Inscription CCC 2018, Alea Jacta Est (bis)

Après l’échec de l’année dernière, mon frère et moi retentons notre chance pour la CCC 2018, cette fois-ci avec un coefficient 2 (donc 2 fois plus de chances d’être sélectionnés).

Nous croisons les doigts pour que cela passe cette année. Courir la CCC l’année de mes 50 ans, cela aurait de la gueule 🙂

Réponse le 11 janvier 2018 à 10:00.

Si je suis sélectionné : champagne ! Mon dernier verre d’alcool pour plusieurs mois…

Si je ne suis pas sélectionné: il me restera l’UTPMA et je serai 100% sûr de courir la CCC en 2019. La vie est belle 🙂

J’attends donc le 11 janvier pour définir mon programme 2018 et mes congés.

En attendant, voici un petit teaser :

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Entrainement Novembre 2017

Je suis un peu partagé sur mon entrainement de Novembre.

Du point de vue positif : 266 km, avec 5 sorties à plus de 25 km. Je reviens dans mes statistiques des « bons » mois après mon coup de mou du mois d’Octobre.

Du point de vue négatif : seulement 14 sorties, j’espérais passer à 4/5 sorties par semaine, je n’en suis qu’à 2/3 max. Là-encore le couple météo/boulot m’a été fatal.

Pour ajouter au marasme, trois déceptions :

En résumé, un mois de Novembre  couci, couça. Heureusement, Décembre a commencé de bien meilleure manière : j’ai pu m’inscrire à l’UTPMA ! Elle n’est pas belle mon Auvergne ? Je le courrai malheureusement seul, mon frère ayant de bonnes raisons de déclarer forfait.

Le 14 décembre à 10h00 les inscriptions à la CCC ouvrent, j’espère être tiré au sort, réponse le 11 janvier.

Pour le mois de Décembre, je vais être modeste. Vacances, boulot et météo font que je vais manquer beaucoup de week-ends de course. Mon seul objectif : atteindre la barre des 3.000 km. Il ne me reste que 130 km à faire. Je le sens plutôt bien. 🙂

 

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Trail de la Primavera, grosse déception

Voici plusieurs mois que j’avais mis à mon programme 2018 le Trail de la Primavera, je me réjouissais par avance au vu du teasing fait depuis quelques semaines par les organisateurs et j’avais coché le 15 Novembre sur mon calendrier pour m’inscrire.

Las, patatras, voici le nouveau concept inventé par les organisateurs :

Après trois éditions, nous avons décidé de changer complètement le concept de notre organisation. Inspirée par la créativité d’autres (dont Laz, le célèbre organisateur de la célèbre Barkley), l’organisation du trail de la Primavera lance cette année un concept unique.

Une boucle de 7,3 kilomètres à parcourir au maximum 24 fois. La seule contrainte, c’est de boucler chaque tour en moins d’une heure. De 7,3 à 175 kilomètres, toutes les distances sont donc possibles! A chaque tour, les coureurs n’ayant pas parcouru la distance endéans l’heure sont éliminés. Juste qu’à ce qu’il n’en reste qu’un, « Le dernier homme debout ».

Je trouve le concept NUL et j’en ai marre que la Barkley devienne l’Alpha et l’Omega du trail. En plus, comparer une boucle de 7,3 km parfaitement balisée avec le parcours de la Barkley, permettez moi de rigoler. Autre problème : l’organisateur annonce 5 points ITRA pour ceux qui boucleront au moins 20 tours (soient 146 km et 5800 D+). Mais j’ai quelques doutes : le comptage des points ITRA contient une règle de décote des nombres de points en fonction du nombre de ravitaillements (et si on s’arrête à chaque tour, difficile de ne pas considérer cela comme un ravitaillement) et une règle de décote pour les courses en tour. Donc je suis très, très dubitatif sur le nombre de points annoncés par l’organisation. Wait and see… Pour le moment la course n’apparait ni sur le site ITRA, ni sur le site de l’UTMB.

Pour conclure, NON au principe de faire l’écureuil pendant plusieurs heures, je cours pour le plaisir des paysages et donc pas d’inscription à la Primavera 2018 en ce qui me concerne. Je vais chercher une autre course pour le mois de Mars, aux alentours des 100 km.

Correction du 9 décembre : la course apparait maintenant sur le site de l’ITRA avec :

  • 5 points pour 20 boucles,
  • 3 points pour 14 boucles,
  • 2 points pour 10 boucles,
  • 1 point pour 6 boucles.

J’ai du mal à comprendre. Le trail est censé être une course en semi-autonomie…

Toujours pas de trace sur le site UTMB par contre.

 

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Entrainement Octobre 2017

Mois pitoyable : 11 sorties, 153 km et 2.000 m de D+. J’espérais faire beaucoup mieux il y a un mois ! Plus mauvais mois de l’année et plus mauvais mois d’octobre depuis 2014 🙁

Un grand bol de mauvais temps, un monceau de travail avec déplacements à la clef et une pincée de démotivation en sont les principales raisons.

Heureusement j’ai fini fort et commencé Novembre sous de meilleurs auspices (et pas hospices, la santé va bien) : après le Trail de Bruxelles, j’ai enchainé une semaine de vacances dans ma campagne natale où j’ai bien mangé, bien bu (+2 kg en rentrant) mais aussi bien couru : 80 km en 5 jours avec 1.500 m D+, le tout à plus de 11 km/h de moyenne. La patate est de retour.

