Une nouvelle course : le Spa Vertical Race

Spa est vraiment la capitale belge du trail !

Après le célèbre Trail de Spa (que j’ai déjà couru en 2014, 2015 et 2018), le beaucoup moins célèbre 100 miles de Spa (le seul ultra-trail au format UTMB de Belgique à ma connaissance), voici une nouvelle course qui me semble sympathique : le Spa Vertical Race organisé pour la première fois le 15 août 2018.

Le concept est original :

  • un trail de 13 KM avec 500m D+ et 5 côtes chronométrées démarrant à 13h00,
  • une finale à 14h30, sur une seule côte, regroupant les 10 premiers hommes et les 10 premières femmes,
  • des courses de 1,5 et 3 km pour les enfants,
  • cerise sur le gâteau, inscription gratuite et possibilité d’essayer les modèles route et trail de Décathlon.

Tout ceci a l’air bien séduisant. Dommage, j’aurai de la famille ce jour-là et je ne pourrai pas y participer. L’année prochaine peut-être…

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Entrainement Juin 2018

Voila un article dont j’aurais pu me passer tant mon mois de Juin a été modeste en terme d’entrainement. Pour résumer :

  • 5 entrainements,
  • 5 jours de repos,
  • l’UTPMA,
  • 9 jours de repos,
  • 2 entrainements.

Grâce à la course, je finis quand même avec 233,2 km / 7.650 m D+, le meilleur mois de Juin de ma « carrière ». 🙂

La reprise après-course est difficile, d’autant plus qu’il fait très chaud à Bruxelles ces derniers jours. Le mois de Juillet ne s’annonce pas exceptionnel non plus puisque je ne courrai pas pendant 2 semaines complètes. Je ne me fixe donc pas d’objectif précis, à part 3/4 sorties par semaine. J’ai vraiment besoin de me reposer mentalement. Les choses redeviendront sérieuses en Août, l’envie devrait être revenue d’ici là.

A partir du mois de Septembre, je me suis inscrit à la Zatopek académie (Zatac pour les intimes). J’en ai de bons échos de mes collègues de course, les séances ont lieu à proximité de mon lieu de travail les Jeudi à 19h00 et cela me donnera une motivation pour faire du fractionné au moins une fois par semaine. Sinon, je crois que je n’y arriverai jamais…

 

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La bière du trailer

Ce n’est pas un scoop : la Belgique est le pays de la bière. Rien de surprenant à voir apparaître maintenant la bière du trailer : la Tharée.

Un de ses promoteurs est un trailer d’excellent niveau. Je n’ai jamais eu l’occasion de la goûter mais si c’est sa bière qui le fait courir si vite, je vais peut-être m’y mettre 🙂

A consommer avec modération bien sur…

PS : Merci à la Spa-Reine pour l’info.

 

 

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UTPMA – 16 juin 2018

Ça y est, je suis finisher de l’UTPMA (depuis 1 semaine) mais que c’était dur ! Je termine 261ème (33ème de ma catégorie d’âge), en 22h22’40. Je suis donc censé exulter selon mes prévisions faites 5 jours avant la course.

Sur les 660 partants, seulement 437 coureurs ont rejoint l’arrivée. 1/3 d’abandon, c’est dire la difficulté de la course qui s’est pourtant déroulée sous des conditions météorologiques idéales : pas de vent, pas de pluie, pas de chaleur. Notre compatriote Thierry Breuil (qui avait aussi couru le Trail de la Côte d’Opale en Septembre) termine quant à lui 6ème en 14h06’24. Il aurait presque pu boucler 2 tours alors que je n’en bouclais qu’un seul 🙂

Point amusant : je termine 1er Belge … sur 1 seul participant Belge … tout en étant Français. J’aimerais bien que les organisateurs de courses ne confondent plus nationalité et pays de résidence. Vous pouvez trouver plein d’autres d’informations intéressantes sur le site https://utpma.livetrail.net/ qui permettait de suivre « en temps réel » la course, y compris avec une app pour smartphones. Vraiment bien fait, j’espère que son usage se généralisera à de nombreuses courses.

De toute ma vie, je ne pense pas avoir fait un effort physique aussi intense. Moralement, je suis passé par plein de sensations différentes, me sentant capable de finir l’UTMB pour décider 20 km plus loin d’arrêter définitivement la course à pied. Pour résumer : un ultra-trail  🙂

Pour décrire mes émotions, je m’appuie sur la terminologie de la roue des émotions de Robert Plutchik qui m’a semblé bien adaptée pour décrire ce que j’ai ressenti. Un peu de culture ne fait de mal à personne, merci Ultramabouls. 🙂

J-4 à J-2 avant la course, l’appréhension

Ma femme, mon fils et moi quittons Bruxelles mardi après-midi pour passer le mercredi en famille à Paris. L’objectif est de couper le long trajet (900 km) en deux parties et de me détendre un peu au passage. Mission à moitié réussie : mon oncle, qui connait bien la région d’Aurillac, me qualifie de « fou » quand il voit le parcours. Pas fait pour me rassurer…

Le lendemain, nous faisons route jusqu’à un petit village à 15 mn en voiture d’Aurillac : Tessières-les-Bouliès. Nous y avons loué un chalet par AirBnB, le gite de la Roque. Parfait de bout en bout, je recommande (sauf au moment de l’UTPMA si je décide de le recourir un jour :-))

Le soir, l’auberge au centre du village ouvre exceptionnellement pour nous (si, si, incroyable) et nous mangeons très bien pour 45 Euros pour 3 (foie gras, brochettes, dessert et un verre de vin). Le patron / cuisinier / serveur est aux petits soins pour nous. Là encore, une adresse que je recommande chaudement.

J-1 avant la course, la peur

Commençons par un point négatif concernant l’organisation : le planning de la journée est très mal fait. Le voici :

  • Retrait des dossards : 10h à 20h
  • Dépôt des sacs en base vie : 16h à 22h30
  • Briefing : 18h

Sachant que la course démarre à 00h01, vous êtes condamné à errer autour du parcours à partir de 18h00 si vous ne logez pas à proximité. Personnellement, je choisis d’aller chercher mon dossard le matin, de sauter le briefing et d’arriver juste avant la fermeture pour la remise des sacs. Dans les faits, il semblait encore possible de récupérer son dossard et de déposer son sac bien après 22h30. J’aurais pu rester une heure de plus tranquille au chalet. Râlant…

Le samedi matin, il pleut des cordes quand je vais chercher mon dossard vers 11h00 du matin. J’ai mal dormi et me suis réveillé très tôt, vers 5h du matin. A midi, nous mangeons dans un restaurant qui n’est pas à la hauteur de celui de la veille. On me sert une andouillette trop cuite accompagnée de frites trop grasses et cela finit de me gâcher le moral. 🙁

L’après-midi, ma femme et mon fils partent randonner pour me laisser faire une sieste. Peine perdue, je ne dors pas du tout. La tension ne fait que monter. Je suis toujours stressé avant une course mais cette fois-ci, c’est le summum. Je pense que je serais joyeux si la course était annulée au dernier moment et j’ai une furieuse envie de rentrer chez moi.

