m’inscrire à l’UTMB 2020. Oui, je sais, j’ai écrit que je ne voulais pas la courir et je n’en ai toujours pas l’intention en 2020. En participant (et en perdant :-)) au tirage au sort en 2020, je me laisse plus de chances pour 2021, si d’aventure je changeais d’avis. Si je gagne au tirage au sort, j’aviserai… Le 9 janvier, je croise donc les doigts pour ne pas être sélectionné. 🙂

A part ça, je regarde quelques courses qui me tentent :

J’aurai les idées plus claires d’ici 2-3 semaines.

D’ici là, bonne année 2020 !

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Runnexplorer, le gars qui a tout compris

Tout a commencé par un article poussé par un de mes comparses d’entrainement sur un trailer ayant relié la ville italienne de Trieste à Monaco par la Via Alpina en 44 jours.

Je voulais faire un article intello sur « le syndrome Forrest Gump » qui pousse de plus en plus de trailers à délaisser les trails classiques pour s’engager sur des aventures au long cours (ou au moins à y songer). Volonté d’aller toujours loin ? Lassitude vis-à-vis des courses « classiques » ?

Mais en grattant un tout petit peu, j’ai trouvé le trailer à l’origine et j’ai trouvé son blog super sympa : Runnexplorer. Exactement le type de gars que je voudrais être :  quelques courses par ci, par là histoire de briller en société et surtout des grands trails en autonomie.

Allez sur son site, son Instagram, sa chaine Youtube, … ça en vaut la peine.

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Enfin un ultra-trail à 5 points UTMB en Belgique

Même si le nouveau mode de sélection est plus permissif, reste qu’il faut collecter 10 points en 2 courses pour s’inscrire (à la loterie) à l’UTMB. Or il n’est pas facile de collecter plus de 5 points UTMB quand on habite en Belgique … ou alors cela coûte cher en voyages (je parle en connaissance de cause :-)).

En 2019, seul le Dernier Homme debout permettait d’atteindre théoriquement 5 points UTMB, mais c’est une course en circuit très particulière avec une boucle à répéter toutes les heures. L’année dernière seulement un coureur s’est engagé sur le 20ème tour fatidique permettant d’atteindre le nirvana des 5 points. Donc, si vous avez besoin de 5 points pour vous inscrire à l’UTMB, il est préférable de viser une autre course.

La bonne nouvelle est l’arrivée en 2020 d’un « vrai » ultra-trail de 159 km (4.159 m D+), reconnu comme course qualificative de l’UTMB (ce qui n’était pas le cas des 100 miles de Spa qui a disparu au bout de 2 éditions), dans la région de Spa, sur les sentiers Extratrail dont je ne pense que du bien : l’Ultra-Trail des Sources. Le gros avantage de cette course est que son parcours est fléché en permanence (comme je l’ai vu en Suisse à Grindelwald ou Zermatt). Vous pouvez donc le reconnaître presque n’importe quand dans l’année (du 1er mars au 15 septembre, d’après le site mais je ne vois pas ce qui vous empêche de le faire à une autre période).

J’avais déjà repéré ce parcours Extratrail et envisagé de le courir en solo, pour le plaisir, en 2 étapes (en passant une nuit dans un hôtel). Après avoir couru 3 courses de plus de 100 km (Radicassant, UTPMA et CCC), monter au moins une fois à la distance supérieure me titille un peu. Ce trail serait une marche (ah, ah, ah) intermédiaire idéale : accroitre la distance de 60 km tout en restant dans les mêmes dénivelés. Seul problème : la course est organisée en Août et je ne suis pas de l’été.

On verra d’ici là, je ne pense pas qu’il y ait de grosses tensions sur les inscriptions. Pour le moment, je travaille sur mon projet « Saint-Jacques-de-Compostelle » qui prend forme peu à peu.

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