Prochain objectif probable le 10 Décembre : le Trail de la Forêt de Meerdael (27,7 km, 520 m D+). J’attends encore 2/3 semaines avant de me décider, en fonction de mes entrainements en Novembre.Le 14 Novembre, je dois aussi passer mon premier test VMA (que j’avais reporté en Octobre). A part ça le Trail de la Primavera – mon premier objectif 2018 – a commencé un teasing d’enfer. J’attends avec impatience le 15 novembre pour savoir ce qu’ils nous concoctent. Sans doute un ultra-trail… Si c’est aux alentours de 100 km, je me laisserai peut-être tenter, même si c’est un peu tôt dans l’année.

A l’heure où j’écris (5 novembre) il me reste 300 km à courir pour atteindre les 3.000 km annuels. J’y crois toujours autant 🙂

 

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Trail de Bruxelles – 29 Octobre 2017

Le week-end dernier, j’ai couru la deuxième édition du Trail de Bruxelles, sur deux distances :

  • le 28 km à 10h,
  • le 6 km à 15h15.

Ce trail emprunte les sentiers de la forêt de Soignes, le poumon vert de la périphérie Bruxelloise dont j’avais déjà parlé précédemment.

L’organisation

Le départ a lieu au centre sportif de la forêt de Soignes. L’accès en est aisé, en voiture comme en métro (arrêt Hermann Debroux sur la ligne 5 à 1,3 km, 15 mn à pied). Le nombre de places de parking est limité mais il est possible de se garer dans les rues environnantes (désolé pour les riverains). Gros avantage : des vestiaires et douches sont à disposition au centre sportif. Il y a même une brasserie pour prendre un petite bière à la fin de la course. Après l’effort, le réconfort comme le dit toujours mon frère. 🙂

Le parcours est fléché par des panneaux à chaque intersection. Pas de rubalise (ce qui est écologiquement préférable) et, de toutes façons, il y a toujours des coureurs aux alentours, impossible de se tromper. Le parcours est agréable, privilégie les sentiers de fond de vallée et est sans difficulté. La forêt de Soignes contient plein de petits raidillons bien casse-pattes mais l’organisation a visiblement décidé de les ignorer.

J’ai 4 reproches à faire à l’organisation :

  • la dépose des sacs au vestiaire était mal organisée : les deux jeunes pleins de bonne volonté perdaient bêtement du temps à attacher eux-mêmes les étiquettes au sac. Il aurait suffi de joindre à chaque dossard une étiquette avec le numéro du dossard et basta, la file aurait été 2 fois plus rapide;
  • le ravitaillement en fin de parcours était copieux mais pas assez large. Résultat : une file de coureurs pour accéder au 2m linaires du ravitaillement. Il aurait suffi d’ajouter 1 ou 2 tables;
  • pas de médailles : oui, j’insiste, je trouve sympa d’avoir une médaille souvenir et mon fils était déçu;
  • le prix : 28 Euros pour 28km, ce n’est pas donné et il n’y a même pas de médaille (j’insiste lourdement).

A part ça, pas de gros reproches, un parcours sympa et facile.

Trail de 28 km

Voici le parcours :

Distance totale: 27.71 km
Durée totale: 02:54:06
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Le dénivélé total est de 390m. Je l’ai couru cool en 2h54, avec une collègue d’entrainement. Du 6 au 21ème kilomètre, nous étions dans la partie de la forêt que j’arpente régulièrement lors de mes entrainements. Au confort physique d’un parcours facile, j’ajoutais le confort psychologique d’emprunter des sentiers que je connais bien 🙂 Deux ravitaillements bien achalandés sur le parcours, à 10,5 km et à 22,5 km.

Trail de 6 km

Voici le parcours :

Distance totale: 6.63 km
Durée totale: 00:45:51
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Le dénivélé total est de 87m. Je l’ai couru encore plus cool en 45’52, avec mon épouse et mon fils pour qui c’était le premier trail. Ils ont bien couru régulièrement et ont fini très contents. Mon fils avait tout de même quelques courbatures les deux jours suivants. C’est le métier qui rentre. 🙂

Conclusion

Un trail facile, dans un coin sympa, bien organisé quoiqu’un peu cher. Je suis resté sur ma faim au niveau difficulté. Mais comme il est dans une période creuse de l’année, pas exclus que j’y retourne dans les années à venir, pour faire un temps. Un 20 km de Bruxelles en forêt… Au passage, le 28km rapporte un point ITRA.

Prochain objectif probable le 10 Décembre : le Trail de la Forêt de Meerdael (27,7 km, 520 m D+). Il semble un peu plus difficile (130m de D+ supplémentaire) et j’essayerai d’y faire un bon temps. J’attends encore 2/3 semaines avant de me décider, en fonction de mes entrainements en Novembre. Le mois d’octobre a été très décevant à ce niveau-là, j’y reviens dans mon prochain article.

 

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Entrainement Septembre 2017

Pas grand chose à dire sur ce mois de septembre : 246 km en 14 sorties pour seulement 3.250 m de dénivelé, le tout en incluant ma participation au Trail d’Opale (86 km en 2 jours pour un D+ total de 1.290 m).