Après un bon plat de pâtes, nous reprenons le chemin d’Aurillac vers 21h15 pour déposer mon sac en base vie, sac que je retrouverai au ravitaillement du Lioran le lendemain à mi-parcours. J’essaye ensuite de dormir un peu dans la voiture avant de rejoindre la ligne de départ vers 23h30. L’accès au sas se fait après contrôle du sac pour s’assurer de la présence de la couverture de survie, du sifflet, de la veste Gore-Tex et d’une réserve d’eau. Une croix rouge est inscrite sur le dossard, croix qui sera contrôlée au premier ravitaillement. On sent que ce n’est pas de la rigolade. Je regarde les concurrents autour de moi et je vois que je ne suis plus tout à fait dans la même dimension que mes courses habituelles : pas de petit gros bedonnant mais uniquement des personnes affutées. Beaucoup ont le masque, les rares rires sont nerveux. J’ai quant à moi le regard d’une vache que l’on conduit à l’abattoir. Le speaker demande une lampe de rechange pour un trailer qui a oublié la sienne. Je fais comme si je n’avais rien entendu alors que j’ai deux lampes dans mon sac. J’en aurai peut-être besoin et franchement cela ne fait pas très sérieux d’oublier sa frontale…

23h45 : petit feu d’artifice puis musique rock. Bon point pour l’organisation : ils ne se sentent pas obligés de copier l’UTMB en diffusant du Vangelis. 🙂 L’attente est interminable, les minutes durent des heures. A 00h01, les fauves sont enfin lâchés.

Jour J, la course

Voici la trace GPX du parcours :

Tronçon n°1 : Aurillac – Lavernière Velzic 17,3 km – 669 m D+, l’acceptation

Tout mon stress disparait miraculeusement au moment du départ. Je me fais une raison, je sais que je vais souffrir mais je l’accepte. Beaucoup de monde au départ pour applaudir (et ce sera le cas sur l’ensemble du parcours), on se sent (un peu) un héros. 500 m de plat pour se lancer et les affaires sérieuses commencent avec une côte sèche qui étire immédiatement le peloton. On passe rapidement sur des sentiers. Cette première partie de course est très agréable : la température est douce, le peloton des coureurs dessine un ligne lumineuse le long des pentes et nous croisons quelques vaches de Salers qui nous regardent passer en ruminant, d’un air placide, peut-être en se demandant qui sont ces étranges animaux qui courent pendant la nuit.

Ce premier tronçon ne présente pas de vraies difficultés : les sentiers sont de bonne qualité, souvent sur herbe. 2 descentes un peu raides et boueuses mais rien de bien méchant. Ça ne va pas durer… J’arrive au premier ravitaillement au bout de 2h08, sans problème.

Les bénévoles sont tous habillés à la mode disco avec des perruques de couleur. Sympa 🙂 Le buffet est à la hauteur : soupe, saucisson, Cantal, TUCs, cake, chocolat, fruits secs… Tout ce qu’un trailer affamé peut réclamer. Je grignote, remplis ma réserve d’eau (mon frère m’a conseillé de bien m’hydrater), je sors mes bâtons du sac et je repars. Il fait encore nuit.

Tronçon n°2 : Lavernière Velzic – Col du Pertus – 16,6 km – 1.096 m D+, la confiance

Les choses sérieuses commencent 300m après le ravitaillement : un côte bien raide. Je n’avais jamais couru avec des bâtons et je ne regrette pas mon achat : c’est génial. Après ce raidillon, la pente s’adoucit et on monte, on monte pendant des kilomètres.  Magnifique impression de voir devant et derrière le sentier lumineux créé par les frontales des coureurs qui serpente sur les montagnes. Deux descentes bien raides et boueuses au passage suivies d’un sentier escarpé et très pierreux sur la crête avant de rejoindre le sommet de l’Elancèze (1.571 m).  Les premières lueurs du jour apparaissent. Je me sens bien, la confiance me gagne. La descente sur le Col du Pertus est abrupte, glissante. Au ravitaillement, 2 coureurs sont déjà allongés dans la tente médicale. Petit arrêt pour recharger mon bidon et je repars.

Tronçon n°3 : Col du Pertus – Le Lioran – 19,2 km – 1.054 m D+, la sérénité

Le début est facile, au milieu d’une forêt de sapins bucolique. Les 8 premiers kilomètres sont vallonnés suivi d’une descente sur le village des Gardes où un contrôle et un ravitaillement en eau sont prévus. Une dame me signale gentiment que j’ai oublié d’éteindre ma frontale. J’en profite pour la ranger dans mon sac.Un peu plus loin un participant s’est allongé sur la terrasse d’une maison pour piquer un petit somme. Amusant…

Nous entamons alors la montée (raide) vers le sommet de la course (et le 2ème plus haut sommet d’Auvergne) : le Plomb du Cantal (1.885 m). J’en profite pour prendre quelques photos. On aperçoit au loin le Puy Mary où nous passerons plus tard en venant des crêtes par la droite :

Nous progressons à un bon rythme, en file indienne sur un sentier très agréable, environnés de fleurs et de genêts :

Au sommet de la petite butte, nous arrivons au pied de la première grosse difficulté de la journée : le Arpon du Diable. 5 km et 720 m D+ (un bon 15 %) avec interdiction d’utiliser les bâtons. Je le monte à petits pas, à mon rythme et lâche 2/3 concurrents au passage. Le paysage est magnifique.

Arrivé au sommet du Arpon, le brouillard s’est malheureusement levé.

On suit la crête du volcan (avec du vide de chaque côté) pour rejoindre sans difficulté le sommet du Plomb du Cantal où le monsieur sur la photo me prend en photo avec 2 compagnons de lutte que je ne reverrai plus ensuite.

J’entame la descente sur la station de ski du Lioran que l’on aperçoit en contrebas.