Même s’il s’agit de mon meilleur mois de Septembre (précédent record : 210 km l’année dernière), je reste sur ma faim. Depuis la course, je n’ai réussi qu’à m’entraîner trois puis deux puis une fois par semaine. Deux raisons à cela : beaucoup de travail (exit les sorties en semaine) et, depuis quelques jours, une blessure bénigne mais douloureuse : un ongle incarné au pied, ce qui m’a conduit à reporter mon test VMA. Dire que j’avais pensé un moment m’inscrire au Marathon de Bruxelles qui se court ce week-end !

Heureusement, tout va s’arranger en Octobre avec en ligne de mire le Trail de la Forêt de Soignes. J’espère revenir à 3/4 séances par semaine. Mon objectif annuel était de 2.500 km, j’en suis aujourd’hui à 2.453. Du coup, je vise la barre des 3.000 km. 547 km en trois mois, c’est largement faisable.

 

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Trail de la Côte d’Opale – 9 & 10 Septembre 2017

J’imagine déjà que l’un de mes 5 fidèles lecteurs s’est dit « Le Trail de la Côte d’Opale est fini depuis 2 semaines et toujours pas d’article sur Ultramabouls. L’autre gros malin qui annonçait dans un précédent article  2h30 pour le 24km et 8h15 pour le 62 km a dû se planter et a honte de l’avouer en public ».

Que nenni !  Le gros malin avait du travail ces derniers jours et a juste mis un peu de temps à écrire son article. Mon frère et moi avons bel et bien terminé le « Challenge 86 km » du Trail de la Côte d’Opale et récupéré les 4 points ITRA tant attendus. A nous l’inscription à la CCC fin décembre pour – je l’espère – un tirage favorable début 2018 !

Le parcours

Sur la route de Wissant le vendredi soir, je n’étais pas très confiant : il tombait des trombes d’eau (il « drachait » comme disent les Belges … ou les Ch’tis) mais les Dieux étaient avec nous puisque nous avons eu très beau temps le Samedi et un temps couvert avec seulement quelques gouttes de pluie le Dimanche. Le lundi matin, rebelote : il pleuvait des cordes. Nous avons vraiment eu beaucoup, beaucoup de chance.

J’avais emprunté la GoPro de mon fils mais le résultat n’est pas à la hauteur de mes espérances (en gros j’ai merdé), je vais donc illustrer le parcours en « empruntant » des photos.

Samedi 9 septembre – Le 24 km

Voici le parcours enregistré par ma montre :

Distance totale: 23.7 km
Durée totale: 02:18:06
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Le départ s’effectue sur la plage de Wissant, à marée basse. La plage s’étend sur environ 12 km entre les Caps Blanc-Nez au nord et Gris-Nez au sud. Elle est très plate et quasiment totalement recouverte à marée haute. A marée basse, il subsiste de nombreux trous et des cours d’eau : impossible de ne pas se mouiller les pieds.

Les organisateurs doivent jongler avec les heures des marées. Le départ du 24 km (seul ou couplé avec le 62 km du lendemain) a lieu à 12h00, en même temps que le 7 et le 14 km. Cela fait du monde sur la plage : plus de 3.500 coureurs.

(Image La Voix du Nord)

Sans surprise, au bout de la plage quasiment 5 km plus au sud, cela bouchonne. Pas grave, nous ne sommes pas là pour faire un temps. Nous prenons notre mal en patience et finalement ne perdons pas trop de temps, 3-4 mn à tout casser. A partir de là, nous longeons la côte sur le haut de la falaise pendant environ 1 km. Nous redescendons presque au niveau de la mer pour remonter en traversant le village de Framezelle au pied du Cap Gris-Nez. Jusqu’à 11,5 km, nous suivons le sentier de la falaise, moyennement vallonné, sans grandes difficultés et il est assez facile de doubler. Voici à quoi cela ressemble :

Au bout de 11,7 km (juste avant le village d’Audresselles), nous rejoignons la D940 sur 50 m puis repartons vers le Nord pour rejoindre l’arrivée. Nous courons alors sur des chemins au milieu des champs. Au 14,5 km, le parcours fait une étrange épingle à cheveux d’environ 1,2 km aller-retour. Dommage pour ceux qui décident de continuer tout droit (soyons honnête, je n’en ai vu aucun), il y a un contrôle au bout de l’épingle. 🙂

Depuis le début, je sens que mon frère n’est pas en grande forme. A 14 km, il commence à fatiguer et je le lâche à chaque micro-accélération. A 17,3 km et d’un commun accord, je l’abandonne et je place une bonne accélération de 3 km/h pendant 3 km environ et je remonte de nombreux coureurs.

A partir de 19,8 km, le parcours traverse les dunes du Châtelet sur un sentier de sable bien mou.

La moyenne s’en ressent tout de suite, je renonce à courir et marche la plupart du temps. Au bout de 1 km, nous rejoignons la plage. Deux heures après notre départ, la mer est bien montée et recouvre totalement la plage ! Il faut trottiner environ 1.500 m sur des galets en faisant surtout attention à ne pas se tordre bêtement la cheville. On revient alors dans les dunes pour émerger finalement à 22,8 km sur la jetée. Il reste alors 800 m à faire que je cours à fond, en remontant là encore un bon paquet de coureurs.

Au final je finis en 2h18 (12 mn de mieux que prévu) et mon frère arrive 9 mn plus tard. A ce moment de la journée, il n’est pas très confiant … et moi non plus. Il se plaint de la chaleur mais c’est peut-être le poids des années puisqu’il fête ses 43 ans le jour même. Quant à moi, tout va bien. Pas de fatigue, pas de douleurs, je me sens en pleine forme. La course était sympa, pas difficile du tout, sous le soleil avec une agréable température. La première moitié était vraiment agréable à courir, sur le haut des falaises avec la vue sur la mer et les côtes anglaises au loin. La seconde partie à l’intérieur des terres était beaucoup moins intéressante, en dehors du passage dans les dunes du Châtelet.

Dimanche 10 septembre – Le 62 km

Après un repas de merde (j’y reviens plus loin) et une bonne nuit de sommeil, nous voici de retour sur la plage de Wissant, à 8 heures du matin.

La météo est moins agréable que la veille : le ciel est très nuageux, les températures sont en baisse et il y a beaucoup de vent. Vu l’état de forme de mon frère la veille, j’ai peur que cela soit difficile. Il y a moins de monde au départ (724 coureurs), on est entre gens sérieux avec seulement les participants du 62 km. Au lieu de partir plein sud, nous partons plein nord cette fois-ci, en direction de l’obélisque tout au fond (le petit trait qui dépasse au sommet à gauche).

Voici la trace GPX :

Distance totale: 62.78 km
Durée totale: 07:30:34
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Comme la veille, les premiers kilomètres s’effectuent sur la plage. Je découvre un peu tard que ma poche à eau fuit par le haut, je vais passer l’ensemble du trail avec les fesses mouillées. Apparemment on n’attrape pas de rhume par là, sinon j’y avais droit. 🙂 Au bout de 5 km, nous sortons de la plage au niveau du petit blockhaus (les Allemands ont laissé beaucoup de souvenirs dans la région…) et rejoignons l’obélisque du Cap Blanc-Nez.

Mon frère m’inquiète : il trottine bien, comme à la belle époque, et j’ai peur qu’il parte trop vite et explose un peu plus loin. En fait il tiendra jusqu’à la fin de la course sur ce rythme, une vraie résurrection par rapport à la veille. Si je ne le connaissais pas, je pourrais le soupçonner de prise de produits illicites dans la nuit de Samedi à Dimanche 🙂

Les 20 kilomètres suivants du parcours sont les plus difficiles de la journée. Nous allons enchainer 5 côtes assez sèches, chaque fois d’une centaine de mètres de dénivelé, toujours sur des sentiers avec de belles vues sur la mer. Nous faisons au passage une petite pause au ravitaillement de Hervelinghen, à 21 km du départ. Plutôt que de nous arrêter longuement, nous préférons manger en marchant. Toujours ça de pris et cela évite de se refroidir.

Au kilomètre 30, nous voici de retour sur la plage de Wissant. Nous reprenons le parcours de la veille mais le passage sur la plage est bien plus difficile : il y a un vent de face particulièrement fort.  Le ravitaillement en eau au 34ème kilomètre est le bienvenu, ma poche à eau était vide et je commençais à me déshydrater. J’engloutis presque 1,5 l d’eau. Au 40ème kilomètre, au niveau de la D940, nous continuons vers le Sud au lieu de revenir à travers champs vers Wissant comme sur le 24 km. Nous enchainons alors 2 plages, celle d’Audresselles :

et celle d’Ambleteuse avec, au passage, le Fort Vauban. En traversant la Slack à côté du Fort, nous avons de l’eau au niveau du genou.

Nouveau contrôle à l’extrémité Sud du parcours avant d’entamer la remontée vers Wissant en traversant tout d’abord la zone protégée des Dunes de la Slack. Aucun fléchage, mais ce n’est pas nécessaire, il y a un seul sentier, parfois sur des passerelles en bois, qui serpente dans les dunes et au milieu des pins :

Faites la randonnée à l’occasion, cela en vaut la peine.

A partir de là, la remontée sur Wissant s’effectue sur des sentiers moins intéressants et réemprunte le parcours du 24 km fait la veille. Nous nous arrêtons à peine au ravitaillement des 51 km dans une salle des sports et nous remontons les concurrents du 42 km partis 1h30 plus tard que nous. Nous finissons en 7h30 (au lieu des 8h15 prévus), sans trop de fatigue comme le remarque notamment deux charmantes dames à l’arrivée. Le lendemain, j’étais déjà prêt à recourir.

L’organisation

L’organisation était un peu chaotique pour retirer les dossards : une heure d’attente, dont une demi-heure passée devant un garde de sécurité à qui il ne serait pas venu à l’idée de nous informer que nous attentions au mauvais endroit. Le village de départ n’était accessible que par une seule entrée avec fouille des sacs. C’était tellement bien protégé que ça nous a dissuadé de le visiter. 🙂

Autre petit défaut : il y a un petit peu trop de courses différentes. Le départ groupé du Samedi est spectaculaire (type Enduro du Touquet) mais crée des embouteillages en bout de plage. Dommage pour ceux qui voudraient faire un bon temps.

En dehors de ces deux petits défauts, le parcours est magnifique, un vrai trail alternant plages de sable et de galets, chemins et seulement quelques rares portions goudronnées, le tout avec des points de vue splendides. Sur le parcours, aucun problème de fléchage. Il faut dire que nous n’avons jamais été seuls. Les ravitaillements étaient corrects (on n’y a presque pas touché). En récompense, nous avons eu deux médailles (une pour le 24 et une pour le 86) et un tee-shirt technique Décathlon qui semble de bonne qualité (je l’ai essayé le week-end suivant).