La descente est raide mais le chemin est de bonne qualité, quoiqu’un peu étroit. Sur une faute d’inattention je me tords violemment la cheville droite mais heureusement la douleur s’estompe au bout de quelques minutes. J’ai eu peur…

Après une dernière descente raide sur une piste de ski, j’arrive à la station du Lioran où je récupère mon sac. Je suis bien plus rapide que mes prévisions les plus optimistes : 9h37 contre 11h00 estimées au mieux. Tout va bien. Je me restaure, bois un café, me masse à la gaulthérie. Je commence à avoir de grosses ampoules sous les pieds et mes chaussures sont mouillées. Je change donc de chaussettes et de chaussures. Je suis parti avec les New Balance qui me tiennent mieux le pied et je voulais me sentir rassuré pendant la nuit. Mais elles n’accrochent pas très bien sur terrain boueux et je décide de repartir en Akasha.

L’intermède est très agréable, le soleil brille et chauffe. Plusieurs coureurs sont allongés dans l’herbe et profitent de l’instant. Je passe un coup de fil à mes supporters et je repars, le moral gonflé à bloc : déjà la moitié du parcours, en moins de 10h, les doigts dans le nez. Seul point noir : j’ai beaucoup de difficulté en descente. J’ai monté le Plomb du Cantal (5,3 km – 695 m de D+) à une moyenne de 6,5 km/h alors que je l’ai descendu (5,4 km – 573 m de D-) à 5,44 km/h de moyenne. Je dois être un des rares trailers au monde qui monte plus vite qu’il ne descend. Tragique…

Tronçon n°4 : Le Lioran – Pas de Peyrol – 10,8 km – 932 m D+, la joie et l’extase

Repartir avec les pieds au sec, c’est le bonheur. Nous commençons par une piste de ski et les coureurs devant moi foncent têtes baissées. Coup de bol : mon œil se porte sur un chemin à droite et je m’aperçois que le parcours passe par là. Je crie pour alerter le coureur devant moi qui fait demi-tour mais les autres sont déjà hors de vue. Comme je ne suis pas dans un jour sympa, je ne cours pas pour aller les chercher, la pente est vraiment trop raide. Nous redescendons immédiatement tout ce que nous venons de monter (voire plus) pour attaquer la montée sur le Bec de l’Aigle (1.700 m). Un mur de près de 20% : 440 m en 2,3 km.

Le parcours suit ensuite la ligne de crête en passant par plusieurs sommets aux noms poétiques : le Téton de Vénus (1.669 m), le Puy Bataillouse (1.683 m). Les sentiers sont de difficulté très variables : parfois très roulants, souvent pierreux ou boueux, avec même deux (modestes) échelles à descendre. Ma moyenne s’en ressent. Le panorama est superbe avec le Puy Mary en point de mire :

Je prends un pied pas possible à trottiner dans ce paysage magnifique, je me sens super bien … et ça me fait un peu peur. Je sais de longue date que l’euphorie précède souvent les grosses difficultés. J’arrive au pied de la Brèche de Roland (pas celle des Pyrénées :-)) qui est un petit morceau d’escalade à réaliser avec l’aide d’une corde (dont je ne me sers pas) :

avant d’escalader le Puy Mary (1.783 m), une nouvelle fois sans bâtons. 160 m D+ en 800m, un bon 20% :

avec la route vers Mandailles en contrebas :

Au sommet le brouillard est à nouveau présent et on ne peut pas profiter du paysage. On descend alors jusqu’au col (le Pas de Peyrol) par un escalier en ciment très désagréable : marches hautes et très larges. Difficile d’y trouver son rythme.

Arrivé au ravitaillement, mauvaise surprise : pas d’eau plate mais uniquement de l’eau gazeuse et presque rien à manger. Je ne m’attarde pas, heureusement que j’ai des réserves de nourriture.

Je ne le sais pas encore mais mes problèmes commencent. A cet instant j’ai couru 64 km en 12h40, il m’en reste donc un peu plus de 45 à couvrir.

Tronçon n°5 : Pas de Peyrol – Mandailles – 8,7 km – 334 m D+, le dégoût

Nous redescendons le long de la départementale puis plongeons sur la gauche sur un sentier horrible : eau, boue, cailloux, herbe glissante, racines. Je tombe et me tords plusieurs fois la cheville, je m’explose le coude gauche. Cette partie difficile me semble durer une éternité alors qu’elle ne représente que 1,8 km et un faible dénivelé. On atteint une route où je profite d’un ravitaillement du Marathon de la Jordanne (une des  courses de l’UTPMA) avant de monter un peu plus facilement jusqu’au sommet du Puy Chavaroche (1.739 m) :

Contrairement à la tradition, je ne dépose pas un caillou sur l’homme de pierre pour marquer mon passage et la malédiction va me frapper. La descente sur Mandailles est horrible pour moi. Le chemin est trop raviné, boueux, caillouteux pour que je puisse  courir. Je marche et arrive encore à me tordre plusieurs fois la cheville. Des concurrents me dépassent en courant comme des cabris, je me sens idiot, trouillard, incapable. Je me mets à détester être là alors que 10 km avant j’aurais pleuré de joie…

J’arrive à Mandailles après plus d’une heure de souffrance. J’ai mal lacé mes chaussures (j’y reviens plus tard), mes pieds mouillés ont beaucoup frotté et mes ampoules me font souffrir. J’ai le plaisir de retrouver ma femme et mon fils qui m’ont attendu un peu avant le ravitaillement mais je suis vraiment dégoûté par les derniers kilomètres. Je me rappelle que mon frère avait abandonné ici 4 ans plus tôt (dans des conditions météo bien plus difficiles, sous une grosse chaleur) et je le comprends.

Je prends le temps de bien manger et je repars sans enthousiasme. A aucun moment je n’ai envisagé d’arrêter mais le moral et le physique en ont pris un sacré coup. Je me dis qu’il ne me reste qu’une seule grosse difficulté à franchir et que la fin du parcours est plus roulante alors je serre les dents.