Le conseil du jour

Si vous cherchez à manger sur Wissant, évitez la paella du restaurant le Vivier, en face de l’église : 35 Euros pour une assiette creuse remplie d’une paella insipide baignant dans l’eau, accompagnée de trois cubes de poisson probablement congelé (il faut dire que nous sommes tout de même à 25 km du premier port de pêche français), une langoustine, 2 crevettes, une coque de 1 cm et 2 tranches de chorizo (pour les plus veinards), j’appelle ça de l’arnaque à trailers. Ne comptez pas sur les desserts pour vous rattraper, insipides eux aussi.

Visiblement, je ne suis pas le seul à « apprécier » la cuisine locale. Dommage, l’hôtel et son annexe sont corrects (nous y avons couché) et la patronne et le personnel sympa.

Cela vaut-il les 4 points ITRA ?

Clairement, non. Faire 24 km le premier jour et ensuite 62 km le lendemain après une bonne nuit de repos n’a rien à voir en terme d’effort avec courir 86 km d’une traite. En plus réemprunter une partie des sentiers du 24 km le lendemain ajoute un confort psychologique. Il y a vraiment un problème sur le calcul des points ITRA.

Conclusion

Dans mon précédent article, j’annonçais :

  • 2h30 pour le 24 km que j’ai en fait couru en 2h18 (2h27 pour mon frère),
  • 8h15 pour le 62 km que nous avons couru ensemble en 7h30.

Nous finissons au milieu du classement, la vie est belle. Comment expliquer cette belle (pour nous) performance ? Tout d’abord un parcours beaucoup plus facile que je ne le pensais et un frère en bien meilleure forme que prévu. En plus notre compatriote Thierry Breuil a remporté son 6ème TCO. Vive la Corrèze !

Si vous voulez récupérer 4 points ITRA faciles dans le Nord, venez  courir le Challenge 86km. Si vous voulez faire un chouette trail long, venir courir le 62 ou le 42 km. Si vous voulez courir un trail court sympa, venir courir le 24 ou le 31 km.

C’est en tout cas le plus beau trail que j’ai couru à ce jour et la région vaut la peine pour les accompagnants. Ma femme et mon fils ont profité du dimanche pour faire une balade de 17km en bord de mer et sur les falaises, ils étaient ravis.

Je vais maintenant prendre un peu de repos, plus psychologique que physique. Mon prochain objectif est le Trail de la Forêt de Soignes où je suis inscrit sur deux distances :

  • le 28 km à 10h que je courrai en mode cool,
  • le 6 km que je courrais à 15h15 avec ma femme et mon fils. Leur premier trail !

Ensuite une semaine de vacances en Corrèze où j’espère accumuler du dénivelé et explorer une journée durant les sentiers de l’UTPMA que je vise en Juin 2018.

 

 

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Trail de la Côte d’Opale J-3

Dans 3 jours, mon frère et moi courrons ensemble le « Challenge 86 km » du Trail de la Côte d’Opale :

  • Samedi 9 Septembre : 24 km avec un départ à 12h sur la plage de Wissant;
  • Dimanche 10 Septembre : 62 km avec un départ à 8h00.

Si nous finissons les deux courses, nous récupérerons 4 points ITRA.

Osons maintenant faire l’exercice que j’affectionne tant et qui est une partie intégrante de ma préparation psychologique : les prévisions de temps de course. Comme le dirait Audiart :

L’enjeu

Récupérer 4 points ITRA ne m’est pas indispensable pour m’inscrire à l’édition 2018 de la CCC. J’ai besoin (si les règles ne changent pas) de 8 points en 2 courses sur 2016 / 2017 et j’en ai déjà 9 dans ma besace : 4 (facilement) acquis sur l’Ecotrail de Bruxelles 2016 et 5 (chèrement) acquis sur le Radicassant 2017. Je peux donc y aller cool et profiter de la beauté des paysages entre le Cap Blanc Nez et le Cap Gris Nez. Mon seul enjeu est de terminer, si possible dans un bon temps et en bonne santé physique. Si je finis la course, je serai même serein pour l’inscription à la CCC 2019 🙂

Pour mon frère, c’est un peu plus chaud. Il n’a à ce jour que les 4 points glanés lors de la Barjo 2016. Ses occasions de récupérer 4 points supplémentaires d’ici la fin d’année sont plus rares (à moins de faire des kilomètres de déplacement) et il est donc quasi-indispensable pour lui de terminer cette course. Après des mois de faible activité, il a enfin fait une bonne préparation en Août : 15 sorties / 230 km / 4.700 m de dénivelé. Comme le fond est là depuis des années,  cela devrait passer.

Objectif sur le 24 km

Il ne faudra pas trop forcer en prévision du lendemain mais il n’est pas agréable de courir « vite » sur un faux rythme. Je pense donc que chacun de nous « fera sa course ».

Le parcours est accessible ici. Les 5 premiers kilomètres du parcours vont être difficiles : 4,5 kilomètres sur la plage du Châtelet, dans le sable, avec un ralentissement annoncé par l’organisation en fin de plage. La marée sera basse à 10h10 et nous partons à 12h00. J’ai bon espoir de courir sur un sable pas trop mou et je vise une moyenne de 8 km/h sur cette partie. A la fin du parcours, 2,5 km à nouveau dans le sable. La fatigue s’ajoutant à la montée sur la Dune du Châtelet, je prévois un modeste 7 km/h. Le reste du parcours est vallonné mais correspond à mes terrains habituels d’entrainement, j’espère donc un 10,5 km/h de moyenne. Le tout devrait me donner un temps entre 2h30 et 2h35. Selon les résultats de 2016, un tel temps me mettrait entre la 300 et 400ème place, soit le premier tiers du classement. Pour être un petit peu ambitieux, je vais viser 2h30, mais si je fais plus, ce n’est pas grave. L’essentiel est de ne pas me griller pour le lendemain.

J’ai customisé une app Suunto simpliste que j’utiliserai le jour de la course pour me donner en temps réel, sur la base de la vitesse moyenne depuis le départ, le temps estimé d’arrivée. Cela me donnera une indication  sur mes chances d’atteindre mon objectif de 2h30. Si à l’entrée sur la plage dans les derniers kilomètres, la prévision est déjà supérieure à 2h30, inutile de forcer 🙂 J’ai renoncé à faire une app plus complexe qui prendrait en compte mes moyennes estimées par tronçon.

Vous pouvez trouver l’App ici.

Objectif sur le 62 km

Par le passé, mon frère m’a toujours trainé sur les courses. Pour une fois, je suis a priori en meilleure forme que lui mais je l’accompagnerai jusqu’au bout. Pas question qu’il ne finisse pas la course et me laisse seul sur la CCC dans 1 an ! Qui sait, c’est peut-être moi qui serait bien content de l’avoir si j’ai un coup de pompe sur le parcours. Le trail n’est pas une science exacte. L’avantage de courir à 2 est que l’on a rarement une baisse de moral en même temps. L’autre peut alors vous botter les fesses pour avancer. Mon frère est expert dans la matière, croyez-moi sur parole.

Le parcours (que vous pouvez trouver ici) est semblable à celui du 24 km, avec 38 km en plus 🙂 4 km de plage en direction du Cap Blanc Nez, re-4 km aux alentours du 30ème kilomètres où l’on reprend le début du parcours du 24 km et finalement 2,5 km en fin de parcours. Cela va bien casser les pattes tout ça … mais pas plus qu’un Trail de Spa 2015 qui faisait presque le double de dénivelé. Je pars donc sur une moyenne identique de 7,5 km/h sur l’ensemble de la course, ce qui me donne environ 8h15, aux alentours de la 400ème place sur 650. Cohérent…

Le passage le plus risqué sera au trentième kilomètre : nous repasserons alors à Wissant, à quelques centaines de mètres de notre hôtel, et la tentation sera alors grande d’abandonner parce qu’après tout « j’en ai pas besoin de ces foutus points ITRA et il me reste 200 km de voiture pour rentrer à Bruxelles » pour l’un et « j’avais de toutes façons décidé de ne plus courir de 100 km après la Barjo, il me fait chier l’autre grand con avec sa CCC. » Il va y avoir des culs à botter à ce moment 🙂

L’enjeu étant de terminer, j’ai customisé une autre app Suunto pour me donner le temps restant avant la prochaine barrière horaire.

Vous pouvez la trouver ici.

Total sur le Challenge 86 km

Résumons-nous : 2h30 au 24 km + 8h15 au 62 km = 10h45 au Challenge 86 km, dans un monde idéal. Pas loin de mon temps à l’Ecotrail de Bruxelles il y a un an. Rendez-vous dimanche soir pour voir si mes prévisions auront été exactes. 🙂

Une motivation supplémentaire pour courir ?

Le Francois D’Haene (bravo à lui !) ou le Kilian Jornet du Trail de la Côte d’Opale s’appelle Thierry Breuil. Il a gagné au moins 3 des éditions précédentes du TCO : 2013, 2015 et 2016 et il est prévu qu’il court lui aussi le 62 km.

Thierry Breuil est un « pays » (à prononcer « païs ») : il habite à proximité de Brive-la-Gaillarde et s’entraine quotidiennement dans la région. Il vient de courir l’OCC (la « petite » course de 56 km de l’UTMB) qu’il a terminé à la 44ème place pour « s’entrainer ». Il faudra donc que nous soyons au niveau pour faire tous les 3 honneur à la Corrèze 🙂

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Entrainement Août 2017

Fin Juillet, j’annonçais un objectif très ambitieux : « 300 km, la majeure partie en côtes » afin de préparer sérieusement le Trail de la Côte d’Opale début septembre. Objectif atteint et même dépassé puisque j’ai couru 313 km avec 4.750 m de dénivelé.

J’ai notamment profité de deux semaines de vacances en Algarve (plus précisément ici) pour courir sur des terrains semblables à ceux que je rencontrerai sur le Trail de la Côte d’Opale : longues plages de sable, montées abruptes sur des falaises, sentiers de douaniers et routes … la chaleur en plus (plus de 30°C). Résultat : 208 km en 12 jours, le tout couplé avec un régime poissons / fruits de mer / (presque) 0 alcool pendant 2 semaines.

Au Portugal, j’étais un peu inquiet : je n’arrivais pas à dépasser les 11 km/h et je peinais durant presque toutes mes sorties. Sans doute l’effet de la chaleur que je supporte difficilement parce que, de retour à Bruxelles, tout va bien. J’ai fait plusieurs sorties à plus de 12 km/h, y compris sur des parcours sur lesquels je n’avais jamais réussi à atteindre cette vitesse. Tous les voyants sont donc au vert, je vais faire une dernière semaine cool avec 2/3 sorties à petite vitesse. Le tout est de ne pas se blesser bêtement, ni d’attraper une crève.