Tronçon n°6 : Mandailles – Lascelles – 15,8 km – 760 m D+, l’aversion

Ce tronçon est assez facile à résumer : une montée super dure jusqu’à Cabrespine (1.464 m), du niveau du Bec de l’Aigle et une descente de merde, comme le Puy Chavaroche. Seul « bon côté » : un passage de 2 km sur le plateau assez agréable avec de vrais chemins à la mode « Forêt de Soignes » :

Au bas de la descente, nous suivons la vallée de la Jordanne en passant plusieurs fois d’une rive à l’autre par des ponts de bois. Le paysage est sympa, j’apprécierais en d’autres circonstances mais je suis vraiment dégoûté par cette nouvelle descente et je me traine, les cuisses dures et le dessous des pieds en feu. Je prends quelques photos au passage, sans conviction :

J’arrive enfin au ravitaillement de Lascelles où j’en profite pour bien me restaurer. Un des coureurs est assis, le regard vide, l’air épuisé et se lamente « J’en peux plus, je sais que je dois manger mais je ne peux pas, il n’y a rien qui rentre. » Finalement, je ne suis pas si mal que ça 🙂

Tronçon n°7 : Lascelles – Saint-Simon – 13,2 km – 475 m D+, la colère et la rage

Le parcours suit la Jordanne sur un terrain plat et longe le lac des Graves. Cool, ça sent la fin, le moral remonte. Et soudain, un virage à gauche et une horreur : un nouveau mur à grimper en forêt. Nous voila reparti sur le diptyque favori de l’UTPMA : montée à plat-ventre et descente de merde. Un de mes compagnons pète un câble et s’écrie « Putain, y en a marre de leurs sentiers de merde. » Rires nerveux des autres et réponse laconique du philosophe de la bande « Ben oui, c’est la joie du trail. » Je passe les kilomètres suivants à me dire que plus jamais je ne courrai un ultra-trail, que c’est vraiment un parcours de tarés, sans aucun intérêt, que j’en ai plein les bottes, que je suis vraiment trop con de ‘être lancé dans un truc comme ça… En gros je déprime sec. Bizarrement la dernière côte me fait remonter le moral : une bonne partie en goudron suivie d’un descente presque courable et je reviens dans un état à peu près normal à mon arrivée au dernier ravitaillement de Saint-Simon.

Tronçon n°8 : Saint-Simon – Aurillac 7,6 km – 153 m D+, la sérénité

Sur place, un dialogue savoureux entre un coureur et une bénévole :

  • Combien de kilomètres il reste jusqu’à Aurillac ?
  • Oh, à peu près 7, 7,5…
  • 7 ou 7,5 ???? Parce que dans notre état, 500 m ça compte !

Et là, le miracle de la journée. La Sainte protectrice des trailers descend sur Terre (le ravitaillement a lieu au pied d’un église) et nous explique gentiment, 2 fois de suite, qu’il ne reste qu’une côte douce de 1,2 km suivi d’une descente et d’une portion de plat. Ensuite un bon raidillon de 300 m avant une descente sur Aurillac avec beaucoup de goudron.

Je me sens transfiguré, je sais que je vais finir et, cerise sur le gâteau, en moins de 23h. J’avertis ma femme qu’elle peut venir m’attendre à l’arrivée. Les derniers kilomètres se passent bien, je fais même quelques expériences scientifiques sur mon corps endolori : je me rends compte que j’ai moins mal aux cuisses en allongeant la foulée et que du coup j’accélère. Si je n’avais pas mal aux pieds, ce serait top. La nuit commence à tomber, je ressors ma frontale pour les derniers passages en sous-bois accompagné d’un coureur un peu trop optimiste qui avait abandonné la sienne au Lioran.

Je me sens tellement bien que je commence à me demander ce que je dirai au speaker sur la ligne d’arrivée s’il décide de m’interviewer. Je ne veux pas rester quasi muet cette fois-ci, comme je l’avais fait au Radicassant l’année dernière. Je décide alors de répondre avec un fort accent belge et commence à m’entrainer en conséquence. Rétrospectivement je me demande si j’avais toute ma santé mentale 🙂

Je finis seul. A l’arrivée, je cherche du regard ma femme et mon fils sur les côtés. Râté : ils ont réussi à s’incruster sur la route et je les vois uniquement une fois la ligne d’arrivée franchie. Je récupère mon maillot de finisher (très confortable), pas de médaille malheureusement. Quant au speaker il préfère s’intéresser à la dame qui arrive derrière moi. Fin d’une carrière de comique…

Je suis heureux d’en avoir fini, mes cuisses sont deux bouts de bois, mes pieds brûlent. Je n’ai qu’une seule envie : prendre une douche et me coucher. Ma femme nous ramène au chalet. Je grelotte jusqu’à me retrouver sous une bonne douche chaude.

I am a Finisher !! Au total : 109,2 km et 5.473 m de D+ (selon l’organisation).

L’organisation

Le fléchage était réellement parfait, à base de petits drapeaux jaunes (en bois et papier) de 30/40 cm de haut plantés dans le sol. Les grands changements de direction étaient indiqués par de gros panneaux carrés jaune. C’est le premier grand trail où je ne me perds pas au moins une fois (même si je ne suis pas passé loin à la sortie du Lioran).

Les ravitaillements étaient copieux, tant en quantité qu’en qualité (en dehors de celui du Pas de Peyrol). Merci au plus de 500 bénévoles qui ont rendu cela possible. Merci aussi au public qui nous applaudissait, aux particuliers qui avait monté un stand de ravitaillement impromptu. Une ambiance Tour de France, le Cantalou est vraiment accueillant.

Quant aux paysages, mes photos ne rendent pas assez hommage à la magie des lieux, surtout entre 40 (pied du Plomb du Cantal) et 70 km (pied du Puy Chavaroche).

Le matériel

Ma frontale est parfaite : légère, tenant bien sur la tête et éclairant super bien. La batterie était tout de même fatiguée sur la fin et je n’aurais sans doute pas passé une seconde nuit avec. Cela m’a étonné. Peut-être l’ai-je mal configurée avant le départ et n’ai pas utilisé comme je l’aurais dû la fonction de lumière adaptative. J’étais rarement seul pendant la nuit et ai largement profité de l’éclairage de mes voisins.

Ma montre a tenu la distance, je finis avec 35 % de batterie avec un enregistrement GPS par minute. J’y perds en précision mais ce n’est pas grave.

Mon sac est léger et confortable, je ne l’ai pas senti et, pour la première fois, je finis sans aucune brulure au bas du dos ou sur les épaules. Seul reproche : les poches du bas du sac sont très peu accessibles.

Première expérience de course avec des bâtons. J’ai acheté ce qui se fait de mieux (des Léki Micro Trail Pro) et ils étaient parfaits : légers, solides, très facile à plier/déplier.

Côté chaussures, j’ai merdé. J’avais mes deux paires de trail habituelles avec moi : les New Balance et les Akasha.

Les New Balance sont un peu pataudes, mal aérées, mais tiennent bien le pied et sont confortables. Pour sécuriser ma cheville, j’ai décidé de partir avec pour courir pendant la nuit. Bêtement je ne les ai pas lacées correctement et j’ai attrapé des ampoules suite aux frottements de mes pieds dans les descentes abruptes. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi je n’ai pas eu l’intelligence de m’arrêter pour refaire mes lacets quand je m’en suis rendu compte.