Mais le vrai scoop de la période est que mon épouse s’est mise à la course et qu’elle aime ça. Pour le moment elle se contente de sorties de 5 à 7 km à petite vitesse, 2 à 3 fois par semaine. Je cours avec elle, ce qui est très agréable et me donne l’occasion de faire ces fameux footings de récupération dont on parle dans les plans d’entrainement. Son ambition est de courir le 10 km d’Uccle en Mai 2018. Nous verrons si les bonnes résolutions passeront les pluies d’automne et le froid de l’hiver. 🙂

Place maintenant au Trail de la Côte d’Opale le week-end prochain. Article à venir pour en parler plus en détails…

Après la course, je prendrai un peu de repos : une semaine de coupure complète suivie de deux semaines de retour pépère aux affaires. Le 3 Octobre, j’ai un test VMA planifié avec un coach, j’y reviendrai dans un futur article. Mes prochains objectifs :

Nous en reparlerons d’ici là…

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Un vent de la révolte souffle contre l’ITRA (et l’UTMB)

Le Hardrock 100 est un ultra-trail américain qui se déroule au Colorado, toutes les années au mois de Juillet depuis 1992. Deux éditions ont été annulées en 1995 (trop de neige) et en 2002 (feux de forêt). A son palmarès, pas que des inconnus :

Côté dames, re-cocorico avec la victoire non moins épique de Caroline Chaverot cette année et la 3ème place de Nathalie Mauclair. J’avoue ne connaitre aucune des lauréates précédentes (la plupart n’ayant couru qu’aux USA), ce qui n’enlève rien à leur mérite !

Cela fait partie des courses que j’aimerais courir … mais que je ne courrai probablement jamais. A presque 50 ans, déjà bien si j’arrive à courir l’UTMB un jour.

Les organisateurs du Hardrock 100 viennent de publier une tribune contre l’ITRA et le mécanisme des points UTMB dans le magazine Ultrarunning. En voici une traduction personnelle :

Pourquoi nous ne payerons pas : l’UTMB, l’ITRA ou le racket du « payez pour avoir des points »

Il y a plusieurs semaines, nous avons reçu un mail de Catherine Poletti qui, avec son mari Michel, est propriétaire de l’UTMB et de l’ITRA. Ce mail expliquait en substance que Kilian Jornet (le dernier vainqueur du Hardrock) voulait courir l’UTMB mais que, comme le Hardrock 100 n’avait pas payé pour rejoindre l’ITRA, Kilian Jornet n’avait pas les points UTMB nécessaires. Donc, pour résumer, le Hardrock 100 n’accepterait-il pas de payer pour que Kilian puisse courir ? Notre réponse est non. Et voici pourquoi.

Pour ceux qui ne connaissent pas la procédure, l’UTMB exige que les ultra-trails paient une cotisation annuelle à l’ITRA pour être habilités à octroyer des « points de qualification ». Notre position est claire : l’UTMB est cordialement invitée à utiliser les résultats du Hardrock 100 comme critère d’admissibilité à sa course, mais nous n’avons aucune raison de les payer pour le faire. De nombreuses autres courses, par exemple la Run Rabbit Run, la Bighorn et la Wasatch, ont également été approchées par l’UTMB et l’ITRA et incitées à payer pour être habilitées à octroyer des points UTMB.

Beaucoup d’entre nous ont également été contactés par des coureurs qui ont été invités par l’UTMB / ITRA à inciter les directeurs de course à payer les frais d’enregistrement afin que les coureurs puissent obtenir des «points ». Certains coureurs nous ont demandé pourquoi beaucoup d’entre nous ont refusé.

Premièrement, rappelons que c’est la décision de l’UTMB d’adopter une qualification basée sur des «points» (par opposition, par exemple, à une loterie). Nous ne pensons pas être tenus de payer pour le programme de qualification de l’UTMB. Deuxièmement, l’UTMB et l’ITRA sont des entreprises à but uniquement lucratif, avec des revenus estimés en millions d’euros. Il est difficile de ne pas penser que l’exigence de «payer des points» pour  les courses n’est autre chose qu’un nouveau moyen de maximiser ce qui est déjà une entreprise très rentable. Bien que nous ne reprochions pas à l’UTMB et l’ITRA de chercher à maximiser leurs bénéfices, leur programme « payer pour des points » ne contribue absolument pas au bon fonctionnement de notre sport. Ils ne font aucune inspection des courses auxquelles ils attribuent des «points», ne font aucun effort pour vérifier si ces évènements sont sûrs, bien organisés ou répondent à de quelconques normes minimales et, pour autant que nous le sachions, ils n’ont jamais refusé d’attribuer des «points» à un organisateur qui était prêt à payer. D’ailleurs, comme de plus en plus d’Américains souhaitent participer à l’UTMB, certains nouveaux événements avec peu ou pas de d’historique (voire un mauvais) ont constaté que «payer des points» était un moyen facile pour eux de générer des inscriptions.

En raison de diverses restrictions fédérales, au niveau des États ou au niveau local, les ultra-trails américains n’ont pas la possibilité de lancer dix mille coureurs sur leurs parcours, ce que l’UTMB peut faire, et ne peuvent donc pas générer les mêmes revenus que l’UTMB. Même si les courses américaines le pouvaient, beaucoup d’entre elles choisiraient de ne pas le faire, considérant que c’est contraire à l’esprit de l’ultra-trail. Nous reconnaissons que, à mesure que notre sport grandit, une commercialisation croissante et un désir de monétiser la popularité de ce sport sont inévitables, et en effet, pour le meilleur ou pour le pire, l’UTMB et l’«Ironmanisation» de notre grand sport semblent être un avenir inéluctable. Mais, bien que nous comprenions bien pourquoi de nombreux coureurs veulent courir l’UTMB, ce ne sont pas les valeurs que nous pensons être les meilleures pour notre sport ou que nous souhaitons promouvoir.

Nous n’avons aucun problème pour que l’UTMB utilise nos courses comme qualification. Mais aucune autre course – y compris des courses populaires et emblématiques telles que la Western States 100, la Hardrock 100 ou les marathons de Boston ou New York – n’ont jamais cherché à gagner de l’argent sur le dos des autres courses en échange d’un classement.

Nous ne paierons donc pas. Et nous espérons que les coureurs comprendront pourquoi.

Hardrock Hundred
Run, Rabbit, Run 50 and 100 Mile Runs
Speedgoat 50K
Wasatch Front 100
San Diego 100 Mile Run
Cascade Crest 100 Mile Run
Angeles Crest 100 Mile Run
Grindstone 100 Mile Run
Big Horn Trail Runs

La réponse de l’ITRA

Le 4 juillet dernier (je suis en retard dans mes articles…), l’ITRA a répondu via un communiqué de presse que vous pouvez trouver ici en version française. Il répond point par point à la tribune du HardRock 100 et je vous invite à le lire en détail. On peut y apprendre beaucoup de choses, notamment sur les « millions » générés par l’ITRA (956 Euros de bénéfices en 2016 et 2008 Euros espérés en 2017…).

Qu’est-ce que je pense de tout cela ?

Donnons la parole à un coureur lambda, un soutier, un anonyme du peloton dont le seul objectif sera toujours de terminer les courses dans de bonnes conditions : moi 🙂

La popularité du trail ne fait que croitre depuis ces dernières années. La création d’une structure au niveau mondial était donc inéluctable au vu des enjeux financiers. L’ITRA a le mérite d’exister, leur gouvernance est ouverte comme le montre les dernières élections de l’Assemblée Générale et l’UTMB est loin d’y être surpuissante. Prenons la pari que le trail deviendra sport olympique d’ici 20/30 ans et ce sera probablement l’ITRA qui accompagnera ce mouvement au fil des années.

L’argument financier des organisateurs du Hardrock 100 me semble vaseux et plus une position de principe : la cotisation annuelle ITRA d’un organisateur est liée à son budget inscriptions et s’échelonne de 30 à 500 Euros (voir Annexe 3 de ce document). Dans le cas du Hardrock 100, leur budget inscription est de 145 coureurs x 295 $ = 42.775 $, soit environ 37.500 Euros. Leur cotisation annuelle à l’ITRA se monterait donc à 150 Euros. Cela me semble largement abordable. Avec cette cotisation, l’organisation a accès à une panoplie de services, dont le service d’évaluation des courses.

La décision de l’UTMB d’imposer des courses qualificatives est un choix raisonnable et professionnel. Une telle course ne s’improvise pas et il ne faut pas plaisanter avec la santé des coureurs. Au lieu de limiter les courses de qualification à un petit nombre (comme le fait le Hardrock 100), l’UTMB a fait le choix d’ouvrir son système de qualification à théoriquement n’importe quelle course dans le monde en attribuant à chaque course des points suivant une méthode transparente. Les coureurs ne peuvent que s’en féliciter, j’aimerais pouvoir me qualifier pour le Hardrock 100 sans devoir aller courir aux USA. Il y a eu des abus de certains organisateurs dans le passé sur la déclaration des dénivelés, j’en ai été victime il y a quelques années. Offrir un service d’évaluation du dénivelé indépendant de l’organisateur était donc quelque chose d’indispensable. Le fait que l’ITRA héberge ce service au lieu que ce soit l’UTMB me semble positif : chaque trail peut ainsi s’appuyer sur une méthode commune d’évaluation. Certes tout n’est pas encore parfait : comme je l’avais évoqué dans un précédent article, la méthode actuelle de calcul des points avantage les formats Ecotrails qui – hasard – font partie des membres fondateurs. Mais, là encore, cela a le mérite d’exister.

En tant que coureur non affilié à l’ITRA, je suis satisfait des services qui me sont offerts gratuitement :

  • le calendrier des courses avec une évaluation impartiale des points,
  • la gestion de mon (modeste) palmarès,
  • une mesure de ma performance,
  • une inscription facile à certaines courses comme l’UTMB.

Pour finir, les organisateurs du Hardrock 100 sont de bons donneurs de leçons, c’est oublier que l’honnêteté de leur système de loterie a été largement remise en cause et les a conduit à rembourser les coureurs qui n’avaient pas été sélectionnés à la loterie (ce que l’UTMB a toujours fait de son côté).

Donc, même si tout n’est pas encore parfait, je dis « vive l’ITRA » 🙂

 

 

 

 

 

 

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