Les Akasha sont quant à elle plus dynamiques, ont une très bonne accroche sur les terrains boueux et sont plus « respirantes ». Seul problème : j’ai le cou de pied assez large et je ne peux pas les lacer correctement, ce qui explique sans doute pourquoi je me tords aussi facilement les chevilles avec elles.

Au ravitaillement du Lioran, j’ai décidé de passer en Akasha pour avoir une meilleure adhérence sur les sentiers boueux et être plus dynamique. Je pense que j’ai fait une erreur. Les sentiers n’étaient pas si boueux que cela ensuite (en dehors du pied du Puy Chavaroche). Par contre, je me suis tordu 2/3 fois la cheville droite et ai passé mon temps à me crisper de peur de me la tordre à nouveau de façon plus grave.

Quelles leçons tirer de tout cela ?

Avec le recul, je ne pense pas être parti trop vite jusqu’au Lioran. J’en veux pour preuve que j’ai continué à bien monter jusqu’à la fin de la course et que je n’ai pas fini épuisé.

Je n’ai peut-être pas assez bien mangé, surtout les jours précédents la course. J’ai grignoté en chemin, à chaque ravitaillement mais je sens qu’il m’a manqué un peu d’énergie. Avant le Trail de Spa cette année, j’avais mangé une bonne pizza la veille et fait un petit -déjeuner très copieux le matin. Cette fois-ci, je me suis contenté de manger « normalement ».

Je pensais m’être mal entrainé mais au final j’ai bien tenu le choc. Bien sur, il est toujours possible de faire mieux. Deux choses m’ont vraiment pénalisé : les ampoules et les descentes. Je mets les ampoules sur le compte d’un manque d’intelligence dans le choix de mon matériel comme expliqué plus haut. On apprend en faisant des erreurs. Mes descentes ont été dramatiques et m’ont épuisé tant moralement que physiquement. Je dois impérativement m’améliorer physiquement (en renforçant ma cheville droite) et techniquement (en améliorant ma foulée en descente).

Et maintenant ?

Je vais me reposer mentalement. Je vis depuis des mois concentré sur l’UTPMA, toujours à l’écoute de mon corps, culpabilisant à chaque sortie manquée et j’avais un peu perdu le plaisir de courir ces dernières semaines.

Je pense donc que je ne vais finalement pas courir l’Infernal Trail des Vosges, les 9 et 10 septembre. Il est sur le papier encore plus dur que l’UTPMA (20 km et 200 m de D+ en plus) et je vais avoir du mal à me re-concentrer et me préparer correctement en à peine 10 semaines, d’autant plus que j’ai 2 semaines de congés et 1 semaine de déplacement professionnel la semaine précédant la course semaines pendant lesquelles je sais que je ne pourrai pas m’entrainer. Je prendrai ma décision définitive à la mi-août .

La SaintéLyon en fin d’année reste toutefois d’actualité pour l’instant et – bien évidemment – la CCC l’année prochaine. 2019 devait être l’année où je tenterais de passer sur la distance UTMB (160 km). Je me laisse encore le temps de réfléchir. Dans la préparation et la participation à l’UTPMA, j’ai tutoyé mes limites.

Conclusion

J’avais ce rêve de courir l’UTPMA depuis plus de 4 ans. Cela a été difficile avant et pendant, beaucoup moins après puisque je me sentais capable de recourir 3 jours après la course. C’est bien évidemment le plus beau trail que j’ai couru jusqu’à présent, mais aussi le plus exigeant, encore plus que le Radicassant. Je ne peux que vous encourager à le courir (ou au moins randonner dans les environs) mais ne le prenez pas à la légère.

1 semaine après, je vis encore sur les endorphines de la course et j’ai surtout retrouvé l’envie de courir. 🙂

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UTPMA, J-5

Dans 6 jours, j’en aurai quoiqu’il arrive fini avec l’UTPMA, mon principal objectif de l’année. Abandon, hors-délai ou dans les délais, réponse dans moins d’une semaine. 🙂

La forme

Couci, couça… Une très mauvaise sortie de 16 km samedi matin (pas de jambes, collé à la route) mais une bonne sortie de 20 km en conditions UTPMA (sac à dos chargé) dimanche matin avec de biens meilleures sensations. En plus (à cause ?) des mauvaises sensations physiques, je dors mal et je suis grognon.

J’ai pourtant plein de raisons de positiver :

  • 1.350 km / 25.000 m D+ dans les jambes depuis le début de l’année, soit environ 300 km et 8.000 m D+ de plus qu’avant le Radicassant l’année dernière;
  • de bonnes performances sur le Trail de Spa et le Trail des Bosses.

Pour résumer, je ne suis pas en forme psychologique (je stresse) mais la forme physique n’est pas si mauvaise que cela. 🙂 Comme je l’expliquais dans un précédent article, je suis tout de même déçu par mon entrainement des derniers mois et je sais que je vais le porter psychologiquement comme un fardeau durant ma course quand cela commencera à aller mal. Il va falloir se botter le cul pour avancer…

La météo

Elle change au jour le jour. Hier soir, il devait faire soleil; aujourd’hui la météo annonce un des pluies éparses sur toute la durée de la course. Température entre 14 et 20°C, vent de maximum 10 km/h. Il semblerait donc que les conditions météo seront idéales : pas trop chaud, pas trop de vent et au pire quelques gouttes de pluie pour rafraichir.

Ce n’est donc pas la météo qui devrait me perturber outre mesure.

Le matériel

J’ai acheté un nouveau sac à dos : le Salomon Skin 10 Pro Set :

avec 2 flasques souples de 350 ml Raidlight additionnelles :

Mon précédent sac à dos (Salomon aussi) est parfait pour les courses d’hiver mais en été il s’avère un peu trop grand pour moi. Je n’arrive pas à l’ajuster, il ballotte quand je cours et me provoque des brulures très désagréables. Le nouveau sac est confortable, parfaitement ajusté et léger.

Mon sac à dos de course contiendra donc les éléments suivants :

  • Ce qui est imposé par l’organisation :
    • Casquette,
    • Veste Gore-Tex,
    • Poche à eau 1,5 l,
    • Couverture de survie,
    • Sifflet,
    • Tasse,
    • 1 lampe frontale,
    • Nourriture (pâtes de fruits et barres de céréales),
    • Téléphone (j’ai maintenant un smartphone qui me permettra de prendre des photos);
  • Ce que j’ajoute pour mon confort personnel :
    • 2 flasques de 350 ml,
    • Bâtons de marche (interdits sur certaines parties du parcours pour protéger la nature),
    • Foulard pour se protéger la gorge pendant les nuits et aux sommets s’il y a du vent,
    • Manchons pour essuyer la transpiration,
    • Gants pour protéger les mains dans les passages avec une corde,
    • 1 seconde lampe frontale,
    • 1 paire de chaussettes de rechange (si je mouille les premières),
    • Bande strap en cas de torsion « gérable » de la cheville ou du genou,
    • Pansement ampoules,
    • Pansements adhésif et ciseaux,
    • Lingettes (mieux que le papier WC),
    • Bouchons pour les oreilles en cas de grand vent,
    • Chewing-gums pour éviter que la bouche ne se dessèche trop rapidement,
    • Un plan plastifié du parcours.

Je renonce à peser mon sac pour ne pas me démoraliser 🙂

Mon sac de ravitaillement pour la base vie à mi-parcours contiendra quant à lui :

  • Chaussures de rechange (je partirai probablement en La Sportiva Akasha et passerai peut-être aux New Balance à mi-parcours),
  • Poche à eau de rechange au cas où la première explose sur une chute par exemple,
  • Maillots, cuissards et chaussettes,
  • Câble de recharge de la montre,
  • Batterie supplémentaire,
  • Nourriture,
  • Talc,
  • Crème anti-frottement,
  • Serviette de bains,
  • Casquette,
  • Bouteille d’eau.

Le pronostic

Voici le challenge (recopié sur le site de l’organisation) :

L’UTPMA sera ma première vraie course de montagne et je pars donc dans l’inconnu. Il y a très peu de parties roulantes : les montées sont abruptes et les descentes caillouteuses. Je pense avoir la distance dans les jambes mais je ne suis ni un bon marcheur en côte, ni un bon descendeur. Je vais donc devoir surveiller les barrières horaires de très près et ne pas m’endormir (au sens propre comme au sens figuré). J’ai très peur de me fouler une cheville et je ne sais pas trop comment je vais gérer le sommeil. Idéalement je devrais faire une sieste en début d’après-midi le vendredi (le départ est à 00h01 le samedi) mais je ne suis pas « sieste » depuis tout petit. Pour le reste, le mental fera la différence. En gros, on verra 🙂

Comme d’habitude, je me prête au petit jeu des pronostics. J’ai utilisé plusieurs méthodes pour évaluer mon temps :

  • A chaque segment, je cours au 4/5 du temps limite => 21h12
  • Temps 2017 de la personne classée au 2/3 de la course => 23h08
  • Estimation suivant ma cote ITRA sur les trails L  d’après ce site => 23 à 25 heures
  • Temps d’un gars normal qui a la même cote ITRA que moi => 23h01 (regardez sa vidéo à partir de la 13ème minute et vous comprendrez les émotions par lesquelles un trailer peut passer sur une telle course :-))

Au final :

  • Mon seul et unique objectif est de terminer dans les délais (26h30) et je serai content si c’est le cas,
  • Je pense pouvoir le faire entre 23 et 25h,
  • A moins de 23h, j’exulte.

Rendez-vous dans quelques jours 🙂

 

 

 

 

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Entrainement Mai 2018

Mois de Mai un peu plus satisfaisant que les 4 précédents mois :

  • 277 km en 17 sorties, soit une moyenne de 16,3 km par sortie avec un max à 37 km;
  • 11,2 km/h de moyenne;
  • 5.337 m de D+ soit une moyenne de 314 m par sortie.

C’est le meilleur mois de Mai de ma « carrière » (31 km de plus qu’en 2016). J’ai rattrapé un  peu mon retard sur le kilométrage de l’année dernière : plus que 200 km à combler. Bon résultat sachant que j’ai passé 1 semaine de vacances en France pendant laquelle je n’ai pu faire que 2 petites sorties de 6,5 et 11,5 km (mais en altitude à Font-Romeu où nous avons passé 2 jours). Avec un moi de Mai « normal » j’aurais aisément franchi la barre des 300 km.

Si le quantitatif est correct, le qualitatif l’est beaucoup moins : pas de sortie de nuit, pas de sortie supérieure à 50 km comme prévu et pas assez de dénivelé. Côté sensations cela ne va pas très fort. J’ai l’impression de me trainer et j’ai des douleurs au tendon d’Achille droit dont j’ai du mal à me débarrasser. Peut-être la chaleur de ces 2 dernières semaines. Et comme les sensations ne sont pas au rendez-vous, je ronchonne et je broie du noir en attendant l’UTPMA. Dois-je me fier à mes sensations ? Peut-être pas : l’année dernière avant le Radicassant je faisais les mêmes moyennes sur les mêmes parcours. Je viens de m’en rendre compte en écrivant cet article et du coup mon moral a un peu remonté 😀

En Juin, je vais m’entrainer « normalement » jusqu’au Dimanche 10 en essayant de caser 4/5 sorties par semaine, le tout sans trop forcer, pour faire tourner les jambes. Je couperai totalement avant la course et irai simplement trottiner jeudi et vendredi sur Aurillac pour me dégourdir. Je ne vais pas récupérer les heures d’entrainement perdues maintenant, il est plus important de se reposer. Bonne nouvelle (pour moi) : la météo s’annonce fraiche avec un peu de pluie. Mauvaise nouvelle : les agriculteurs français ont décidé de se mettre en grève et de bloquer les raffineries. Peut-être ne pourrais-je pas revenir après la course 🙂

Côté matériel je me suis (enfin) acheté des bâtons de marche : les Leki Micro Trail Pro. Ils m’ont l’air parfaits : légers, pliables et résistants (carbone). Si avec ça je ne termine pas l’UTPMA, c’est à désespérer de tout !

 

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Entrainement Avril 2018

Encore et toujours un mois décevant. Voici les données brutes :

  • 223 km en 13 sorties, soit une moyenne de 17,2 km par sortie avec un max à 28 km;
  • 11,2 km/h de moyenne;
  • 3.691 m de D+ soit une moyenne de 284 m par sortie.

Par rapport à l’année dernière, j’ai presque 300 km de retard alors que je vise 200 km de plus en fin d’année 🙁

Comment expliquer cette contre-performance ? A ma décharge, j’ai enchainé une crève début avril (8 jours d’arrêt) et une infection urinaire (liée ?) qui m’a bien fatigué. Comme d’habitude j’ai attendu trop longtemps avant d’aller voir le médecin. Une fois sous antibiotique, le problème a été résolu en 3-4 jours mais la forme n’est revenue que début Mai. Comme écrit précédemment, je n’étais pas en super forme au Trail de Charleroi. Heureusement cela va mieux maintenant.

Inutile de dire que mon programme ambitieux de fin Mars est totalement tombé à l’eau : pas de sorties de nuit, pas de sorties longues de 50km, 2 à 3 entrainements par semaine au lieu de 4 ou 5.

Pour positiver, il vaut mieux que cela m’arrive en Avril plutôt qu’en Mai ou pire en Juin. A fin Avril, il me reste 6 semaines pour préparer l’UTPMA, ce qui est théoriquement suffisant vu le fond que j’ai. Croisons les doigts pour que je ne sois pas déçu à nouveau. Je sais d’ores et déjà que ces 4 mois successifs de sous-entrainement vont peser lourd mentalement le 16 juin. Quand je serai mal sur l’UTPMA (et cela m’arrivera), je ressasserai ces journées d’entrainement perdues par maladie, manque de temps ou fainéantise. L’année dernière j’étais arrivé à la Radicassant en  pleine confiance après des mois d’entrainement sans soucis, cela m’avait aidé à passer les moments difficiles. Il va falloir trouver d’autres ressorts psychologiques sur les pentes d’Auvergne…

 

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Trail de Charleroi – 29 avril 2018

Voici un article que j’ai mis du temps à écrire ! Ma bande passante de ces dernières semaines a été limitée entre le travail, les vacances … et la préparation des prochaines vacances. 🙂

Le Trail de Charleroi est l’une des courses organisées à l’occasion des 15 km de Charleroi, il ne faut pas le confondre avec un autre trail couru à Charleroi au mois de Novembre : le Trail des Terrils.

Le parcours

Voici la trace GPX du parcours :

Selon l’organisation, ce trail fait 25 km pour 600m de D+ (783 m D+ selon la trace GPX sur le site). Je l’ai personnellement mesuré à 25,2 km et 540 m de D+. Comme je l’ai expliqué précédemment, la mesure de dénivelé n’est pas une science exacte. Disons que j’en ai eu pour mon argent, même si je pense que l’on pouvait faire mieux côté dénivelé, surtout sur la fin.

Le départ a lieu à la Haute Ecole Provinciale Condorcet, à Marcinelle. C’est la subtilité de ce Trail de Charleroi : il ne met pas les pieds à Charleroi. 🙂 En même temps, vu ce que j’ai aperçu de la ville en passant sur le périphérique, cela ne donne pas super envie d’y courir… Il y a 10 ans Charleroi fut élue par un journal néerlandais « ville la plus laide du monde ». Il parait que cela va mieux

Le trail commence fort : au bout de 500 m quasiment plat, on se retrouve face à un mur de 65 m de D+ en 450m, soit un petit 15%. Tout le monde (ou presque) marche. A ce moment-là, je me dis que la journée va être difficile mais en fait le reste du parcours est très roulant, à part deux petites côtes à 15,3 km (75m D+ en 1,7 km) et à 20 km (67m D+ en 1,2 km). Avant l’arrivée, le parcours passe par le site minier du Bois du Cazier (classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO), lieu d’une terrible catastrophe qui fit 262 morts (dont 136 italiens) sur les 274 personnes présentes ce jour-là.

Le parcours est agréable, presque tout le temps sur des sentiers en sous-bois avec vraiment très, très peu de goudron. Peu de choses à en dire (peut-être parce que j’écris l’article 3 semaines après la course) : sous-bois sympas mais aucun endroit vraiment « Wahoo !!! ». Je reste sur ma faim, je l’espérais un peu plus difficile. Repasser à nouveau par le terril du Bois du Cazier à l’arrivée aurait pu être sympa.

L’organisation

Très bien : un grand parking au point de départ / arrivée, des douches (glaciales malheureusement), la possibilité de se restaurer  (et de goûter la bière brassée par l’école). Seul bémol : l’organisation a fait des économies sur la rubalise. A certains moments je me demandais franchement si je n’étais perdu, surtout entre le 14ème kilomètre (lieu annoncé du ravitaillement) et le 16ème kilomètre (lieu réel du ravitaillement). D’ailleurs un ravitaillement à 16 km sur un trail de 25 km, ce n’est pas super bien planifié. A part ça, rien à redire, tout le reste était parfait.

Sur la route de Charleroi il pleuvait des trombes d’eau (il « drachait » comme disent les Belges et les Ch’tis) mais, miraculeusement, la pluie a cessé durant toute la course et nous avons couru sous une atmosphère humide et fraiche, idéale. Encore une fois, j’ai eu de la chance.

Conclusion

Je termine 61ème en 2h37, 1er homme derrière la 2ème femme (bravo à elle) 🙂 Pas étonnant : nous courions ensemble. Nous nous entrainons régulièrement en semaine, je la vois progresser et gagner en confiance. Comme on dit en France, si les petits cochons ne la mange pas, elle fera de bonnes performances en trail dans les années à venir.

Si je devais résumer ce trail en un mot, ce serait « fade » : parcours facile (en dehors de la rampe au début), agréable puisque presque exclusivement en sous-bois mais il lui manque de la grimpette et de jolis paysages. Une bonne sortie d’entrainement mais j’en attendais mieux au niveau dénivelé. Pas sûr que je le recours l’année prochaine mais je le recommande quand même. Je sais, cela peut paraître incohérent. Je cherchais de la difficulté et du dénivelé (la trace GPX de l’organisation indiquait 783 m D+) et le tout était trop facile. Pourtant je n’étais pas dans un bon jour.

La veille mon frère a couru (et terminé en 18h51) le Radicassant (114 km) que j’avais couru l’année dernière (2 heures plus rapidement :-)). Bonne nouvelle : il a récupéré 5 points ITRA et peut donc s’inscrire à la CCC 2019 où nous sommes qualifiés d’office. Mauvaise nouvelle : il renonce aux courses longues (et donc à la CCC), il a souffert, sans plaisir sur la Radicassant. Il me reste jusqu’à fin décembre pour le convaincre…

 

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Mon nouveau remède miracle : la gaulthérie

A la fin du Radicassant l’année dernière, mon mentor (et frère par l’occasion) m’avait recommandé un massage à l’huile essentielle de gaulthérie pour m’éviter des douleurs musculaires. Vues mes courbatures des jours suivants, je n’avais pas été vraiment convaincu et le flacon de gaulthérie était resté rangé au fond d’un tiroir.

D’après ce site (et d’autres), la gaulthérie (couchée) est le remède miracle pour le coureur (debout) :

L’huile essentielle de gaulthérie est certainement le meilleur antidouleur musculaire et articulaire de toute la pharmacopée. Ses propriétés analgésiques et anti-inflammatoires apaisent presque instantanément un nombre illimité d’affections. Les crampes, les contractures, les effort sportifs, l’arthrose, l’arthrite et même les migraines : rien ne semble lui résister. En diffusion, elle agit aussi contre le manque de confiance, les pulsions alimentaires et le surmenage.

Ces derniers temps – sans doute à cause de l’usure de mes chaussures – j’avais les tendons d’Achille très douloureux. J’envisageais même d’aller consulter un médecin. Avant d’en arriver à telles extrémités (je ne consulte mon médecin de famille qu’une fois par an, pour obtenir des certificats médicaux pour mes courses :-)), j’ai tenté des massages à l’huile essentielle de gaulthérie et cela m’a fait énormément de bien.

Il ne faut pas appliquer la gaulthérie directement mais en mélanger quelques gouttes dans une huile végétale (huile de sésame par exemple). Il suffit ensuite de se masser les muscles ou l’articulation douloureuse. A noter que la gaulthérie a une odeur très forte, pas super agréable (mon chat déteste).

Effet placebo ? Simple résultat de mes nouvelles chaussures ? Je ne sais pas mais je suis convaincu que cela me fait du bien aux tendons et c’est naturel. Donc je serais tenté de vous dire « pourquoi ne pas essayer ? »

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Entrainement Mars 2018

Mois de Mars dans la lignée de Janvier et Février : décevant et loin de mes objectifs d’entrainement. La faute à une météo vraiment pourrie par rapport à l’année dernière. Il pleut beaucoup et je ne suis pas waterproof. Les deux fois où j’ai couru sous une pluie battante, j’ai fini avec une bronchite carabinée qui m’a mis sur le ventre pendant trois semaines. Depuis, je m’abstiens, quitte à manquer une ou deux séances d’entrainement.

Le seul point positif de ce mois est le bon résultat au Trail de Spa. Comme quoi, manquer quelques séances d’entrainement n’est pas tragique…

Voici les données brutes :

  • 260 km en 13 sorties, soit une moyenne de 20 km par sortie avec un max à 55 km;
  • 11,2 km/h de moyenne;
  • 6.242 m de D+ soit une moyenne de 480 m par sortie.

Le bilan kilométrique et D+ est un peu flatteur et « sauvé » par ma participation au Trail de Spa et par 2 grosses sorties fin mars en Corrèze. Sinon, mes stats du mois seraient vraiment mauvaises. Mon principal regret est de n’avoir pu faire qu’une seule semaine à 4 sorties. Les autres semaines, j’ai tourné entre 2 et 3 sorties et ce n’est pas assez.

Dans 11 semaines, je m’aligne sur l’UTPMA. Je n’ai prévu qu’une seule course d’ici là : le Trail de Charleroi, un « petit trail » de 25 km / 783 m D+ (1 point ITRA). Je vais le courir en duo, en mode cool, comme une sortie d’entrainement. Cela me permettra de tester l’ascension d’un terril, la plus longue montée dans la région de  Bruxelles. Peut-être vais-je aussi essayer de caser un trail de 50-60 km en Mai, je me tâte encore.

Les principales difficultés qui m’attendent sur l’UTPMA sont :

  • la distance : 108 km;
  • la durée de course : sans doute 22 à 25 heures de course;
  • le dénivelé positif : 5.220 m;
  • le dénivelé négatif : – 5.220 m;
  • l’altitude de course entre 620 et 1.855 m;
  • la course de nuit.

A part ça, ça va 🙂 Rappelons que mon « record » est le Radicassant  avec 112 km / 3.570 m de D+ / 16h50 de course.

Mon entrainement sur les semaines à venir est donc ciblé sur ces difficultés.

Pour l’altitude, je ne peux pas faire grand-chose. La Belgique plafonne à 694 m (à peine plus haut que mon altitude de départ) et je n’aurais malheureusement pas l’opportunité d’un séjour en haute montagne. En même temps, 1.885 m ce n’est pas l’Himalaya, c’est juste un peu perturbant mais je marcherai probablement sous ces cieux…

Pour la durée de course et la distance, là encore, je ne peux pas faire grand-chose, pas question d’enchainer des sorties sur plusieurs heures qui ne feraient que me fatiguer. Le problème sera beaucoup plus psychologique que physique (sauf blessure) et dépendra de la météo et de mon état de forme ce jour-là. Je prévois tout de même de faire 2 grosses sorties de plus de 50 km, l’une en Avril et l’autre en Mai (peut-être sur un trail) et une sortie longue de côtes par semaine (plus de 25 km).

Courir de nuit aussi longtemps (au moins 6 heures de nuit au départ et 3/4 heures à l’arrivée) est aussi un challenge, moralement et physiquement. Je n’ai jamais couru sur ce créneau horaire et courir de nuit impose une foulée plus aérienne pour éviter les racines et cailloux. Je pense donc que je ferai mes grosses sorties de 50 km en pleine nuit, ce qui aura aussi l’avantage de limiter l’impact au niveau familial. J’ajouterai aussi plusieurs petites sorties de côtes très tôt le matin, avant le lever du soleil, à partir du mois de Mai.

Pour le dénivelé positif, je vais continuer avec mes sorties en côtes dans le voisinage. Faire des allers-retours sur une seule et même côte n’est pas très folichon mais cela s’est avéré payant et l’ennui est une bonne préparation psychologique à une longue course. Je vais aussi essayer de caser un week-end choc en Ardennes durant le mois de mai : 2/3 jours de dénivelé en mode trail la nuit et rando en famille le jour. J’en profiterai aussi pour travailler le planter de bâton puisque je compte m’en acheter prochainement une paire.

M’entrainer pour le dénivelé négatif (les descentes) est plus difficile sur Bruxelles. Il me manque des pentes techniques et ardues. Je vais donc plutôt travailler « en chambre » sur des exercices de renforcement des quadriceps (exercice de la chaise) et de proprioception des chevilles (j’aime bien ceux-là par exemple :-)).

En résumé :

  • 2/3 sorties en semaine (14 à 18 km) avec mes camarades habituel(les) sur un parcours vallonné et urbain (dans le Parc de Woluve) si la météo et le boulot le permettent;
  • le week-end : une sortie longue en côtes (> 25 km) dans le voisinage et une sortie moyenne (15 à 20 km) en mode trail;
  • 2/3 petites sorties intenses en côtes en semaine (tôt le matin ou tard le soir pour bousculer mon corps dans ses horaires) à partir de Mai;
  • gainage, renforcement musculaire et proprioception tous les 2 jours;
  • un week-end choc et/ou un trail long en Mai dans les Ardennes;
  • un 50 km de nuit en Avril et en Mai.

et le Trail de Charleroi le 29 avril qui me tiendra lieu de sortie longue en côtes sur ce week-end là.

Le compte-à-rebours est lancé, plus que 11 semaines pour – je l’espère – l’exploit physique de ma vie !

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